Archive pour "Fait Français"

C’est bien beau la traduction en français, mais il y a des limites à ne pas dépasser

Le présent sujet a été quelque peu reporté, mais pas beaucoup. Pourtant, il ne date pas d’hier, mais de l’automne 2007.

Je me suis récemment acheté le jeu “Super Mario Galaxy” pour ma console Wii. Le jeu, qui fête son premier anniversaire cet automne, est très amusant, mais certains éléments linguistique qu’on y retrouve le sont moins.

Super Mario GalaxyEn effet, la version franco-canadienne du jeu a été traduite en un français plus que douteux. Certains diront en joual, mais même encore, je ne suis pas certain que le terme convienne tout à fait… le joual parlé dans la rue, c’est une chose, mais le joual lu dans un jeu vidéo, ça ne colle pas. Ça diffère du joual que l’on retrouve dans une conversation MSN, ou même dans les sous-titres de films québécois.

Voici quelques exemples que j’ai pu retrouver sur le net, qui apparaissent dans le jeu :

  • On a des bombes en masse, t’veux tu t’en servir pour faire exploser les vidanges dans le coin ?
  • On peut pas laisser ses vidanges icitte et s’attendre à ce que je m’en occupe.
  • Cette job n’est pas pantoute facile!
  • Aggripe-toi (sic), quel fun noir!

Les pseudo-mots “toé” et “moé” refont surface régulièrement dans le jeu.

De plus, ce ne sont pas tous les personnages qui parlent ainsi. Seulement quelques uns, disons 1 sur 3. À force de jouer, on a l’impression que les personnages idiots parlent ainsi, et les autres parlent un français respectable.

Selon Nintendo Canada, cet exercice a été effectué pour rejoindre un peu plus les jeunes francophones du Canada. Il va sans dire que l’Union des Artistes et l’Office Québécois de la Langue Française s’oppose farouchement à l’utilisation du joual, clâmant que cela n’améliore en rien la qualité du français chez les jeunes… argument que je ne saurais réfuter.

Bref, bien déplorable, car le reste du  jeu est très amusant. Il me semble que le minimum aurait été d’offrir une option “joual” et “non joual” dans les options… et si je fais fi du sarcasme, j’aurais grandement préféré une version en français international.

Il semble que Super Mario Galaxy ne soit pas un cas isolé, car on rapporte que le jeu Legend of Zelda : The Phantom Hourglass pour la Nintendo DS aurait subi un traitement semblable. Les deux jeux sont des franchises appartement exclusivement à Nintendo. Quant aux autres entreprises de jeu vidéos (ça inclut Nintendo), ils ont signé en septembre 2007 une entente avec l’OQLF comme quoi tous les jeux seront traduit en français d’ici 2009.

Parlant de l’OQLF…

Je me suis toujours demandé ce que le mot “office” venait faire là dedans… C’est comme l’ONF. En français on dit l’Office National du Film. Et en anglais, on dit National Film Bureau. Vous ne trouvez pas cela étrange vous? C’est le monde à l’envers…

EDIT: Je me suis gouré, l’ONF en anglais c’est National Film Board. Merci Médiateur Farceur. Cependant, ça ne change rien au fait qu’on utilise “office” en français, et “bureau” en anglais, et que je trouve ça étrange, na.

Un peu de gaieté dans une journée

Hier soir, nous regardions les nouvelles de fin de soirée. L’un des reportages était pour souligner le 3ème anniversaire de la légalisation du mariage gai au pays.

Alors donc, mis à part la journaliste qui avait l’air déguisée en scout, on voyait des couples gais qui avaient l’air heureux. Sans être exagérément enthousiastes, ils étaient heureux.

Un petit couple de Montréal, un franco avec un gars visiblement anglophone mais qui parlait un français beaucoup plus qu’acceptable. On a vu aussi un asiatique qui était à la tête d’une organisation que je ne connaissais pas : L’Association des asiatiques gays de Montréal. Il nous racontait, dans un très bon français auquel il combinait le charme de l’accent asiatique, que des centaines de gays de par le monde choisissent de venir ici afin de vivre leur vie comme ils le veulent, étant donné l’ouverture que nous montrons face aux différents mœurs.

Ça me rappelle que malgré les Conservateurs, malgré la droite, malgré le privé, malgré les non-conscientisés, il y en a quand même pour trouver que nous sommes accueillants, ouverts, et que c’est assez pour venir vivre ici, et être heureux dans ce qu’ils veulent pouvoir vivre en paix. Et même s’ils ont un peu tout ce qui faut pour être heureux, ils prennent le temps d’apprendre notre langue.

Bref, deux sujets qui me tiennent à cœur qui ne font qu’un, ce fut assez pour mettre un peu de gaieté dans ma journée. Remarquez, je ne milite pas plus pour les homosexuels que pour autre chose. La cause qui me tient à cœur, c’est l’égalité des êtres et de leurs chances. En voilà un bel exemple.

