Archive pour février, 2010

Nous sommes un peuple à l’envers

Le Québec à l'envers

La réflexion que vous vous apprêtez à lire, ça fait un moment que je la mâchouille dans ma tête. C’est sans doute pourquoi le sujet est déjà « passé date » sur les blogues. Mais je crois néanmoins que ma réflexion, qui en est maintenant à une maturité adéquate, est encore pertinente.

Cette semaine, un proche a réagit à l’intervention de Lucien Bouchard qui a tellement fait parler. Il a dit « Dans le fond, Bouchard dit ce que la plupart des gens pensent tout bas. C’est pas le temps de commencer à se séparer. »

Sur le coup je n’ai pas réagi, mais ça a été l’élément déclencheur de la présente réflexion. Cette dernière, si je voulais la résumer en une phrase concise, serait « Nous sommes un peuple à l’envers. »

Je m’explique à travers ces différents points :

Attendre l’occasion ou créer l’occasion?

Lucien Bouchard dit « Dans l’immédiat au Québec, on a autres choses à faire que d’attendre quelque chose qui ne vient pas vite. » Et il n’est pas le seul à le penser.

Or, si une chose est parfaitement claire dans ma tête, c’est le fait que l’indépendance ne tombera pas du ciel. Seulement, j’ai une forte impression que le Québécois moyen s’attend à ce qu’un jour, l’indépendance arrivera, et qu’en attendant ce jour là, tout ce qu’on peut faire est espérer. Heureusement que le ridicule ne tue pas.

J’ai peine à croire que la plupart des pays qui ont réussi à devenir indépendants l’ont fait en se croisant les bras, et en se disant « Ce n’est pas le temps« , jusqu’à ce qu’un jour, quelqu’un décide que le temps est venu, et paf, une indépendance prête à porter.

L’indépendance, ce n’est pas seulement cocher un « oui » sur un papier un soir de semaine. Il faut créer l’occasion, créer le momentum. C’est comme au hockey : les joueurs attendent-ils que le momentum tombe du ciel pour tenter de marquer et gagner la partie, ou bien marquent-ils des buts afin de créer le momentum et gagner la partie?

Comme dans toute chose, la motivation ne vient pas avant l’action, mais avec l’action.

Attendre les conditions gagnantes

« Quelque chose qui ne vient pas vite », selon certains, évoque également ce fameux et nébuleux concept de conditions gagnantes dont on a si souvent parlé il y a 15 ans. Quelles sont-elles? Personne n’en est certain. À l’époque, je n’avais que 15 ans, mais même aujourd’hui, à l’ère de la technologie et après moult recherches, je n’ai pas réussi à dénicher une liste de cet « alignement de planètes ».

Ceci dit, il me semble que l’une d’elle avait rapport avec le déficit-zéro. Ok, mettons cela dans la liste. Une économie forte et prospère. Ensuite? On pourrait mettre « Avoir une fonction publique efficace ». Il serait également bien d’être certain que la transition se fasse sans heurt, sans qu’on s’en aperçoive, tiens. Aussi, il serait important de devenir des leaders en environnement d’abord. Et de montrer l’exemple avec un système d’éducation adéquat. Et que dire du système de santé! Il doit être fort et prêt à tenir face au vent du changement.

Ce ne sont pas des inventions, ces choses, je les ai toutes entendues. Et c’est en énumérant ces exemples qu’il me vient une envie irrésistible de nous comparer à des gens qui doivent aller chez le dentiste. Certains attendent que la douleur soit insoutenable avant de se présenter au bureau du dentiste. Nous, peuple à l’envers que nous sommes, préférons attendre que tout soit parfait avant de vouloir faire notre indépendance.

À ceci, je répondrai en citant Pierre Bourgault qui, d’ailleurs, avait bien raison :

« Nous avons dit et répété que l’indépendance n’était pas une récompense pour les peuples parfaits: elle vient au début de la libération des peuples elle n’en est pas le couronnement. »

Et je me permets d’ajouter qu’il est fort improbable que dans l’histoire, un peuple ait fait son indépendance parce que tout allait trop bien dans le pays auquel il était soumis. Donc, certes, les choses vont mal au Québec, le moral est bas. Mais ne dit-on pas qu’il faut battre le fer pendant qu’il est chaud?

Le paradoxe du cercle vicieux

En y réfléchissant bien, toute cette histoire de conditions gagnante et d’attente après la perfection donne vie à un joyeux paradoxe. Car la plupart des conditions gagnantes que nous paraissons vouloir atteindre semblent être tout à fait inatteignables sans les pouvoirs que nous procureraient l’indépendance.

Par exemple, comment remodeler la fonction publique alors que la moitié des services sont gérés par le Canada? Comment devenir des chefs de file en environnement alors que le Canada nous tire sans cesse vers le bas? (Je vous rappelle qu’encore tout récemment, le gouvernement canadien a ridiculisé le Québec sur ses initiatives en environnement).

