Archives pour la catégorie Histoire

juin 11 2008

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Le Détracteur Constructif

La détermination inébranlable des Chiliens

Catégorisé sous Histoire, Politique, Solidarité

Drapeau du ChiliJ’ai déjà eu affaire à un chilien qui me racontait ce que signifiait le drapeau du Chili.

D’abord, le bleu signifie le ciel, le blanc signifie la neige au sommet des montagnes, et le rouge signifie le sang du peuple qui a souffert. L’étoile signifie le progrès.

Mais c’est la devise du Chili, cependant, qui me mystifie et que j’admire.

«Par la raison ou par la force»

Ce monsieur, qui fut élevé ici depuis sa tendre enfance, ne comprenait rien de la faiblesse des convictions des Québécois, nous qui avons la chance de vivre dans un pays où les choses se font démocratiquement.

À réfléchir…

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mai 28 2008

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Le Détracteur Constructif

C’était bien lui, Pierre Bourgault…

Caricature de Bourgault, par GarnottePas le jeune Pierre Bourgault. Le vieux, qu’on entendait à la radio. Le vieux malcommode, l’excentrique, celui qui racontait. C’était bien lui, en vapeur et en rêve.

Je me suis réveillé plusieurs fois, en me disant “Voir que je rêve à Pierre Bourgault”, pour ensuite me rendormir et reprendre le rêve où il en était rendu. Je ne me souviens pas ce qu’il faisait dans ce rêve. Il parlait, il avait l’air heureux. Il était à peu près comme je me le suis toujours imaginé.

Car je n’ai connu Bourgault qu’après sa mort…

C’est donc un rêve qui m’a décidé à vous parler de ce personnage un peu mythique qui siège, invaincu à jamais, à la tête de mon palmarès personnel de héros. Il y en a beaucoup trop à dire pour un seul billet, mais je crois que je couvrirai en général ce que je préfère. Pour ceux qui ne le connaissent pas, prenez votre temps, il faut s’en délecter. Pour ceux qui le connaissent déjà, faites-vous plaisir!

Table des matières :

PS: Prière de me pardonner pour ma paresse et certaines de mes sources. Je me trouve déjà passionné de faire un billet aussi complet sur la question, je n’ai pas l’énergie de tout rédiger par moi même. Notez que je fais ce billet en premier lieu pour moi. Mais je vous aime!

Qui était Pierre Bourgault?

(source: Wikipedia)

Pierre Bourgault est né à East Angus, une petite ville située à l’est de Sherbrooke, en Estrie. Dès 1960, il se positionne en défenseur du peuple, dénonçant les injustices, plaidant contre la peine de mort et prônant l’indépendance du Québec. En 1964, alors que le Québec est en plein cœur de la Révolution tranquille, à seulement 30 ans, il devient le président du Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN).

En 1968, le parti est dissout et il invite ses membres à joindre les rangs du Mouvement Souveraineté-Association (MSA), dirigé par René Lévesque et qui constituait un parti plus modéré. Plus tard, le MSA fusionne avec un autre parti nationaliste, le Ralliement national, et devient le Parti québécois. Avec le recul, Bourgault a déclaré que le sabordage du RIN fut la plus grande erreur de sa vie. Malgré des convictions politiques similaires, il a de nombreuses divergences d’opinions avec René Lévesque et quitte le Parti québécois en 1981.

Durant les années 1970, il a été journaliste à l’édition française du magazine MacLeans, où il couvre l’effervescence culturelle de l’époque. Il participe activement à cette mouvance et signant un des hymnes du rock québécois de l’époque, Entr’ deux joints, popularisé par Robert Charlebois.

De 1976 à 2000, Bourgault a également été professeur au département de communications de l’Université du Québec à Montréal, où il enseigne à plusieurs générations de futurs communicateurs, dont le cinéaste Jean-Claude Lauzon, la journaliste Sophie-Andrée Blondin, le chroniqueur Nicolas Langelier, la journaliste et animatrice Josée DiStasio et l’acteur humoriste Guy A. Lepage. Au cours des années 1990, il est chroniqueur pour Le Journal de Montréal et participe à de nombreuses émissions de télévision et de radio, dont Indicatif présent, où il a tenu une chronique quotidienne jusqu’à sa mort.

