Archive pour "Débat de société"

Tolérance et acceptations

Le titre aurait aussi pu être « On avance à reculons. »

Tolérance
Dans son sens le plus général, la tolérance, du latin tolerare  (supporter), désigne la capacité à accepter ce que l’on désapprouve, c’est à dire ce que l’on devrait normalement refuser.

Au sens moral, la tolérance est la vertu qui porte à accepter ce que l’on n’accepterait pas spontanément, par exemple lorsque cela va à l’encontre de ses propres convictions.

Cette semaine, mon sens de la tolérence et de l’acceptation est grandement mis à l’épreuve. Et si la tolérence est une vertue, il ne faut pas tomber dans le piège dangereux que constitue le fait de tolérer l’intolérable et d’accepter l’inacceptable.

Intolérable : L’attitude de cette étudiante portant le niqab qu’on a accomodé jusqu’à bien au delà de la limite du raisonnable. Saviez-vous qu’on lui a même offert de suivre ce cours en ligne, ce qu’elle a refusé? Plus le professeur offrait d’accomodements, moins l’étudiante était prompte à les accepter, car ce n’était pas des accomodements qu’elle voulait, mais une simple soumission. Comme on dit, « Donne à manger à un cochon, il viendra chier sur ton perron ».

Faudra-t-il créer un gabarit du parfait immigrant? Faudra-t-il désigner des « champions de l’intégration » pour leur faire des exemples? Car des cas exemplaires d’intégration, il y en a. Ça donne des citoyens avec qui j’aimerais prendre une bière, et converser pendant des heures. Je pense entre autres à Boucar Diouf et Djemila Benhabib.

Inacceptable : Le fait que le ministre fédéral de l’Immigration Jason Kenny, dont les positions anti-gays sont connues, ait fait ordonné le retrait de toute référence aux droits des gays dans le document remis aux immigrants. Le guide expliquait auparavant la décriminalisation de l’homosexualité et l’interdiction de la discrimination basée sur l’orientation sexuelle.

Cette nouvelle m’a profondément choqué, a renouvellé mon abjection de vivre dans ce pays qui fait honte à tous ses citoyens, à l’occident en général, et à tous les autres pays démocratiques.

Vivement que le Québec déménage.

Nous sommes un peuple à l’envers

Le Québec à l'envers

La réflexion que vous vous apprêtez à lire, ça fait un moment que je la mâchouille dans ma tête. C’est sans doute pourquoi le sujet est déjà « passé date » sur les blogues. Mais je crois néanmoins que ma réflexion, qui en est maintenant à une maturité adéquate, est encore pertinente.

Cette semaine, un proche a réagit à l’intervention de Lucien Bouchard qui a tellement fait parler. Il a dit « Dans le fond, Bouchard dit ce que la plupart des gens pensent tout bas. C’est pas le temps de commencer à se séparer. »

Sur le coup je n’ai pas réagi, mais ça a été l’élément déclencheur de la présente réflexion. Cette dernière, si je voulais la résumer en une phrase concise, serait « Nous sommes un peuple à l’envers. »

Je m’explique à travers ces différents points :

Attendre l’occasion ou créer l’occasion?

Lucien Bouchard dit « Dans l’immédiat au Québec, on a autres choses à faire que d’attendre quelque chose qui ne vient pas vite. » Et il n’est pas le seul à le penser.

Or, si une chose est parfaitement claire dans ma tête, c’est le fait que l’indépendance ne tombera pas du ciel. Seulement, j’ai une forte impression que le Québécois moyen s’attend à ce qu’un jour, l’indépendance arrivera, et qu’en attendant ce jour là, tout ce qu’on peut faire est espérer. Heureusement que le ridicule ne tue pas.

J’ai peine à croire que la plupart des pays qui ont réussi à devenir indépendants l’ont fait en se croisant les bras, et en se disant « Ce n’est pas le temps« , jusqu’à ce qu’un jour, quelqu’un décide que le temps est venu, et paf, une indépendance prête à porter.

L’indépendance, ce n’est pas seulement cocher un « oui » sur un papier un soir de semaine. Il faut créer l’occasion, créer le momentum. C’est comme au hockey : les joueurs attendent-ils que le momentum tombe du ciel pour tenter de marquer et gagner la partie, ou bien marquent-ils des buts afin de créer le momentum et gagner la partie?

Comme dans toute chose, la motivation ne vient pas avant l’action, mais avec l’action.

