Archive pour septembre, 2009

Jabba le Hutt se lancerait en politique fédérale

Pouliot the Hutt

Pouliot the Hutt

Bref billet aujourd’hui pour vous raconter mon hilarité générale et criarde, alors que je me rendais au boulot ce matin.

En effet, l’invraisemblable mais fort divertissant Jean Lapierre racontait à la radio qu’il aurait entendu dire que Martin Pouliot, cette boursoufflure abonnée aux débats de Denis Lévesque, serait intéressé à se présenter dans le comté de Beauport-Limoilou, sous la bannière du Parti Libéral du Canada.

Quel est le rapport avec le personnage de Star Wars? Ce monsieur, qui fait grincer des dents quiconque ayant accès à des neurones, a déjà été surnommé « Le Jabba the Hutt des ondes de la Capitale Nationale » par Patrick Bourgeois, au grand plaisir de ma rate et de mes cuisses.

Ça promet d’être amusant, cette année, les élections.

La télé-réalité selon Patrick Sénécal

Patrick Sénécal, maître québécois de l'horreur écrit

Patrick Sénécal, maître québécois de l'horreur écrit

Le romancier Patrick Sénécal est involontairement populaire dernièrement sur mon blogue. En effet, j’ai fait référence à son roman Le Vide dans mon billet sur la trisomique qui sera participante à l’émission Le Banquier. Et mon dernier billet présentait la bande annonce du film Les 7 Jours du Talion.

Cette fois-ci, je parlerai de lui après avoir trouvé une entrevue de l’émission Vision X sur Youtube, tout à fait par inadvertance. Dans cette entrevue, Patrick Sénécal parle de la télé-réalité, mais surtout des causes de la popularité de la télé-réalité.

J’ai toujours dit que la télé-réalité était un oxymore, car dès que la télé s’en mêle, ce n’est plus la réalité. Mais dans la réalité, ce qui est choquant lorsqu’on se concentre que sur ce seul sujet, comme je l’ai dit dans mon autre billet, c’est que les téléspectateurs en redemandent. Mais si on élargit le problème à la société en général, le pourquoi du comment est tout autre.

Dans cette entrevue, Patrick Sénécal décrit presque mot pour mot ce que je considère comme la base de la majorité des problèmes de la société :

Une chose que je voulais montrer dans ce roman-là, c’est que les gens qui écoutent ces émissions sont plus des victimes que des imbéciles. J’en veux bien plus aux dirigeants qui profitent de la détresse émotive, de la détresse psychologique des gens pour leur donner n’importe quoi, au lieu de profiter de l’instrument extraordinaire qu’est la télévision pour rehausser ça.

Oui, il y a des imbéciles, il y en a. Mais il y a des gens qui sont démunis dans leurs émotions, dans leur façon d’appréhender la vie, et c’est sur qu’ils vont se tourner vers des choses plus simples. Et ces choses plus simples-là, en plus, sont démagogues et leur lancent le message « Restez simples, ne vous posez pas plus de questions que ça dans la vie. Vous avez raison, la vie est bien plus facile de même. »

Et ces gens là je leur en veux. Parce qu’ils leur mentent.

[...]

Tu sais, pour réfléchir là, « Ah la vie est comme ça, on se fait avoir », pour critiquer et analyser une situation, il faut que tu l’aies appris. Ça fait que si tu as toujours grandi dans un environnement qui ne t’a pas appris à questionner et analyser ce qui t’arrive, bien tu ne le fais pas du jour au lendemain. Pas nécessairement parce que tu es imbécile, mais parce qu’on t’a pas donné les instruments pour ça.

Et non seulement on ne te les a pas donné, mais à la télévision on te donne des instruments pour te complaire là-dedans. C’est ça qu’il ne faut pas oublier non plus, avant de traiter tout le monde de caves. Il faut voir pourquoi les gens ont des comportements plus faciles.

Les instruments. Le coffre à outils que tu as à la naissance. Ce coffre à outils qui dépend souvent, et malheureusement, du milieu où tu nais. Certains sont bien garnis, d’autres sont presque vides. Et des outils dans ce genre là, ça ne se trouve pas au Canadian Tire. C’est, je crois, la base de tous les problèmes de la société. Triste-réalité.

Pour ceux qui aimeraient visionner cette partie de l’entrevue :

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Bande-annonce du film Les 7 Jours du Talion

Merci à La Clique du Plateau, j’ai pu visionner ce matin la bande-annonce du film Les Sept Jours du Talion, inspiré du roman de Patrick Sénécal, un de mes auteurs préférés.

Avec Claude Legault et Rémi Girard, réalisé par Podz qui nous a offert Minuit le Soir.

J’en bave.

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Le Banquier : Freakshow ou émission suintant de justice sociale?

[ Edit : Je fais circuler une pétition ici à ce sujet ]

Comme certains ont bien pu le voir aujourd’hui, Le Banquier fait encore parler. Le Contracteur Destructif doit donc s’en mêler.

Le Banquier, paradis des valises.

Le Banquier, paradis des valises.

Le chroniqueur culturel Richard Therrien se demande, sur son blogue Cyberpresse, si l’émission n’est pas en train de déraper. En effet, il semblerait qu’une trisomique sera la concurrente dans l’une des émissions cette saison. En retour, Stéphane Laporte défend coûte que coûte le droit de la jeune fille de passer à la télévision si le coeur lui en dit, en mettant l’accent sur le fait que la principale qualité pour passer au Banquier, c’est d’avoir une personnalité attachante.

