Archive pour décembre, 2009

L’expression « Sac-à-papier » n’est plus

Pour les conservateurs: Un sac réutilisable, ça ressemble à ça... Bon, j'ai fait ma part.

Dans un souci de progressisme et par respect pour l’éveil écologique de la population (espérons toujours…), il me fait plaisir de vous annoncer que l’expression « Sac-à-papier » est dorénavant obsolète.

Veuillez donc prendre le temps d’apprivoiser l’expression « Sac-réutilisable. »

Merci à vous, et en vous souhaitant une année des plus écolos et des moins conservatrices.

PS: Cette bonne blague est une gracieuseté de mon collègue B.B.

Noël est l’apothéose de notre insignifiance

Anti NoëlAu moment d’écrire ce billet, nous sommes le 3 février 2009. J’ai planifié ce coup des mois et des mois à l’avance, et si vous lisez ceci, c’est que ça a fonctionné. Et avec un peu de chance, je ne m’en rappelais plus du tout :)

Voilà, comme nous sommes Noël, j’ai cru bon de mettre une petite chanson du temps des fêtes signée le très subtil Mononc’ Serge. Ça vous choquera peut-être (ou pas), mais les plusieurs messages en tant que tels me plaisent bien

Joyeux Noël !

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Noël est un jour comme les autres

La messe de minuit
Ostie que c’est dull
Le vieux pédophile en soutane est heureux
De voir autant d’enfants dans’ maison de Dieu

La chorale des grosses matantes
Chante des cantiques de cave
Les bonhommes cochons checkent le cul
Des p’tites plottes de 16 ans pis y bavent

Les flos s’impatientent, y’en ont rien à crisser
Pensent rien qu’aux cadeaux, pourris gâtés!
Criss de p’tits mongoles à marde
Me semble qu’ya des volées qui s’pardent

Tantôt en rentrant à maison
J’irais ben dormir dans mes draps
Mais non, y’a l’ostie de réveillon
Faut manger des tabarnak d’atocas!

Mais calme toé, que j’me dis
On est mieux que bien d’autres
Pense que Noël est un jour comme les autres
Pour le p’tit nèg’ qui a faim!

Le p’tit nèg’, y crois pas en Jésus le p’tit nèg’
Y reste en Afrique, y’a faim pis y’est maigre!

Encore 4 cadeaux qu’y faut que j’achète
C’est plein de monde partout, ça capote ben raide
Y me reste rien qu’une heure
M’as peter au frette!

Partout les speakers crachent
Bruno Pelletier qui chante Noël
Claude Dubois, Sylvain Cossette
Mario Pelchat ou Marie Michel

Criss que j’les slugrais toute la gang
Je sortirais mon slingshot et VLANG
Les bosses sur leur crâne seraient plus belles
Que toutes ces saint-ciboire de boules de Noël

Mais j’reste là planté entre deux bacaisses
J’fais la file comme eux autres pour passer à’ caisse
Que c’est que j’fais là, tout ça est grotesque
Criss que j’frais une ligne de mesc!

Mais les nerfs, r’viens sua terre
C’est pas plus grave que ça
Pense que Noël est un jour comme les autres
Pour le p’tit nèg’ qui a l’sida

Le lendemain de Noël
Tout le monde capote
Dehors les crétins retournent d’ins magasins
Encore des aubaines à ne pas manquer

Moi j’reste à maison
Chus sur le lendemain d’brosse
J’pense à fille du IGA, j’sors ma graine
Pis j’me crosse

Pendant ces quelques secondes au moins
On dirait que j’ai moins mal à tête
Et que l’tabarnak de temps des fêtes
Est enfin rendu loin

Le gros vieillard barbu rouge tomate
Les partys d’famille super plates
Les matantes qui s’forcent pour finir leur assiète
Pis après les fêtes se mettent à diète

R’garde un peu autour de toi
Les fêtes sont atroces
Tout l’monde s’force pour être souriant
Mais on s’fait chier à l’os

Et c’est Noël pour nous autres
C’est l’apothéose de notre insignifiance
Console-toi en pensant qu’pour le nèg’ en Afrique
C’est un autre jour d’indigence

Le p’tit nèg’
Y meurt
On s’en tabarnak
On est plein d’cadeaux!