Nous avons oublié que l’indépendance est nécessaire pour pouvoir vivre comme nous l’entendons, pour forger notre société selon nos valeurs. Nous avons oublié que l’indépendance est le tremplin qui nous fera faire le premier saut vers cette société meilleure — celle que tant de gens attendent, dans notre monde à l’envers, pour dire « Là, voilà le temps de faire l’indépendance ».

Si le Québec était parfait, nous n’aurions nul besoin de faire l’indépendance. L’indépendance n’est que la première étape vers une société meilleure. Comment, alors, pouvons-nous vouloir choisir entre indépendance et société meilleure? L’un ne va pas sans l’autre.

… Un peuple oscille entre le rien et tout ce qui brille
- Loco Locass

Ces oeuvres japonaises qui foutent la trouille

Démonstration comme quoi les japonais font des choses épeurantes

Ce matin, j’ai mentalement fait une recherche dans mon Google Brain cérébral sur les termes « japon » et « trouille ». Je ne sais pas trop pourquoi, mais mon cours de culture du Japon d’hier m’a rappelé que les japonais, quand ils s’y mettent, réussissent assez bien à me donner la chair de poulet.

Car bien que je sois un être métalleux, viril et issu d’une descendance (et d’une pilosité) viking, mon statut de nerveux a.k.a. stressé et ex-angoissé-rongeur-d’ongles joue fort bien contre moi. Mais spécialement lorsque des japonais sont impliqués de près ou de loin.

C’est pourquoi j’ai le plaisir de vous faire un top 3 des trucs japonais qui m’ont infligé un malaise certain au niveau de l’adrénaline et du rythme cardiaque.

Uzumaki

Ce film, dont le nom signifie Vortex, ou Spirale, n’est pas vraiment épeurant. Ce n’est pas vraiment gore, et ça ne contient pas de zombies. Cependant, l’ambiance et l’étrangeté de ce qui y est présenté m’a donné un malaise permanent tout au long du film.

Créativement parlant, c’est vraiment rafraichissant. On y raconte l’histoire d’un village où tout prend progressivement la forme d’une spirale, et plus il y a de spirales, plus les gens développent une folie inexplicable. Ils tentent alors par tous les moyens de se débarasser des spirales.

C’est franchement… inquiétant (dans le sens du mot anglais « eerie ») comme film. Il y a une atmosphère sinistre et lourde qu’on ressent jusque dans la racine de nos poils de nuque. Je dois absolument me procurer ce film pour le voir à nouveau. Un must.

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Le village Sei-an maudit dans Okami

Cette fois-ci, on parle de musique. Le jeu Okami en était un que j’ai adoré pour son originalité, mais également pour sa musique. Cette dernière rend un portrait tout à fait exact de la culture japonaise.

Cependant, le côté sombre du Japon est également bien représenté lorsque, dans le jeu, nous arrivons au village maudit de Sei-an. Le village, dont tous les arbres sont morts, est emprisonné dans une brume de poison. Et lorsqu’on y entre, c’est une musique composée de flûtes et de tambourins japonais qui nous accueille.

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C’était assez pour me glacer le sang. Souvent, je jouais avec la télévision en sourdine, car l’atmosphère jouait beaucoup trop sur mes nerfs, surtout que la musique jouait en boucle.

Fatal Frame 2

Comme ne le laisse pas vraiment croire le nom, ce jeu incorporait des éléments de photographie (frame, ou « photogramme » en français, signifie « photo d’un objet en mouvement »). Je parle au passé, car c’était un jeu qui était disponible au moment ou la PlayStation 2 venait de sortir.

Ça avait beau avoir rapport avec la photographie, Fatal Frame était franchement dément comme jeu. Pour résumer, nous sommes un personnage qui se promène dans un village hanté. Notre seule arme pour nous défendre contre les spectres est une caméra spéciale qui « aspire » l’âme des défunts.

C’est avec un ami qui possédait une PS2 et quelques bouteilles de bière que je passais des vendredis soirs, toutes lumières éteintes, à jouer à ce jeu. Honnêtement, c’était vraiment épeurant, mais drôle surtout. L’ambiance, la musique, et également les battements de coeur (qu’on ressent en vibration dans la manette) contribuaient beaucoup à nous transformer en véritables boules de nerfs. On se lançait la manette en criant « Non c’est ton tour, c’est trop malade! ».

Comme je n’ai pas trouvé de vidéo de qualité HD pour Fatal Frame 2, en voici une de Fatal Frame 4 qui est sur Nintendo Wii.

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Conclusion : J’ai beau être grand, beau et fort, tous les moyens sont bons pour me mettre les nerfs en boule quand on est Japonais!

(PS: Contre toutes attentes, je viens de me rendre compte que tous les paragraphes de ce billet commencent par la lettre « C ». Coïncidence? JE NE CROIS PAS!)

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