Récapitulons donc. De mon côté, j’avais déjà affirmé dans un billet que la ressemblance entre Le Banquier et l’émission Vivre au Max du roman de Patrick Sénécal « Le Vide » était frappante. Je disais aussi combien j’étais convaincu qu’une personne « normale » n’avait probablement aucune chance de participer au Banquier. Et avec le temps, je dois dire que Le Banquier me donne raison.

Tout d’abord, pour le cas qui nous intéresse, je dois mentionner que l’état de la jeune concurrente n’est pas ce qui doit scandaliser les gens. Je suis pour l’équité et la justice sociale, et je suis sincèrement d’avis que peu importe la couleur, l’origine, l’âge ou l’état de santé d’une personne, elle doit avoir les mêmes droits et possibilités que quiconque.

Cependant, le discours de monsieur Laporte me fait davantage penser à un discours de vendeur de voiture : « Tout le monde a le droit de s’endetter pour acheter nos produits. » D’ailleurs, monsieur Laporte fait un peu dévier le sujet, car je ne crois pas que monsieur Therrien souhaite qu’on interdise à une trisomique de participer à l’émission. Pour ma part, j’ose espérer que monsieur Therrien faisait plutôt référence au fait que la majorité des participants du Banquiers, attachants ou non, semblent avoir certains problèmes. Ou alors, TVA nous saupoudre ça de « spectacle » exagéré qui, en fin de compte, nous laisse croire que le concurrent est un bizarre. Même si ce n’est sans doute pas le but visé.

Pour vous donner un exemple, j’en reviens au concurrent qui était imitateur d’Elvis, se prenait pour Elvis, était déguisé en Elvis, et qui courrait sur le plateau avec sa cape. Attachant? Peut-être. Est-ce que cette personne est comme ça dans la vraie vie? On ne le saura jamais, mais il est clair qu’on lui a proposé de se déguiser et qu’on a monté l’émission autour de tout ça pour donner du « croustillant » aux téléspectateurs. Et ça fonctionne. Mais le résultat est quand même pareil : on a l’impression que la majorité des participants sont des excentriques extravagants, des weirdos ou des tarés.

Aussi, je me demande franchement si c’est un hasard que cette information soit sortie à l’avance. Richard Therrien dit qu’il a vu un extrait. Je ne suis pas surpris. Car, comme on le voit, ça soulève les passions, et le résultat, j’en suis convaincu, sera une hausse des cotes d’écoutes pour cette émission en particulier. Et c’est LÀ que réside le problème. C’est de profiter de l’état de la jeune fille pour se donner bonne contenance en tant qu’émission.

Je fais une prédiction : Si la jeune femme ne gagne presque rien, ou même si elle gagne un gros montant, je vous prédit qu’un mystérieux donateur (ou mieux, une entreprise qui va mettre son logo en évidence) lui offrira un montant supplémentaire, ou offrira de l’argent à je ne sais quelle organisme pour la trisomie. Le cas échéant, c’est bien évident que la fin me convient, mais le moyen est inexcusable.

La petite éruption de justice sociale sur le blogue de Stéphane Laporte me rappelle aussi un événement qui m’avait marqué. C’est cette fois où Rock et Belles Oreilles avait fait le sketch de la ligue de hockey des aveugles. RBO avaient reçu une plaque honorifique de la part d’une association d’aveugles pour les remercier d’avoir rit d’eux, comme ils rient de tous les gens normaux.

J’étais très impressionné par cette nouvelle. La différence ici, c’est que RBO n’avait aucun moyen de savoir qu’ils s’attireraient des félicitations du public, alors que TVA, j’en suis convaincu, ont sans doute beaucoup misé sur cette donnée lorsqu’ils ont reçu l’application de la jeune femme.

En dernier lieu, si on est complètement neutre, on peut sans doute affirmer que c’est un excellent coup de marketing de la part des Productions J, que ce soit volontaire ou non. Ça va leur rapporter de la visibilité, sans doute, et tant mieux pour eux. Mais ce qui me dérange le plus, ce n’est pas les moyens qu’utilisent les chaînes télévisées pour attirer des téléspectateurs, c’est le fait que les gens embarquent.

Pour faire un parallèle facile, je dis toujours qu’on a les politiciens qu’on mérite. En ce sens que je ne m’offusque pas du fait que des partis et des politiciens aux valeurs inacceptables existent. Un parti qui propose des trucs qui n’ont aucun espèce de sens n’est pas dangereux en soit. Il devient dangereux seulement s’il est élu, si les gens votent pour lui.

Bien c’est là même chose pour le Banquier. Qu’ils aient les méthodes les plus déplacées pour s’attirer la « sympathie » des gens et plus de cotes d’écoutes, ça ne me dérangera seulement si les gens approuvent ces méthodes en syntonisant cette chaîne et en regardant cette émission. C’est là que réside le plus grand problème dans cette société, je crois. Les gens ne se rendent pas compte que quand ils ne dénoncent pas quelque chose, ou au minimum quand il ne s’en offusquent pas, ils n’offrent aucune opposition, et de ce fait, les gens ou sociétés aux moeurs discutables sentent qu’elles ont le feu vert.

Je terminerai avec cette excellente conclusion que j’ai pondue ce matin même : Julie Snyder sait que les valises ne sont pas toutes dans son studio.