Archive pour octobre, 2010

La vesse du loup – Les clés de mon pays

Une chanson découverte sur un CD de compilation Désunifoliez-vous découvert dans la pile de disques de MFL.

Une chanson qui fait vibrer la fibre en nous, qui donne la chair de poule et des frissons.

Une chanson qui accélère le pouls, nous fait espérer, désespérer, et humecte nos globes occulaires.

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La vesse du loup – Les clés de mon pays

Les beaux parleurs se sont tus
Endormis sur leurs lauriers
À peine chialé une couple d’années
Le temps d’emplir leur grenier de blé

Mais où sont donc ces beaux chanteurs
Qui réclâmaient la liberté?
Dans l’temps j’pouvais juste chanter
J’avais pas l’âge d’aller voter

Me v’la devenu universitaire
J’ai un logis rue Saint-Denis
Pour ça j’ai quitté la terre
Où mon grand-père avait grandit

J’y ai vu ses fils, en quatre-vingt
Scander bien haut qu’on pouvait bien
Dire oui, devenir indépendants
Se tenir debout, faire face au vent

Ils se sont essouflé pour rien
C’est pas tout le monde qui semblait prêt
À se cracher dans les mains
Laver l’injure qui les souillait

Y va falloir se prendre en main
Se lever de bonne heure demain matin
Ah! C’est ben beau de gagner son pain
Mais arrive un temps où faut aller un peu plus loin

On a assez mis d’eau dans notre vin
Que c’est que t’en penses, toi qui ne dit jamais rien?

Et puis j’ai vu porter en terre
Deux de ceux qu’on nomme grands
Des laboureurs d’notre pays vert
Des grands 6 pieds dans l’coeur des gens

Paisiblement s’en ont allés
J’imagine qu’y s’sont pas retournés
Ils avaient bien assez semé
Pour le peu qu’ils ont récolté

On a un pays à se donner
Me semble qu’on l’a ben mérité
Ah! C’est ben beau l’grand Canada
Mais c’est icitte que mes ancêtres ont débarqué

Ç’fait assez longtemps que chuis à loyer, hey hey
J’m'en va chercher les clés de mon pays

De l’autre côté de l’Outaouais
Y’a de braves gens, de bons Anglais
Qui se sentent un peu dépassés
Qui continuent d’nous rabrouer

Incessement y vont comprendre
Que c’est l’histoire qui commande
Une feuille rouge pour les adieux
Une fleur bleue pour vivre mieux

Quand l’angelus va resonner
Peuple à genoux va s’redresser
Et pour les siècles à venir
Mon beau Québec libre va fleurir

On a un pays à se voter
Me semble qu’on l’a ben mérité
Ah! C’est ben beau l’grand Canada
Mais c’est icitte que mes ancêtres ont débarqué

Ç’fait assez longtemps que chuis à loyer, hey hey
J’m'en va chercher les clés de mon pays

De la pertinence (ou non) d’envoyer ses enfants à l’école anglaise

Hier, je suis tombé sur un article d’un citoyen qui, sous forme de lettre, racontait que le Québec vieillissait mal. À travers ses arguments, il a expliqué ne pas comprendre pourquoi il ne pourrait pas envoyer ses enfants à l’école anglaise afin de mieux les préparer à « affronter le monde ». « Il me semble que ce serait le temps d’éliminer ce maudit sentiment d’infériorité, cette peur d’avoir peur« , dit-il.

Personnellement, je ne considère pas qu’une éducation faite dans une environnement francophone comme le résultat d’une peur d’avoir peur, ou d’un sentiment d’infériorité. Bien au contraire, il me semble qu’une éducation dans la langue qui est la nôtre est une réelle preuve que nous pouvons, dans notre pays, former des gens aussi bien éduqués que dans les autres contrées du monde, qui elles aussi donnent une éducation dans leur langue officielle. C’est la preuve que non seulement nous pouvons « être », mais nous pouvons « être » avec notre langue et nos distinctions.

« L’anglais, c’est la langue des affaires, plusieurs pays ont compris« , affirme l’auteur. C’est d’ailleurs le gros problème qui persiste ici : notre système d’éducation s’entête encore et toujours à former des travailleurs, des techniciens, plutôt que des citoyens responsables. Car c’est bien dans le milieu de travail qu’on utilise l’anglais langue seconde, et rarement lorsque nous vivons en société.

Mais au delà de ça, je ne vois absolument pas ce qui est tant recherché dans ces études anglophones.

J’ai moi-même été élevé dans le système public francophone. Chez nous, les seuls mots anglais qui ont été prononcés de toute ma jeunesse étaient toaster, hot-dog, Ninja Turtle et Star Wars. Comment donc est-il possible qu’aujourd’hui, je puisse me décrire comme bilingue à 90%, et que j’entame un certificat en traduction? N’est-ce pas impensable?

Pas du tout. J’ai eu des cours d’anglais dans ma jeunesse. Ensuite, à l’arivée des DVD, j’ai commencé à regarder mes films en anglais, avec des sous-titres anglais pour être certain de comprendre. Ensuite, avec l’arrivée d’Internet, mon anglais s’est aiguisé. J’ai aussi parfois lu des romans et des BD en anglais.

Jamais mes parents ne m’ont mis de la pression, ne sont intervenus dans la manière dont on m’apprenait l’anglais. Mes parents (et mes professeurs) ont simplement fait un excellent travail afin que j’aie envie de découvrir, d’apprendre, de me dépasser, et d’être le meilleur dans ce que je fais.

Avec les pressions de certains parents qui s’entêtent à vouloir une éducation en anglais pour leurs enfants, j’ai l’impression qu’une partie de la société cherche à refiler au système d’éducation l’un de ses devoirs les plus importants : donner à nos jeunes la motivation et le goût de se dépasser. La connaissance d’une langue seconde n’est pas le fondement de l’éducation, mais plutôt l’aboutissement d’une éducation adéquate.

Donnons le goût à nos jeunes d’apprendre et de se dépasser, et une fois qu’ils auront trouvé ce qu’ils veulent faire dans la vie, si ça demande d’être bilingue, ils apprendront anglais, vous pouvez en être certains. Et surtout, ils l’apprendront de leur propre gré.

(Après relecture de ce billet, je me rends un peu compte qu’on pourrait le résumer par « Est-ce que je suis allé à l’école anglaise, moi? Non? Pis chuis bilingue quand même. Ben c’est ça! », mais avec pas mal plus d’arguments! Héhé.)

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