Les 6 stades du développement moral de Kohlberg

Je sors aujourd’hui de ma léthargie estivale pour vous entretenir d’un sujet que je me promets d’aborder ici depuis les tous débuts de ce blogue.

Selon le psychologue Lawrence Kohlberg, il existe 6 stades de développement moral chez l’être humain. En gros, ces stades expliquent le raisonnement que l’on fait avant de prendre une décision, ou de réagir à une situation.

Je trouve le sujet passionnant, spécialement parce qu’il m’arrive d’évaluer mes pairs en me disant « Ah! Ça c’est un comportement de tel ou tel stade ». Je ne sais pas si on « évolue » d’un stade à l’autre en permanence et s’il est possible de reculer dans les stades. Cependant, selon le contexte, il y a des points évidents qui ressortent, et c’est ce qui est intéressant.

Afin de rendre l’exercice plus facile, je prendrai une situation plus ou moins banale, et j’expliquerai chacun des stades de développement moral dans ce contexte.

Situation : À l’endroit où je travaille, il existe un règlement ridicule inhabituel selon lequel nous ne pouvons pas porter de jeans bleus ou de shorts, sauf le vendredi. Notez que le fait que ce soit toléré le vendredi en dit long sur le sérieux de la chose et il n’est pas difficile de comprendre que ce n’est qu’un gros caprice d’entreprise.

Donc, aujourd’hui il fait très chaud, et j’aimerais bien porter des shorts. Que faire?

Voici donc des exemples de ce que pourrait être ma décision si j’étais à chacun des stades du développement moral.

Stade 1 : Punition-Récompense

Ce stade est assez simple à comprendre. Il s’agit de faire des choix en fonction de si on recevra une punition ou une récompense. Aucune autre donnée n’entre en jeu.

Au stade 1, je ne mets pas de shorts pour venir travailler, car j’ai peur de me faire gronder. Ou encore, si je suis vraiment dérangé, je ne les mets pas en espérant recevoir des félicitations.

Dans ce stade, on retrouve généralement : Les jeunes enfants, les gens qui n’ont aucune confiance en eux, les gens qui ont de graves problèmes de comportement, et mes 2 chats.

Stade 2 : Donnant-donnant (ou « Instrumental »)

C’est le stade où la personne fait quelque chose seulement si ça peut lui rapporter directement. Ceci dit, on voit un début d’ouverture envers les besoins des autres : la personne se demande aussi ce dont les autres personnes ont besoin afin de conclure un « marché ». Sur ce plan, des gens peuvent vraiment aller dans les bassesses les plus profondes pour obtenir ce qu’elles veulent.

Au stade 2, je ne mets pas mes shorts, car je me dis que mon employeur me donne du travail, et en échange je suis le règlement. C’est boiteux, mais vous comprenez le principe.

Dans ce stade, on retrouve généralement : Les enfants un peu plus vieux, les profiteurs, les « stools », les manipulateurs et Sherry Palmer.

Stade 3 : Le besoin d’appartenance (ou « Relations interpersonnelles »)

Le protagoniste basera sa décision sur le comportement de ses pairs. Pas besoin d’en dire vraiment plus, le sujet est tout à fait documenté chez les adolescents. Cependant, il arrive que des personnes ne dépassent pas souvent ou jamais ce stade.

Au stade 3, je mets des shorts seulement si j’entends parler que « ma gang » va en mettre aussi.

Dans ce stade, on retrouve généralement : Les adolescents, les suiveux, tous ceux à qui on pourrait dire « Si je vais me lancer en bas du pont, vas-tu le faire toi aussi? » et Mélodie dans Passe-Partout (« Je mange une orange, a mange une orange! »)

Stade 4 : La conscience des lois (ou « Conscience morale »)

Ici, c’est assez commun. La personne se fie aux balises écrites ou connues de la société ou d’un groupe afin de prendre sa décision. Nous le faisons tous lorsque nous respectons les limites de vitesse, ou lorsque nous cartons une jeune fille avant de lui offrir un verre, admettons. Une grande proportion de la population ne s’aventurera pas au delà de ce stade.