Paradoxalement, il a reçu des funérailles laïques à la basilique Notre-Dame de Montréal.

Photos de Pierre Bourgault

Voici un amoncellement de photos de Pierre Bourgault, que j’ai trouvées un peu partout sur le net, dont plusieurs sur Cyberpresse.

Pierre BourgaultPierre BourgaultPierre BourgaultPierre BourgaultPierre BourgaultPierre BourgaultPierre Bourgault

Pierre BourgaultPierre BourgaultPierre Bourgault

Citations de Pierre Bourgault

Une petite compilations de mes perles préférées.

Nous ne voulons plus être une province pas comme les autres. Nous voulons être un pays comme les autres.

Si, comme le croient plusieurs Canadiens, le Canada ne peut exister sans le Québec, alors il ne mérite tout simplement pas d’exister.

La parole est vaine pour les imbéciles. C’est pourquoi il ne faut pas leur en laisser le monopole. Il faut que l’intelligence parle mieux et plus haut que la stupidité, que le préjugé, que l’ignorance, que la bêtise. Elle n’est pas que plaisir. C’est aussi une arme dangereuse qu’il faut savoir maîtriser pour ne pas se laisser maîtriser par ceux qui la maîtrisent.

Le plaisir de la langue, c’est de pouvoir la parler sans effort. Or, quand on se refuse au départ l’effort de l’apprendre, on se condamne à parler avec effort toute sa vie.

La science se trompe souvent. La religion, toujours.

On aurait tort de vouloir réduire un désir naturel de liberté à une simple réaction de ressentiment.

Si nous nous regardons le nombril, il est évident que nous nous trouvons petits, faibles, sans défense. Si, par ailleurs, nous nous comparons, nous nous apercevons rapidement que nous sommes beaucoup plus forts que nous ne l’imaginons.

Nous savons qu’il est difficile pour un individu d’assumer une vie adulte, de se sevrer de ses parents. Nous savons qu’il n’en va pas autrement pour les nations et qu’il nous serait beaucoup plus facile de rester dans la Confédération que d’assumer l’indépendance du Québec.

Nous avons dit et répété que l’indépendance n’était pas une récompense pour les peuples parfaits : elle vient au début de la libération des peuples elle n’en est pas le couronnement.

Il est parfaitement naturel que les anglais, en grand nombre, luttent contre l’accession du Québec à l’indépendance. Mais il est absolument anormal, aberrant, incompréhensible et dangereux, qu’ils le fassent tous.

Je n’ai jamais compris pourquoi le nationalisme “canadian” de Pierre Trudeau était plus valable ou plus défendable que mon nationalisme québécois. Je n’ai jamais compris pourquoi le Canada devait être séparé des autres pays du monde pendant que le Québec devait, d’autorité, rester attaché au Canada.

J’ai souvent passé pour un extrémiste parce qu’on croyait que l’indépendance était une solution extrémiste. C’est tout à fait ridicule. Dans ce cas, tous les pays indépendants seraient extrémistes. Seuls les colonisés peuvent traiter d’extrémistes ceux qui parlent de l’indépendance.

Pour moi, 60 à 65 pour cent représente un vote démocratique, 80 pour cent un vote xénophobe et 97 pour cent… c’est un vote carrément raciste. (Sur le vote anglophone qui aurait été de 97 pour cent pour le Non selon un sondage)

Il vaut mieux aller plus loin avec quelqu’un que nulle part avec tout le monde.