Les frissons les plus forts que j’ai eus depuis longtemps

Il y a quelques semaines, au rassemblement du Mouvement Montréal Français, Emmanuel Bilodeau nous a récité un texte d’une chanson de Loco Locass qui n’était pas encore terminé. Ce texte était de toute beauté et je me souviens que ça m’avait vraiment fait vibrer.

J’ai découvert aujourd’hui que la chanson était terminée, et qu’ils l’avaient chantée pour la Saint-Jean Baptiste. C’est un poème qui se transforme en chanson.

En l’écoutant, j’ai eu des frissons vraiment intenses. La fibre indépendantiste est toujours très vivante.

Les paroles suivent le vidéo:

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Les géants

Nous sommes issus d’un sol immense
Qui nous a tissé, métissé
Rebuts de brins de laine tressés très serrés
Sans couture au sein d’une ceinture fléchée
Comme quelque queue clinquante de comète effilochée

Et si l’on suit le fil de notre texte
Il mène à la sortie du labyrinthe de pan
Qui nous éreinte depuis qu’ils ont mis nos torts dedans
Ils ont conquis notre territoire
Pillé notre histoire et volé notre mémoire

Avec leurs thèses de fous ils ont dit “taisez-vous”
Vous ne valez pas dix sous, vous n’êtes pas vous
Vous êtes nous, vous êtes dissous
Notre substrat vous subsume
Mais la comparaison vous consume

Faux! Nous venons d’avant
Nous sommes antérieurs, nous sommes des créateurs
Pas des créatures, pas des caricatures

Notre maison n’a pas de cloison mais quatre saisons
Acclimatés au climat et faisant fi du frimas
Nous avons parcouru par ses artères tout un continent titan
Notre espèce aspire à l’espace et son empreinte est partout

Tapie dans la toponymie, gravée dans le granit
Égrainée sur la grêve, arcboutée dans les arches
De nos dingues digues dignes de la muraille de Chine

Dans les champs essouchés sous la lune
Et les racines d’un hêtre qui ne peut plus plier
C’est une histoire riche qui n’est sur aucune affiche
Et qu’on a laissée en friche
Dans nos caboches, ce n’est que roches et fardoches

Cosmogonie à l’agonie
Dans le tome fantôme du grimoire d’une mémoire moisie
Sur nos épaules on porte pourtant le pack-sac d’un passé épatant
Mais allons-nous mourir en nains quand nous sommes nés géants?

Sitôt venus au Nouveau Monde
On a dompté les hivers et fabriqué de la terre
On avait la tête à la fête et le coeur au labeur
Opiniâtres, on n’a jamais laissé mourir le feu dans l’âtre

Car nous avons la tête à Papineau
La longue langue agile de Da Costa
Le cœur-corsaire de d’Iberville
Qui envoie en nos veines
Le pur-sang mêlé-mêlé de Riel et des Premières Nations

Nous avons l’aviron de Radisson, la vigueur de la Vérendrye
Les jarrets de Jolliet et tous les talents de l’intendant Talon
En somme, nous sommes des surhommes uniques
Générés par le génie génétique de l’Europe et de l’Amérique
Inéluctablement, nous voguons vers le néant
Mais allons-nous mourir en nains quand nous sommes nés géants?

Opaque, il faut qu’enfin notre épopée éclate
C’est sans équivoque, cette Histoire est pleine et craque
Loco Locass la provoque de son verbe épique: les eaux sont crevées
Et tombent en trombes et forment une flaque, que dis-je, une flaque

C’est comme un lac à nos pieds
Le col se dilate
Le sol s’écarquille
Pour laisser monter un corps en forme d’ogive

C’est le chaos qui «paaaaaasse» dans le chas d’une aiguille
C’est un cri qu’on pousse, un cœur qui pulse
Celui d’un peuple qu’on accueille ou qui frappe un écueil
Dans l’oeil du cyclone, chaque seconde en vaut quatre
Nous rapproche d’un miracle

C’est un spectacle sans entracte
Mais gare à l’arrêt cardiaque
Entre la mort et la vie
L’arrivée d’un homme comme lors d’un référendum

Un peuple oscille entre le rien et tout ce qui brille
Je pose des mots garrots gare au flot hémorragique
Ô ma rage gicle par tous les pores de mon cœur spongieux
Sur ce son long jeu conjure ma mortelle nature

Et nous disons que la parole est une sage-femme
Qui tire des limbes un monde à naître
Fort de cette maïeutique aux forceps
Le poète nomme enfin celui dont il voit poindre la tête:
QUÉBEC!

Heavy MTL : Iron Maiden en français

C’était en fin de semaine qu’avait lieu la première édition du festival Heavy MTL, qui accueillait une vingtaine de groupes métal d’un peu partout. Pour 150$, vous aviez droit à deux jours de métal avec des groupes tels que Overkill, Three Inches of Blood, Type O Negative, Dethklok, Voivod, Anthrax, Mötley Crüe et Iron Maiden. Une foule d’environ 36 000 personnes s’est présentée en 2 jours, soit beaucoup plus que les deux premières éditions d’Osheaga (Aussi présenté par Gilette Entertainment Group). Autre belle preuve de la popularité du métal.