Pour le cas qui nous intéresse, dans la vraie vie, c’est à se stade que j’arrête ma décision. Nous avons au bureau un livret de  règlements écrits qui sont clairs et j’ai signé le document comme quoi je comprends les règlements et que je m’engage à les respecter même si certains sont irrationnels. (Prière de noter qu’il n’était pas question d’irrationalité dans le paragraphe précédant ma signature, ça c’était mon grain de sel).

Dans ce stade, on retrouve généralement : La majorité des gens, ceux qui sont à cheval sur les règlements, les surveillantes d’écoles, et tous les autres John Doe.

Stade 5 : La conscience sociale (ou « Contrat social et droits individuels »)

C’est le stade que je trouve le plus intéressant. C’est ici que les besoins individuels, bien que toujours pris en compte, laissent la place aux besoins de la société. Bref, le bien du groupe passe avant le bien personnel. Le protagoniste se demande d’abord ce qui est bon pour tout le monde, même au risque de tomber dans l’illégalité.

Ce qui est tannant avec se stade, c’est que si on est le seul à être rendu à cette étape, on aura beau faire tout ce qu’on veux, on risque d’être tout seul dans notre groupe. Combien de fois me suis-je retrouvé à revendiquer des choses pour le bien de tous mes collègues après avoir eu leur approbation, pour finalement me retrouver sans aucun appui?

Si tous mes collègues de travail étaient au stade 5, nous aurions un comité d’action communautaire avec lequel nous pourrions à l’occasion être payés par l’entreprise pour servir la soupe populaire le midi, nos passes d’autobus seraient payées par l’entreprise par souci pour l’environnement, nous réparerions nos ordinateurs pour les donner à des écoles ou à des organismes sans but lucratif, etc etc. Ça je ne l’invente pas, mon pote Dark Remi of Doom est employé d’une compagnie qui fait exactement ce que je viens de décrire dans ce paragraphe, et même plus, selon ses dires.

Pour ce qui est de notre exemple, dans ce stade, je porte les shorts et je revendique que c’est pour le bien de tous, parce qu’il fait chaud. J’ai souvent été tenté de le faire pour vrai, mais voici le problème : je serais le seul à le faire et je passerais pour quelqu’un qui veut faire du trouble et personne ne m’appuierais car la majorité est prise au niveau 4.

Dans ce stade, on retrouve généralement : Ceux qui ne pensent pas qu’à eux, ceux qui s’impliquent dans des causes humanitaires, ceux qui font tu bénévolat, et Amir Khadir.

Stade 6 : Les principes moraux universels

C’est le stade le plus avancé et le plus difficile à atteindre dans son intégralité. Ici, le système moral d’un individu est compris dans un tout intégratif. Par exemple, la personne évite de tuer quelqu’un, pas par peur de se faire prendre, pas par peur de faire de la prison, ni même parce que c’est illégal. La personne évite de tuer parce que le droit à l’intégrité physique est universel. Au même titre qu’elle ne volera pas, parce que le droit à la propriété est un principe universel.

Au stade 6, je ne vais même pas travailler, car je suis sans doute une entité volatile et intemporelle.

Dans ce stade, on retrouve généralement : Gandhi. C’est à peu près le seul exemple utilisé de personne ayant complètement atteint le stade 6 du développement moral de Kohlberg.

Voilà, j’ose imaginer que ça vous aura plu. En espérant que vous visez aussi haut que moi dans cette joyeuse charte. Personnellement, j’essaie de me tenir dans le niveau 5, je flirte théoriquement avec le 6, mais je ne vois pas vraiment comment on pourrait l’appliquer au quotidien.

Parfois, aussi, je me dis que c’est peut-être mieux de simplement ne pas du tout être au courant de l’existence de ces stades!

Le métal social

Le tout premier spectacle auquel j’ai assisté avait lieu en 1997. J’avais alors 18 ans.

J’avoue que c’est assez tard dans la vie pour aller voir un vrai spectacle. J’y allais pour accompagner un ami qui avait une paire de billets. Peu nécessaire de réserver sa place, ceci dit, dans un spectacle où il y a environ 20 personnes. Malgré la petitesse de la foule dans le Spectrum de Montréal, j’avais bien aimé le spectacle. Le premier groupe s’appelait Minds, et le groupe en tête était Guérilla.

