Archive pour "Actualité"

Quand je devrai partir…

Ce n’est pas un sujet très apétissant. Mais il faut quand même en parler.

Je me suis toujours dit que dans le « cadre actuel » des choses, si j’avais le choix de mourir, ce serait ou bien en catastrophe (du genre accident d’auto) ou bien dans mon sommeil (comme mon grand-papa qui portait mon nom).

Oui, un accident d’auto. Pas un qui est sciemment provoqué, comme ces horribles accidents provoqués par un suicidaire qui ont fait plusieurs morts le week-end dernier. Un accident d’auto non-annoncé. Pourquoi? Parce que j’ai parlé à un rescapé d’accident d’auto, une fois. Un gros accident. Et si je me fie à ses dires, c’est très soudain et très serein. Dans son cas, il me résumait cela ainsi : « Tu vois le derrière du camion arriver vite, et tout à coup c’est noir… ».

(Lui, il a été chanceux, il s’est réveillé sur une civière. Il y avait un couple d’amis sur la banquette arrière. Ils ont été trouvés tous les deux morts, se tenant la main, le tête de la femme reposait tranquillement sur l’épaule de son mari…)

Pourquoi le sommeil? On s’en doute. On ne veut pas le savoir, on ne veut pas souffrir.

Mais le « cadre actuel » des choses a changé. Il s’adonne que je vais peut-être pouvoir, comme bien d’autres gens, ajouter une seconde signature à l’endos de ma carte d’assurance maladie (ou je ne sais quel autre document) indiquant que s’il m’arrivait quelque chose de grave, je n’aurais plus à m’en faire. Le débat reste à faire. Mais il est lancé. Et ça me rassure.

Et vous?

La barricade de la langue française

J’avais ce billet qui me trottait dans l’esprit depuis un bon moment, et c’est le dernier article de Louis Préfontaine qui m’a finalement décidé de mettre ça sur papier (ou sur écran, comme vous voulez).

Ça fait un moment que ça court, cette histoire de polyvalente de la région de Black Lake dont les étudiants ont pondu un coquet slogan qui se lit comme suit : « Pour bâtir l’avenir aujourd’hui and tomorrow. » Slogan ouvertement dénoncé grâce à un groupe Facebook.

Je ne ferai pas de « student-bashing » ici, mais j’aimerais relater une petite comparaison qu’on m’a faite un jour et qui s’applique tout à fait bien dans le contexte de cette histoire qui divise les générations et les régions.

Nous jasions avec un professeur… je ne me souviens pas si c’était un professeur de politique ou de sociologie. Ça importe peu, c’était un professeur à qui j’ai parlé une seule fois. Ce professeur, parlant de la situation du français au Québec, a fait un parallèle très intéressant.

Il s’est mis à nous parler du documentaire « La marche de l’Empereur » , ce documentaire sur les manchots empereurs dans leur environnement, que je n’ai pas encore eu la chance de visionner. Ces animaux, nous raconta-t-il, ont une manière très intéressante de se protéger du vent. Lorsqu’une tempête se lève, les mâles les plus costauds font un cercle, une véritable barricade, autour de leurs compères, les protégeant ainsi du vent. Si, par malheur, la barricade cède, les petits manchots représentant l’avenir du groupe, risquent d’y rester.

Le professeur a eu l’audace de comparer Montréal à cercle extérieur de manchots.

Montréal est en effet la principale barricade contre ce vent d’anglicisation qui souffle sur le Québec. Et le vent commence à souffler fort. La barricade tient, mais le vent commence à passer. Comme les petits manchots confortablement installés au milieu, les gens des régions trouvent qu’il fait chaud, et que c’est confortable. Ils ne comprennent pas l’ampleur dévastatateur de ce vent. Il n’y a que la barricade qui se fait ébranler…

Mais lorsque la barricade lâchera… y aura-t-il une relève?

Les jeunes de Montréal ont été élevés dans le bilinguisme, et les jeunes des régions se pètent les bretelles à crier haut et fort « Nous aussi we speak english! ». Enrichi, en plus, l’english. Les jeunes qui, comme les bébés manchots, reçoivent de minuscules bourrasques de vent et se disent « Ah, y’a rien là, finalement! Moi aussi je sais souffler du vent. »

On a besoin de renfort, les jeunes… Car lorsque la barricade lâchera, le français va vraiment se les geler, au Québec.

PS : J’aime bien le titre « Black Lake, Québec? » du billet de Louis. Ça me rappelle l’époque ou je sortais sur la rue Saint-Laurent le samedi soir. En entendant les gens s’exprimer uniquement en anglais, j’avais l’habitude d’appeler ça « St-Lawrence Street, Ontario ».

La curiosité cruelle, ou la cruauté curieuse

Nous avons tous déjà eu, étant enfant, une poussée de curiosité cruelle suite à laquelle nous avons fait souffrir un petit être sans défense.

Le cliché parfait que l’on voit dans les films, c’est un jeune garçon qui torture impunément une fourmi grâce à une loupe sous un gros soleil de juillet. Ou encore, dans les vieux films, il s’agissait du pauvre chien qui courait, suivi d’une ribambelle de boîtes de conserves attachée à sa queue et clinquant sur le sol, ce qui ne manquait pas de terroriser le malheureux pitou.

Moi-même, j’ai eu des excès de cruauté, un bel été alors que nous séjournions sur un terrain de camping. Nous avions attrappé un taon. Un gros taon velu, jaune et noir. Il était pas très content d’être prisonnier d’un pot Mason. Nous avons donc décidé de mettre fin (très lentement) à ses souffrances grâce à une canette de WD-40 (ce joyeux produit vaporisateur anti-corrosion dont la bouteille bleue est agrémentée d’une coquette paille rouge) qui trainait pas loin.