Vidéos de Pierre Bourgault

Pierre Bourgault parle du “Vivre le Québec Libre” de De Gaulle

Bourgault et la souveraineté

Bourgault parle du référendum de 1980

Message de Bourgault sur les allégeances politiques

Chroniques radio de Pierre Bourgault

Dans ses dernières années, Pierre Bourgault est chroniqueur à la défunte émission Indicatif Présent animée par Marie-France Bazzo. C’est l’un des premiers endroits et j’ai appris à le connaître, sauf dans les livres. Voici des liens vers mes chroniques de Bourgault préférées :

  • La Reine
    La reine Elizabeth II se trouve en visite au Canada. Pierre Bourgault raconte ses belles histoires avec la famille royale britannique.
  • La journée nationale des patriotes
    Nous avons eu la journée de la reine, la journée de Dollar mais les Patriotes ont eu un rôle extrêmement important au Québec.
  • Les détecteurs de mensonges
    Ancien participant de l’émission Les détecteurs de mensonge, Pierre Bourgault raconte les circonstances de rencontres célèbres.
  • L’anglais
    Le nouveau ministre de l’éducation veut que l’anglais soit enseigné en première année du primaire. Pierre Bourgault s’y oppose.
  • Le Plagiat
    Le plagiat est à l’honneur ces temps-ci. Pierre Bourgault avoue avoir plagié lui aussi…
  • Les modèles
    Pierre Bourgault ne croit pas aux modèles, surtout ceux qui se réfèrent aux groupes d’appartenances. En apprenant à connaître les modèles, ils nous déçoivent parfois.
  • L’immigration
    Pierre Bourgault s’insurge des imprécisions concernant l’immigration et tous ses qualificatifs.
  • Le système métrique
    Adopté par le Canada et les États-Unis il y a déjà trente ans, le système métrique fait encore des vagues. Au Canada anglais et aux États-Unis, la résistance envers son implantation vit encore.
  • Le kangourou
    Faisant suite aux aventures d’Edgar, le cochon du Plateau Mont-Royal, Pierre Bourgault raconte l’histoire de Max, son kangourou. En effet, il s’était acheté un kangourou il y a 30 ans.

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avr 15 2008

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Le Projet Babel raconte l’origine des mots

Pour ceux qui, comme moi, aiment bien l’étymologie, j’ai trouvé ce matin un site très intéressant : Le Projet Babel. Sur ce site, il y a une section Le mot du jour et chacun de ces mots comporte son historique et son origine.Par exemple, saviez-vous que le mot français «calembour» se rapporte à l’histoire de la France?

En voici l’explication donnée :

Sous l’ancien régime, le comte de Kalhenbourg fut envoyé d’Allemagne comme ambassadeur à Paris. Ce diplomate parlait notre langue avec un fort accent tudesque et se faisait difficilement comprendre de ses interlocuteurs. Ceux ci, en hommes courtois, se refusaient par politesse de le faire répéter et interprétaient librement ses propos…

Il en résultat d’involontaires jeux de mots qui devinrent les calembours.

Les origines de centaines de mots provenant de plusieurs langues sont ici racontés. J’adore et je m’en régale!

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mar 06 2008

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« Tibet! Tibet! Raise Your Flag! » - Björk

Björk appuie l’indépendance du Tibet, du Groënland et des Iles FéroéDans mon dernier billet, je vous ai présenté le vidéoclip Declare Independance de la chanteuse islandaise Björk.

Ce matin, j’ai lu quelques petites prouesses de la part de la descendante viking. Assez courageuse, la madame. En effet, il faut savoir qu’au départ, la chanson a été écrite pour le Groënland et les Iles Féroé, qui sont sous la domination du Danemark.

Par la suite, le mois dernier en fait, Björk a dédié cette chanson au Kosovo lors d’un spectacle au Japon.

Pas plus tard que la semaine dernière, Björk a fait montre d’un culot vraiment remarquable, et il y a de quoi applaudir. Alors qu’elle terminait un spectacle à Shanghaï en Chine avec la chanson Declare Independance, elle a modifié les dernières paroles de la chanson pour « Tibet, Tibet, Tibet, Raise your flag! Higher! Higher! »

Franchement, il n’y a pas de mots. Ça me fait bouillir le sang d’admiration. Même si elle a mis la Chine entière en colère, et qu’elle risque de ne plus pouvoir y retourner.