Je ne m’attarderai pas à faire la revue de tous les groupes qui étaient présents. J’en ai manqué beaucoup. Je commence à me faire vieux et je n’ai plus la patience et la forme pour être dans un festival 2 jours de temps au complet à boire de la bière. Nous nous sommes donc pointés les 2 soirs vers la moitié ou les 2/3 de la journée. Et comme Météomedia sont dans les choux ces temps-ci (ils annonçaient 2 jours d’orage, et on a eu du soleil), c’était très agréable.

Non, pas de critique. Je parlerai plutôt d’Iron Maiden.

Ce qui est génial avec Iron Maiden, c’est qu’on est pas obligé de les aimer pour les trouver bons. Je connais plusieurs de leurs chansons, je les trouve incroyables, mais ce n’est pas mon style de musique. Ceci dit, j’étais très heureux de les voir. Je me dois également de vous faire part d’une remarque: Ceux qui avaient des chandails de Maiden étaient soit des vieux de la vieille, ou soit des tous jeunes, de 14-15 ans, ou soit entre les deux. Tout le monde peut aimer Maiden.

Ils ont offert une performance énergique. Bruce Dickinson sautait partout, mais surtout, il s’adressait à nous en français. Aucun des groupes américains n’avait songé à ce tour de force, certains avaient appris par coeur à dire “Merci beaucoup” ou “Comment ça va?” pour l’occasion. Mais Dickinson nous faisait carrément la conversation. Maladroitement, évidemment, en cherchant un peu ses mots. Mais j’aurai beaucoup de difficulté à oublier des phrases telles que “Bonjour Québécois! Vous savez que nous vous aimons beaucoup ce soir!”, “Nous allons être ici pour très longtemps. Et la prochaine fois que nous reviendront, ce sera avec un nouveau (sic) album. C’est un promis! (sic)”, et d’autres phrases que j’ai oubliées grâce au houblon.

Je trouve ça charmant, vraiment charmant. Oui, je fus charmé.

Évidemment, ils viennent d’Angleterre et le français est sans doute bien enseigné et assez utilisé. Et il n’a sans doute pas appris le français dans le seul but d’impressionner lorsqu’il est à l’étranger. Mais Bruce Dickinson avait une connaissance de base du français, que nous pouvions comprendre très facilement, et il l’a utilisé comme il le pouvait pour communiquer avec ses fans d’ici. Et il n’était franchement pas obligé! Les anglos de Montréal ont du râler… Mais les autres groupes étrangers ne se sont pas donné cette peine.

C’est bien plus que ne le ferait une vieille trousse Westmontaise qui prend le thé à 15h30 chaque jour après avoir épousseté son argenterie.

À un certain moment, pendant la chanson “The Trooper”, Dickonson a brandit un Union Jack pendant quelques instants. J’ai grincé des dents un peu, mais je me suis dit qu’on en était plus à cette époque, où le drapeau britannique était le nôtre. Et d’ailleurs, il est Anglais après tout, et a bien le droit à sa propre fierté.

Donc chapeau à la Vierge de Fer. Il me fait plaisir de les écouter en anglais. Je vais m’en souvenir longtemps.

À l’an prochain.

Comment c’est fait, le français?

Logo de Z-TéléQue ce soit ici ou hors-blogosphère, j’enfile souvent mon costume de Contracteur Destructif pour dénoncer des entreprises ou médias qui ne respectent pas ou qui négligent la langue française.

Par exemple, je suis le premier à dénoncer Musique Plus qui se content souvent de sous-titres remplis de fautes d’orthographe, plutôt que d’avoir recours à une traduction en bonne et due forme.

Mais je trouve aussi qu’on se doit de féliciter les entreprises et médias qui non seulement respectent le français (je l’ai déjà fait ici pour la Boutique EB), mais qui ont également recourt à des termes enrichis, moins connus, mais tout de même des mots terminologiquement on ne peut plus exacts.

Je pense ici à l’émission “Comment C’est Fait” présentée à Z-Télé. Bien que j’ai toujours douté de l’idée d’avoir Jean-Luc Brassard comme narrateur, le français et les termes utilisés n’en sont pas moins riches et diversifiés.

Comme il a souvent été démontré que dans certains domaines, la terminologie adéquate et en français est rarement utilisée. Par exemple, je pense ici à la formation en mécanique, ou parfois à l’informatique. Ceci dit, dans ce dernier domaine, j’ai eu moi même l’expérience d’une professeure (d’origine portuguaise) qui insistait pour que nous utilisions le français le plus possible dans notre programmation.

Comme je le dis souvent… plus ça va mal, mieux ça va. Plus le français est bafoué, plus les gens se lèvent pour le défendre. Tant mieux, mais ce n’est quand même pas ainsi que cela devrait se passer.

Les Québécois sont un peuple qui n’agit pas, mais qui réagit.

Il y a encore beaucoup à améliorer…