Attendre les conditions gagnantes

« Quelque chose qui ne vient pas vite », selon certains, évoque également ce fameux et nébuleux concept de conditions gagnantes dont on a si souvent parlé il y a 15 ans. Quelles sont-elles? Personne n’en est certain. À l’époque, je n’avais que 15 ans, mais même aujourd’hui, à l’ère de la technologie et après moult recherches, je n’ai pas réussi à dénicher une liste de cet « alignement de planètes ».

Ceci dit, il me semble que l’une d’elle avait rapport avec le déficit-zéro. Ok, mettons cela dans la liste. Une économie forte et prospère. Ensuite? On pourrait mettre « Avoir une fonction publique efficace ». Il serait également bien d’être certain que la transition se fasse sans heurt, sans qu’on s’en aperçoive, tiens. Aussi, il serait important de devenir des leaders en environnement d’abord. Et de montrer l’exemple avec un système d’éducation adéquat. Et que dire du système de santé! Il doit être fort et prêt à tenir face au vent du changement.

Ce ne sont pas des inventions, ces choses, je les ai toutes entendues. Et c’est en énumérant ces exemples qu’il me vient une envie irrésistible de nous comparer à des gens qui doivent aller chez le dentiste. Certains attendent que la douleur soit insoutenable avant de se présenter au bureau du dentiste. Nous, peuple à l’envers que nous sommes, préférons attendre que tout soit parfait avant de vouloir faire notre indépendance.

À ceci, je répondrai en citant Pierre Bourgault qui, d’ailleurs, avait bien raison :

« Nous avons dit et répété que l’indépendance n’était pas une récompense pour les peuples parfaits: elle vient au début de la libération des peuples elle n’en est pas le couronnement. »

Et je me permets d’ajouter qu’il est fort improbable que dans l’histoire, un peuple ait fait son indépendance parce que tout allait trop bien dans le pays auquel il était soumis. Donc, certes, les choses vont mal au Québec, le moral est bas. Mais ne dit-on pas qu’il faut battre le fer pendant qu’il est chaud?

Le paradoxe du cercle vicieux

En y réfléchissant bien, toute cette histoire de conditions gagnante et d’attente après la perfection donne vie à un joyeux paradoxe. Car la plupart des conditions gagnantes que nous paraissons vouloir atteindre semblent être tout à fait inatteignables sans les pouvoirs que nous procureraient l’indépendance.

Par exemple, comment remodeler la fonction publique alors que la moitié des services sont gérés par le Canada? Comment devenir des chefs de file en environnement alors que le Canada nous tire sans cesse vers le bas? (Je vous rappelle qu’encore tout récemment, le gouvernement canadien a ridiculisé le Québec sur ses initiatives en environnement).

Nous avons oublié que l’indépendance est nécessaire pour pouvoir vivre comme nous l’entendons, pour forger notre société selon nos valeurs. Nous avons oublié que l’indépendance est le tremplin qui nous fera faire le premier saut vers cette société meilleure — celle que tant de gens attendent, dans notre monde à l’envers, pour dire « Là, voilà le temps de faire l’indépendance ».

Si le Québec était parfait, nous n’aurions nul besoin de faire l’indépendance. L’indépendance n’est que la première étape vers une société meilleure. Comment, alors, pouvons-nous vouloir choisir entre indépendance et société meilleure? L’un ne va pas sans l’autre.

… Un peuple oscille entre le rien et tout ce qui brille
- Loco Locass

L’expression « Sac-à-papier » n’est plus

Pour les conservateurs: Un sac réutilisable, ça ressemble à ça... Bon, j'ai fait ma part.

Dans un souci de progressisme et par respect pour l’éveil écologique de la population (espérons toujours…), il me fait plaisir de vous annoncer que l’expression « Sac-à-papier » est dorénavant obsolète.

Veuillez donc prendre le temps d’apprivoiser l’expression « Sac-réutilisable. »

Merci à vous, et en vous souhaitant une année des plus écolos et des moins conservatrices.

PS: Cette bonne blague est une gracieuseté de mon collègue B.B.

Noël est l’apothéose de notre insignifiance

Anti NoëlAu moment d’écrire ce billet, nous sommes le 3 février 2009. J’ai planifié ce coup des mois et des mois à l’avance, et si vous lisez ceci, c’est que ça a fonctionné. Et avec un peu de chance, je ne m’en rappelais plus du tout :)

Voilà, comme nous sommes Noël, j’ai cru bon de mettre une petite chanson du temps des fêtes signée le très subtil Mononc’ Serge. Ça vous choquera peut-être (ou pas), mais les plusieurs messages en tant que tels me plaisent bien

Joyeux Noël !