Et là, il y a un hiatus de 13 ans. Nous sommes au printemps 2010. Nous sommes chez une amie (MFL, pour ne pas la nommer), et nous parlons de musique. Et tout d’un coup, je dis « Moi, le premier spectacle que j’ai été voir, j’avais 18 ans et c’était Guérilla » MFL me regarde, yeux grands ouverts « Pour vrai? J’ai justement un de leur CD! »

Cherche le CD « Plus question de reculer. » Ouvre le boitier du CD. Met le CD dans le système de son. Il n’en fallu pas plus pour que je sois complètement ébloui par cette nouvelle découverte… 13 ans en retard!

Je dis « en retard » car le groupe n’existe malheureusement plus aujourd’hui.

Je suis un métalleux pas mal endurci et borné, et j’aime rarement m’adonner à l’écoute d’autres genres musicaux. Pourquoi? Parce que ces groupes n’arrivent pas à me faire frissonner. Les seules exceptions sont les groupes engagés prônant la protection du français, de l’indépendance ou la justice sociale (ex : Loco Locass, Les Cowboys Fringants). Il n’est pas rare que je frissonne à leurs paroles.

Guérilla? Un divin mélange. Du métal lourd parfois enchevêtré à de la musique du monde, un peu de rap, et un message social du tonnerre.

Je ne suis pas fâché de ne l’avoir découvert qu’aujourd’hui. Car il y a 13 ans, je n’étais absolument pas prêt à comprendre ce que Guérilla tentait de faire. MFL m’a dit qu’ils répétaient souvent ceci : « Nous ne sommes pas un groupe de musique, nous sommes une formation politique ». (C’est très à peu près, elle pourra compléter dans mes commentaires héhé).

Indépendance, environnement, histoire du Québec, langue française, histoire du syndicalisme, histoire des patriotes, dénonciations. Voilà ce qu’était la vocation de Guérilla.

Je vous laisse donc profiter de cette découverte tardive. Voici le vidéoclip de la chanson « Mille neuf cent quarante-neuf ».

Image de prévisualisation YouTube

Mille neuf cent quarante-neuf

Afin de faire reconnaître des droits élémentaires
Tels que gagner leur pain dans un environnement sans poussière
Pour qu’au coût de la vie s’ajustent leurs salaires
Et ainsi échapper à l’emprise de la misère

Afin de faire reconnaître leur institution syndicale
Et pouvoir profiter d’une sécurité sociale
Les mineurs durent choisir entre la grève illégale
Et le recours à l’institution arbitrale

Or celle-ci, de l’autre camp était une alliée
Les travailleurs, donc, jamais n’hésitèrent
Et c’est en quarante-neuf, le treize de février
Qu’à Asbestos, deux mille hommes se mobilisèrent

La justice sociale doit être placée au-dessus de la légalité

Les travailleurs d’autres mines emboîtèrent le pas
Faisant plus que doubler les rangs de la cause prolétaire
Contre eux une puissante et cruelle coalition se créa
Au patronat, Duplessis et son gouvernement se liguèrent

Ensemble, ils menèrent une propagande anti-syndicat
Puis à cela s’ajoutèrent les briseurs de grève téméraires
La stratégie étant vaine, sans résultat
Le ministre du Travail dépêcha les forces policières

Les grévistes n’étaient cependant pas seuls au front
Ils jouissaient de l’appui de la population
L’Église les encourageait à tenir bon
Et pour leur subsistance, le syndicat mit sur pied un fonds

La justice sociale doit être placée au-dessus de la légalité

Dans le but de mater le mouvement ouvrier
Vers Asbestos se dirigea une caravane de policiers
Des mitraillettes, revolvers et lance-grenades armés
En quelques heures la ville fut assiégée, contrôlée

C’est à ce moment que commencèrent les actes de brutalité
Plusieurs grévistes sauvagement battus, visages tuméfiés
Deux cents personnes détenues, menacées; leurs droits bafoués
Mais encore à la solidarité, l’alliance patronat-état vint se buter

Puis enfin vint le temps d’un règlement
Et, bien que les gains immédiats furent peu importants
À long terme, tout notre peuple en sortit gagnant

Par la prise de conscience que la crise a engendrée
On peut espérer qu’à jamais soit hissée
La justice sociale au dessus de la légalité

Éloge du soda mousse

Peu de gens sur la blogosphère ont daigné consacrer quelques minutes pour parler du soda mousse, ce qui est non seulement inacceptable, mais également fort décevant.