La tourtière, Noël, le petit Jésus et la surconsommation

Il n’y a de ça même pas 10 minutes, j’étais au petit restaurant au rez-de-chaussée de l’immeuble où je travaille. Je commandais le spécial du jour, soit une pointe de tourtière accompagnée de purée de pommes de terre et de légumes. (Une tourtière faite maison par un anglophone d’origine grèque qui parle français, dont l’assistant est éthiopien anglophone qui se démèle pour apprendre le français. Vraisemblablement la tourtière la plus multiculturelle à laquelle j’ai goûtée, et qui était parfaitement délicieuse).

Tout à coup, j’entends à ma gauche une voix étrange, je ne suis pas certain si c’est une voix d’homme ou de femme. Ce dont je suis certain, c’est que c’est en anglais, et que ça parle sur un ton moralisateur. Je me retourne, c’est bien une femme. Elle pointe le caisser avec son verre de café de demande « You know what Christmas is about? »

Le caissier la regarde avec des points d’interrogation dans les yeux.

« You know what Christmas is about? It’s about Jesus, that’s what it’s about! I hope you knew that, and if not, don’t you forget it! »

À ce moment, j’ai émis un rire méprisant, du genre un peu reniflant qu’on fait en faisant semblant de s’étouffer, et je me suis retourné. La dame m’a regardé, sans doute avec un air de cerveau lavé mais contrarié, et est repartie.

D’abord, mes observations. La dame habitait clairement l’ouest de Montréal, probablement Westmount, si je me fie à son manteau de fourrure et à ses bijoux. En second lieu, le caissier avait répondu en français, et elle n’a pas daigné démontrer la moindre envie de continuer son petit discours dans cette langue. Bref, une possédante qui avait affaire au bureau du gouvernement qui siège dans l’immeuble.

J’ai un peu de difficulté à croire que cette femme n’ait pas eu accès à une éducation adéquate. Bien au contraire. Je me demande encore et toujours comment des gens qui ont fait des études peuvent à ce point ne rien remettre en doute. Et plus j’y pense, plus j’ai tendence à vouloir déclarer officiellement Westmount comme étant « bible belt » de Montréal.

Oh bien sûr, il y a des croyants partout au Québec. Mais ceux qui viennent vous parler de Jésus comme si vous étiez leur petit fils, sont étrangement souvent anglophones, avec un accent britannique.

Darwin FTW

Après qu’elle eut tourné les talons, je me suis demandé ce que j’aurais répondu si c’était à moi qu’elle avait posé la question. Ça m’a démangé de lui taper dessus avec un fémur de dinosaure, ne serait-ce que pour lui entrer dans la tête la théorie de l’évolution, mais n’ayant pas cet artéfact naturel sous la main, je crois que j’ai bien fait de m’abstenir. Noisette lui aurait sans doute répondu (en français) que Noël n’est rien d’autre que la fête de la surconsommation. Ce qu’on ne peut pas vraiment nier.

Je suis évidemment d’accord sur ce point. Mais je m’obstine encore et toujours a acheter un petit quelque chose pour mes proches, ne serait-ce parce que je sais pertinemment que les valeurs d’un athée ne sont pas très populaires à Noël, et aussi parce que malgré toutes mes hésitations, il me fait quand même plaisir de gâter mes proches, ce que je n’ai pas pu faire souvent dans les années précédentes (ni à Noël, ni à aucune autre occasion).

Même si j’ai surconsommé (j’achète rarement pour 200$ en moins de 2 jours comme je l’ai fait la semaine dernière, même si une partie allait dans des dépenses personnelles), j’imagine que je me plais à croire que ce ne fut pas pour rien. Ces trois cadeaux qui n’ont rien d’insignifiant (j’ai essayé de choisir des cadeaux éducatifs ou qui font travailler l’intellecte cette année), je les ai emballés dans du papier journal, comme nous le faisons depuis 3 ans. Pas de papier d’emballage gaspillé pour rien.