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Noël est un jour comme les autres

La messe de minuit
Ostie que c’est dull
Le vieux pédophile en soutane est heureux
De voir autant d’enfants dans’ maison de Dieu

La chorale des grosses matantes
Chante des cantiques de cave
Les bonhommes cochons checkent le cul
Des p’tites plottes de 16 ans pis y bavent

Les flos s’impatientent, y’en ont rien à crisser
Pensent rien qu’aux cadeaux, pourris gâtés!
Criss de p’tits mongoles à marde
Me semble qu’ya des volées qui s’pardent

Tantôt en rentrant à maison
J’irais ben dormir dans mes draps
Mais non, y’a l’ostie de réveillon
Faut manger des tabarnak d’atocas!

Mais calme toé, que j’me dis
On est mieux que bien d’autres
Pense que Noël est un jour comme les autres
Pour le p’tit nèg’ qui a faim!

Le p’tit nèg’, y crois pas en Jésus le p’tit nèg’
Y reste en Afrique, y’a faim pis y’est maigre!

Encore 4 cadeaux qu’y faut que j’achète
C’est plein de monde partout, ça capote ben raide
Y me reste rien qu’une heure
M’as peter au frette!

Partout les speakers crachent
Bruno Pelletier qui chante Noël
Claude Dubois, Sylvain Cossette
Mario Pelchat ou Marie Michel

Criss que j’les slugrais toute la gang
Je sortirais mon slingshot et VLANG
Les bosses sur leur crâne seraient plus belles
Que toutes ces saint-ciboire de boules de Noël

Mais j’reste là planté entre deux bacaisses
J’fais la file comme eux autres pour passer à’ caisse
Que c’est que j’fais là, tout ça est grotesque
Criss que j’frais une ligne de mesc!

Mais les nerfs, r’viens sua terre
C’est pas plus grave que ça
Pense que Noël est un jour comme les autres
Pour le p’tit nèg’ qui a l’sida

Le lendemain de Noël
Tout le monde capote
Dehors les crétins retournent d’ins magasins
Encore des aubaines à ne pas manquer

Moi j’reste à maison
Chus sur le lendemain d’brosse
J’pense à fille du IGA, j’sors ma graine
Pis j’me crosse

Pendant ces quelques secondes au moins
On dirait que j’ai moins mal à tête
Et que l’tabarnak de temps des fêtes
Est enfin rendu loin

Le gros vieillard barbu rouge tomate
Les partys d’famille super plates
Les matantes qui s’forcent pour finir leur assiète
Pis après les fêtes se mettent à diète

R’garde un peu autour de toi
Les fêtes sont atroces
Tout l’monde s’force pour être souriant
Mais on s’fait chier à l’os

Et c’est Noël pour nous autres
C’est l’apothéose de notre insignifiance
Console-toi en pensant qu’pour le nèg’ en Afrique
C’est un autre jour d’indigence

Le p’tit nèg’
Y meurt
On s’en tabarnak
On est plein d’cadeaux!

Nouvel hymne officiel de Copenhague 2009

Comme vous le savez, le Canada fait tout un tabac à Copenhague… (tabac, goudron, pétrole… la comprenez-vous?)

Je ne sais pas pourquoi, mais ce matin je me suis réveillé en me disant que l’émission Touftoufs et Polluards serait encore plus d’actualité aujourd’hui. Quand j’ai déniché le générique et que j’ai entendu les paroles, je n’ai pas pu faire autrement…

J’ai donc l’honneur et le plaisir de vous présenter le tout nouvel hymne officiel de Copenhague 2009, inspiré des paroles de l’émission jeunesse Touftoufs et Polluards.

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Hymne Officiel du Canada à Copenhague 2009

(Chorale du Canada composée des membres du Parti Conservateur)
Y’a d’un côté ceux qui font des saletés
Y’a d’un côté ceux qui font des saletés

Pour nous c’est la saleté
Qui doit régner partout
On passe notre temps à polluer
Ça nous amuse comme des fous

Nous ne serons satisfaits
Que quand tout sera détruit
Ce qui restera après c’est bien
Le dernier d’nos soucis

(Chorale internationale composée du reste du monde le moindrement intelligent)
Y’a d’un côté ceux qui aiment la beauté
Y’a d’un côté ceux qui aiment la beauté

Car pour nous la beauté
Doit passer avant tout
Elle doit toujours durer
Autant pour nous que pour vous

C’est l’eau, le soleil et le vent
Qui font marcher nos instruments
Avec eux c’est amusant
Et c’est propre en même temps

Sur cette Terre enchantée
Où nous vivrons toujours
Nous savons apprécier
Les merveilles qui nous entourent

Alors choisissez aussi
Entre un monde azur ou gris
Entre l’air pur où la fumée
À vous de décider



Beau travail, sale geek! Vous vous méritez 30 vies!

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