Car qui peut dire qu’il a déjà eu sa vie gâchée par le soda mousse? Personne! Ça n’en a peut-être pas l’air, mais par la phrase précédente, je viens de prouver que le soda mousse est l’icône le plus rassembleur de tous les temps.

Il vous faut d’autres arguments? Soit.

Le soda mousse, communément appelé « cream soda » en anglais et « crème soda » au Québec, aurait très bien pu être la boisson des Dieux, si ceux-ci avaient daigné exister. Car le soda-mousse est incolore, et il goûte les nuages.

Mais la puissance et la sainteté du soda mousse ne résident pas dans son goût, mais bien dans sa capacité d’adaptation.

Le soda mousse, comme toute bonne boisson désaltérente, peut se boire seul. Cependant, vous remarquerez qu’il forme un duo à toute épreuve avec les croustilles BBQ sans marque (oui oui, celles dans un sac transparent).

Le duo soda mousse + croustilles BBQ :

  • c’est indispensable lors d’une fête d’enfant, spécialement s’il y a des sandwiches avec pas de croutes
  • apprété dans le bon ordre, c’est un petit déjeûner complet
  • subtilement offert à votre patron, c’est une augmentation de salaire garantie
  • utilisé dans un bar, c’est un passeport pour une nuit d’amour indescriptible
  • fidèles, ils vous accompagneront jusque dans la mort, lors du petit goûter après votre service funèbre

Remarquez que si vous échangez les croustilles BBQ par des croustilles au ketchup, l’effet est le même. Encore une preuve que c’est le soda mousse qui fait tout le travail!

Mais le summum du soda mousse, c’est de l’avoir en dessert.

Lorsqu’il fait chaud, et que vous avez envie de sirroter un délicieur Mister Freeze, prenez celui de couleur blanche. Car, que goutte-t-il, le Mister Freeze blanc? Hé oui! Le soda mousse! Mais il n’y aura rien pour battre cette recette qui fut passée d’une génération à l’autre dans ma famille. La recette que mon père me faisait quand j’étais petit. C’est le pignon même du délice, le sommet gastronomique du dessert paradisiaque.

La recette est tellement simple : un grand verre de soda mousse, dans laquelle on plonge une boule de crème glacée à la vanille. On mélange un peu avec une cuillère, et on ingurgite.

Vous essaierez de faire ça, vous, avec une boisson gazeuse brune!!

C.Q.F.D.

Quand je devrai partir…

Ce n’est pas un sujet très apétissant. Mais il faut quand même en parler.

Je me suis toujours dit que dans le « cadre actuel » des choses, si j’avais le choix de mourir, ce serait ou bien en catastrophe (du genre accident d’auto) ou bien dans mon sommeil (comme mon grand-papa qui portait mon nom).

Oui, un accident d’auto. Pas un qui est sciemment provoqué, comme ces horribles accidents provoqués par un suicidaire qui ont fait plusieurs morts le week-end dernier. Un accident d’auto non-annoncé. Pourquoi? Parce que j’ai parlé à un rescapé d’accident d’auto, une fois. Un gros accident. Et si je me fie à ses dires, c’est très soudain et très serein. Dans son cas, il me résumait cela ainsi : « Tu vois le derrière du camion arriver vite, et tout à coup c’est noir… ».

(Lui, il a été chanceux, il s’est réveillé sur une civière. Il y avait un couple d’amis sur la banquette arrière. Ils ont été trouvés tous les deux morts, se tenant la main, le tête de la femme reposait tranquillement sur l’épaule de son mari…)

Pourquoi le sommeil? On s’en doute. On ne veut pas le savoir, on ne veut pas souffrir.

Mais le « cadre actuel » des choses a changé. Il s’adonne que je vais peut-être pouvoir, comme bien d’autres gens, ajouter une seconde signature à l’endos de ma carte d’assurance maladie (ou je ne sais quel autre document) indiquant que s’il m’arrivait quelque chose de grave, je n’aurais plus à m’en faire. Le débat reste à faire. Mais il est lancé. Et ça me rassure.

Et vous?

Je pensais qu’on était en 2010

Je ne comprends juste pas. J’en suis au point où chaque fois que je visite un supermarché ou une pharmacie, je me précipite sur le premier calendrier venu pour regarder la date du jour.

Nous sommes bien en 2010.