Je me suis aussi permis une autre dépense d’ordre humanitaire dont je ne parlerai pas pour le moment car ce sera dévoilé le 25 décembre.

La seule autre surconsommation que je me permettrai cette année, ce sera celle de tourtière et d’alcool. Faisons bombance et ripaille!

Nouvel hymne officiel de Copenhague 2009

Comme vous le savez, le Canada fait tout un tabac à Copenhague… (tabac, goudron, pétrole… la comprenez-vous?)

Je ne sais pas pourquoi, mais ce matin je me suis réveillé en me disant que l’émission Touftoufs et Polluards serait encore plus d’actualité aujourd’hui. Quand j’ai déniché le générique et que j’ai entendu les paroles, je n’ai pas pu faire autrement…

J’ai donc l’honneur et le plaisir de vous présenter le tout nouvel hymne officiel de Copenhague 2009, inspiré des paroles de l’émission jeunesse Touftoufs et Polluards.

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Hymne Officiel du Canada à Copenhague 2009

(Chorale du Canada composée des membres du Parti Conservateur)
Y’a d’un côté ceux qui font des saletés
Y’a d’un côté ceux qui font des saletés

Pour nous c’est la saleté
Qui doit régner partout
On passe notre temps à polluer
Ça nous amuse comme des fous

Nous ne serons satisfaits
Que quand tout sera détruit
Ce qui restera après c’est bien
Le dernier d’nos soucis

(Chorale internationale composée du reste du monde le moindrement intelligent)
Y’a d’un côté ceux qui aiment la beauté
Y’a d’un côté ceux qui aiment la beauté

Car pour nous la beauté
Doit passer avant tout
Elle doit toujours durer
Autant pour nous que pour vous

C’est l’eau, le soleil et le vent
Qui font marcher nos instruments
Avec eux c’est amusant
Et c’est propre en même temps

Sur cette Terre enchantée
Où nous vivrons toujours
Nous savons apprécier
Les merveilles qui nous entourent

Alors choisissez aussi
Entre un monde azur ou gris
Entre l’air pur où la fumée
À vous de décider

Acheter un meuble à assembler soi-même chez Brick, expérience méphistophélique comparable à l’invocation involontaire du Démon

Il y a un mois, nous avons fait la gaffe d’acheter (pour la première et dernière fois) un meuble d’ordinateur chez Brick. Vous savez, ce magasin qui a enlevé le « The » devant son nom pour faire plus français. (Je crois qu’ils songent même à ajouter une ceinture fléchée à leur logo).

Brick, c'est ce qui vous tombe sur la tête à force de magasiner là

Brick, c'est ce qui vous tombe sur la tête à force de magasiner là

Non seulement cette chaine de magasin charge-t-elle 50$ pour toute livraison (que votre meuble ait coûté 20$ ou 200 000$), mais en plus, elle semble ne recruter que des vendeurs dont le quotient intellectuel compétitionne avec celui d’un beigne à la crème Boston. (Noisette pense que j’y vais fort, mais moi je tiens ma position, vous comprendrez pourquoi).

En effet, nous avons décidé d’acheter un « package » (chez Brick, c’est le mot français pour « ensemble ») comportant un joli meuble à ordinateur fait de tubes aux surfaces vitrées, ainsi qu’une chaise de bureau. Génial, pour 199$, c’est marché conclus, on le veut!

Le vendeur, donc, va voir le numéro de série du bureau. Il se connecte à l’ordinateur de vente, entre le numéro de série. « Introuvable. » Il essaie donc des variantes du numéro de série du bureau. « Introuvable. » Il essaie encore de changer un chiffre ou une lettre. Résultat : une étagère. « Heu monsieur, voulez vous que j’aille le voir le numéro de série? »

Finalement, il se décide à noter le numéro de série du bureau. Il fait imprimer la facture et nous allons attendre au service à la clientèle pour payer. Noisette et moi regardons la facture… « Hey, ce n’était pas 199 dollars? Pourquoi c’est écrit 179 dollars? » Nous allons voir le vendeur.

« Ah oui ça c’est moi qui vous a fait un rabais… » dit-il alors que j’affiche un air laissant transparaitre une hémorragie de doute.