Le taon se débattait, il a même changé de couleur. Il est devenu tout noir. Il a voletté comme il pouvait dans son bocal, et il a fini par tomber au fond, sur le dos, les pattes rendant leur dernier soubresaut.

Aujourd’hui, je ressens encore cette espèce de cruauté curieuse (ou cette curiosité cruelle?). Il y a une bibitte qui va souffrir, se débattre, et je vais regarder avec un sourire en coin, me réjouissant d’être témoin de ça, et je ne ferai rien pour l’en empêcher.

Aujourd’hui, le pot Mason dans lequel je regarde, c’est la sphère publique.

Mon taon se nomme Jean Charest.

Et mon vaporisateur anti-corruption anti-corrosion est un produit signé Marc Bellemare.

Blogueurs, appuyez Claude Robinson

Leur conduite des affaires est basée sur la tricherie, le mensonge et la malhonnêteté. Ils n’hésitent pas à trafiquer les contrats afin d’en gonfler les coûts de production pour obtenir des subventions et modifier les pourcentages de leur participation afin de se qualifier en vertu de la convention bilatérale France-Québec.

Tels étaient les mots de Claude Auclair, juge de la cour supérieure concernant les requins (le mot est faible) de Cinar, lors de la décision de la cour.

Pour ceux qui ne le savaient pas, lorsque Claude Robinson a gagné en cour contre Cinar, la sentence envers ces derniers n’était pas exécutoire.

C’est à dire que le juge leur « suggérait » de verser 5 millions de dollars à Claude Robinson comme dédomagement. Mais ils n’avaient absolument pas à le faire. Cependant, ils pouvaient aller en appel, ce qu’ils ont fait.

Donc, après 13 ans de calvaire, Claude Robinson doit repartir de plus loin qu’à zéro, étant donné les moyens qu’il a dû investir lors de sa première saga judiciaire.

Cinar veulent le briser, le ruiner, l’achever.

Et c’est à nous, citoyens, de dénoncer ces entreprises qui son prêtes à débourser des millions pour briser la vie d’artistes indépendants qui souhaitent vivre de leurs créations.

Pour ce faire, j’ai contacté l’équipe d’Opération Claude Robinson pour leur demander la permission d’utiliser une image de leur site (j’ai la classe de le demander avant de me servir dans le fruit du travail des autres, moi) et j’ai créé cette petite vignette. J’espère qu’elle vous inspirera un peu, et que vous propagerez la « bonne nouvelle ».

Opération Claude Robinson

Vous pouvez télécharger l’image et la téléverser sur votre serveur, ou si c’est trop compliqué, vous pouvez utiliser le code suivant :

<a href="http://www.clauderobinson.org"><img title="J'appuie Claude Robinson" src="http://www.ledetracteur.com/wp-content/telechargements/2010/04/claude_robinson.jpg" alt="Opération Claude Robinson" width="219" height="155" /></a>

À partir de demain (7 avril 2010) il sera possible de faire des dons sur www.clauderobinson.org pour encourager Claude Robinson à continuer son combat contre Cinar. Vous pourrez donc faire votre B.A. de la semaine et donner un petit 20$.

Site de l’Opération Claude Robinson
Suivre Opération Claude Robinson sur Twitter
Suivre Opération Claude Robinson sur Facebook

Tolérance et acceptations

Le titre aurait aussi pu être « On avance à reculons. »

Tolérance
Dans son sens le plus général, la tolérance, du latin tolerare  (supporter), désigne la capacité à accepter ce que l’on désapprouve, c’est à dire ce que l’on devrait normalement refuser.

Au sens moral, la tolérance est la vertu qui porte à accepter ce que l’on n’accepterait pas spontanément, par exemple lorsque cela va à l’encontre de ses propres convictions.

Cette semaine, mon sens de la tolérence et de l’acceptation est grandement mis à l’épreuve. Et si la tolérence est une vertue, il ne faut pas tomber dans le piège dangereux que constitue le fait de tolérer l’intolérable et d’accepter l’inacceptable.

Intolérable : L’attitude de cette étudiante portant le niqab qu’on a accomodé jusqu’à bien au delà de la limite du raisonnable. Saviez-vous qu’on lui a même offert de suivre ce cours en ligne, ce qu’elle a refusé? Plus le professeur offrait d’accomodements, moins l’étudiante était prompte à les accepter, car ce n’était pas des accomodements qu’elle voulait, mais une simple soumission. Comme on dit, « Donne à manger à un cochon, il viendra chier sur ton perron ».

Faudra-t-il créer un gabarit du parfait immigrant? Faudra-t-il désigner des « champions de l’intégration » pour leur faire des exemples? Car des cas exemplaires d’intégration, il y en a. Ça donne des citoyens avec qui j’aimerais prendre une bière, et converser pendant des heures. Je pense entre autres à Boucar Diouf et Djemila Benhabib.

Inacceptable : Le fait que le ministre fédéral de l’Immigration Jason Kenny, dont les positions anti-gays sont connues, ait fait ordonné le retrait de toute référence aux droits des gays dans le document remis aux immigrants. Le guide expliquait auparavant la décriminalisation de l’homosexualité et l’interdiction de la discrimination basée sur l’orientation sexuelle.

Cette nouvelle m’a profondément choqué, a renouvellé mon abjection de vivre dans ce pays qui fait honte à tous ses citoyens, à l’occident en général, et à tous les autres pays démocratiques.

Vivement que le Québec déménage.