Éponge dans son plus simple appareil

Alors, pourquoi, ô grand pourquoi ai-je eu autant de difficulté à trouver une vulgaire éponge. Savez, une éponge. Rectangulaire, de couleur jaune ou verte, avec de trous. C’est fait pour absorber le liquide. Vous vous en rappellerez peut-être si je vous dit que parfois, on en voit dans les publicités de produits nettoyants, dans les mains d’une dame qui porte des gants de caoutchouc jaune.

Mais que puis-je bien avoir derrière la tête pour utiliser un tel engin, vous demandez-vous. Vous allez rire : J’avais l’intention de l’utiliser pour nettoyer mon bain. Comme par exemple : étendre une solution nettoyante, passer l’éponge, et rincer. Marrant, n’est-ce pas?

Hé bien non, je n’ai pas trouvé d’éponge. Ni à la pharmacie, ni à l’épicerie. NON, madame, je ne cherche PAS le Scrunge Vitrocéramique de Vileda. Non plus que l’Effaceur Magique Récure Salle-de-Bain de Monsieur Net qu’on doit jeter quand elle ne contient plus de solution nettoyante. Je cherche une vulgaire éponge, savez, celle qui dure 10 ans parce que tout ce qu’on lui demande, c’est d’absorber du liquide. Non? Vous n’en avez pas? Ah bon, merci.

Je remercie le ciel qu’on puisse encore trouver des balais. Des balais du genre : un bâton avec des poils au bout. Parce que, vous savez, les gens vous ont convaincu que c’était bien mieux d’acheter un balai avec une moppe au bout que vous devez remplacer à interval régulier. Bien sur, vous voyez la différence, mais la poussière, elle, la voit-elle?

Enfin, bref, l’idée ici, n’est pas de dénoncer l’idée d’avoir un instrument qui est plus efficace ou plus performant. Je veux dénoncer la simple idée qu’on doive jeter ou remplacer une partie ou l’entièreté de cet instrument car il est PRÉVU qu’il ne fonctionnera plus après un certain temps.

Est-ce vraiment logique, qu’en 2010, les grands fabricants d’appareils photo produisent encore des appareils photo JETABLES ? « Oui mais ça se recycle, là » que vous répondrez. Et le recyclage, vous n’avez pas pensé que ce n’est pas la solution à tout? Il faut recycler quand c’est nécessaire, sacrebleu, mais pas quand on peut l’éviter en choisissant un produit qui dure plus longtemps!

Autre phénomène qui me dresse les poils sur les bras, c’est quand je passe dans l’allée des boissons gazeuses et friandises au supermarché. Chez Métro, près de chez moi, la section réservée aux bouteilles d’eau est AUSSI GRANDE que celle réservée aux boissons gazeuses. Est-ce que quelqu’un va vraiment me dire que 1- il voit une réelle différence d’une marque à l’autre, 2 – qu’il serait vachement embêté dans son choix s’il y avait la moitié moins de marques de bouteilles d’eau, 3- que c’est tout à fait socialement et moralement acceptable de vendre de l’eau en bouteille alors que c’est (encore) une ressource gratuite au Québec?

Ne vous méprenez pas, je sais qu’il peut être tout à fait pratique d’avoir une bouteille d’eau à portée de main dans plusieurs contextes. Est-ce vraiment nécessaire d’en acheter une caisse de 24 pour ça?

Les bouteilles d’eau, par chez nous, s’achètent à l’unité, et sont réutilisées un minimum de 3 ou 4 fois chacune, si ce n’est pas plus. Et même là, j’ai encore honte d’acheter des bouteilles d’eau. Mais qu’est-ce qui fait que je les achète aussi facilement?

Une seule réponse : Elles sont disponibles. Et c’est là le coeur du problème.

Je ne m’avancerai pas davantage dans ce débat, je voulais simplement rapporter le fait qu’on a beau être en 2010 et avoir un discours rationnel sur l’utilisation de nos ressources et matériaux, la bonne volonté des grandes entreprises ne nous tombera pas du ciel, il faudra aller la chercher de force, et il n’y a pas 1000 façons de le faire : il faut continuer à chercher la bonne vieille éponge de marque inconnue même s’il faut faire 2-3 endroits, plutôt qu’en acheter une de marque nationale que vous devrez remplacer dans 2 semaines…