Je vais comparer le numéro de série avec celui du bureau. Le vendeur ouvre de grands yeux, prend la facture et se sauve avec en direction d’un ordinateur. Le monsieur était en train de nous vendre une maudite étagère quelconque ou bien un pouf en minou brun sans notre consentement.

Finalement, on réussit à avoir une facture (en anglais…) avec les bons items. « Rendez-vous le 5 décembre pour la livraison, on vous appelle la veille pour confirmer. »

Le 4 décembre, on nous appelle. « Nos livreurs seront chez vous demain entre 13h et 16h. » Parfait! On assiste à une pièce de théâtre et on doit quitter à 17h.

Le 5 décembre, évidemment, il est largement dépassé 16 heures, et toujours pas de nouvelles de notre bureau. J’appelle chez Brick… et je finis par avoir le numéro du service à la livraison après 3 transferts téléphoniques. À la livraison, la dame me dit « Oui, monsieur, vous n’êtes pas le premier client à nous appeler, nous avons quelques camions en retard. Le seul problème, cependant, c’est que nous n’arrivons pas à rejoindre deux de ces camions, dont le vôtre. Ils nous ont donné le mauvais numéro de téléphone cellulaire. Donc on ne peut pas vous dire quand ils passeront chez vous. »

DOUBLE-VÉ, TÉ, EFFE!? WTF!? WHAT THE FUCK? C’est parce qu’on est déjà supposés être partis, nous!

Finalement, après avoir parlé, avec le plus grand respect que je pouvais rassembler à ce moment là, à la superviseure du centre de livraison (et après avoir utilisé l’expression « broche-à-foin » à outrance) nous apprenons que les frais de livraison de 50$ nous seront remboursés, et qu’une nouvelle date de livraison peut être choisie. Ça ira donc au 12 décembre, soit hier.

Hier, 13h, la grosse boîte est dans notre entrée. Dire que nous aurions payé 50$ pour une boite qui entrait à l’arrière de ma voiture! Mais avouez que c’est quand même incroyable qu’en 2009, ont ait ENCORE autant de problème à se faire livrer une vulgaire boîte! Enfin. C’est ce matin que j’ai eu le plaisir de commencer l’assemblage de ce joli petit meuble d’ordinateur.

Bilan : 4 pattes ajustables manquantes, un tiroir à clavier de trop qui n’était pas sur le démonstrateur, et une clé Allen qui sacre le camp à chaque quart de tour de poignet.

Fuck les pattes ajustables, fuck le tiroir à clavier. Quant à la clé Allen, je la considère maintenant comme un artéfact diabolique dont la seule autre utilisation est l’ouverture des portes de notre dimension lors de sacrifices humains servant à invoquer Belphégor, Pazuzu, ou encore Valafar ou je ne sais quel autre démon très peu connu du public en général.

Bureau grâce auquel notre bureau a enfin l'air d'un bureau

Bureau grâce auquel notre bureau a enfin l'air d'un bureau

Sinon, la conclusion de cette aventure s’avère tout de même fort positive si l’on considère que notre bureau servait plus ou moins de « locker », ou encore d’entrepôt-à-vieilles-boites-pas-encore-vidées. Maintenant, le bureau, grâce à mon nouveau bureau, a enfin l’air d’un bureau.

Prochaine étape : Donner aux pauvres (c’est-à-dire sacrer sur le bord du chemin) le divan vert usagé sur lequel on ne s’assied jamais, accompagné de la vieille chaise berçante usagée sur laquelle on ne se berce jamais (une boîte s’y berce depuis 1 an, remarquez), et s’acheter deux jolis fauteuils de cuir à 200$ chacun de chez Brault et Martineau pour lesquels nous éprouvons un amour tendre et sans retenue.

Ensuite, c’est la table de cuisine qui va y passer. Mais tous ces items, on les achètera un seul à la fois. Question de pouvoir continuer à faire l’épicerie.

PS : Je n’achèterai plus jamais chez Brick, promis. Et je crois avoir épuisé mon stock de parenthèse pour l’année moi là…



Beau travail, sale geek! Vous vous méritez 30 vies!

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