Je vous incite donc à lire cet article sur le sujet, ainsi qu’à visionner ce vidéo démontrant le coup de courage de Björk :

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mar 05 2008

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Accent Québécois vs. Accent Parisien

Catégorisé sous Fait Français, Histoire, Littérature

D’où vient l’accent des Québécois? Et celui des Parisiens?La Presse a récemment publié un article à propos du livre D’où vient l’accent des Québécois ? Et celui des Parisiens ? écrit par phonéticien retraité de l’Université Laval Jean-Denis Gendron. Mes acolytes Renart L’éveillé et La Fêlée Frustrée ont également cru bon en faire mention dans des billets hier.

Le livre explique comment la langue parlée à Paris et au Canada Français, qui était la même au début de la colonisation, a évolué dans deux directions différentes. En fait, c’est surtout à partir de la Révolution que la langue parlé à Paris aurait prit un élan démesuré, laissant le français parlé au Canada dans l’oubli.

Du coup, le français parlé au Canada était devenu inadéquat. Après quelques décennies seulement, on le disait ingrat, inapproprié et campagnard, alors que c’était la même langue qui était parlée par les Parisiens quelques années avant.

Pour nous montrer combien la Révolution a eu un impact dans la manière dont notre français était perçu, l’article présentait un tableau plus ou moins lisible. Je prends donc sur moi d’en retranscrire ici le contenu. (Remarquez comment les mots étaient écrits, j’ai toujours adoré cela.)

Avant la Révolution

1651 - Simon Denys, membre du Conseil souverain

Les moeurs sont polies, la langue française y est parlée avec élégance.

1702 - Bacqueville de la Potherie, historien

On parle ici parfaitement bien, sans mauvais accent. Quoi qu’il y ait un mélange de presque toutes les Provinces de France, on ne sauroit distinguer le parler d’aucune dans les Canadiennes.

1736 - Pierre Joseph Thoulier d’Olivet, jésuite, grammairien

On peut envoyer un Opéra en Canada, et il sera chanté à Québec, note pour note, sur le même ton qu’à Paris; mais on ne sauroit envoyer une phrase de conversation à Montpellier ou Bordeaux, et faire qu’elle y soit prononcée, syllabe pour syllabe comme à la cour.

1749 - Pehr Kalm, naturaliste suédois

Tous, ici, tiennent pour assuré que les gens du commun parlent ordinairement au Canada un français plus pur qu’en n’importe quelle province de France et qu’ils peuvent même, à coup sûr, rivaliser avec Paris. Ce sont les Français nés à Paris, eux-mêmes, qui ont été obligés de le reconnaitre.

Après la Révolution

1810 - John Lambert, auteur et aquarelliste

Au lieu de prêt, ils disent parré — sans compter d’autres mots obsolètes qui m’échappent en ce moment. Une autre habitude corrompue très répandue chez eux est de prononcer la dernière lettre des mots (… peut-être avec raison) des 50 ans de contacts qu’ils ont eus avec les colons britanniques; si ce n’est pas le cas, alors ils n’ont jamais mérité leur réputation de parler un français pur.

1829 - Théodore Pavie, écrivain français

Ils parlent un vieux français peu élégant; leur prononciation épaisse dénuée d’accentuation [c’est-à-dire de variation tonale] ne ressemble pas mal à celle des Bas-Normands.

1831 - Alexis de Toqueville, écrivain et philosophe français

Les avocats que je vis là […] manquent particulièrement de distinction, parlent français avec l’accent normand des classes moyennes.

1884 - A.-M. Elliot, linguiste américain

[Il y a dans le parler canadien] une monotonie tranquille qui frappe immédiatement le visiteur comme l’un de ses traits principaux. Il n’a pas le rythme, l’inépuisable variété et la cadence riche de la langue gauloise telle qu’elle est parlée dans la France d’aujourd’hui.

L’histoire étant ce qu’elle est, pleine de variations et d’adaptation, je ne pense pas que l’on doive s’offusquer de tout cela. Mais je reste convaincu que notre français d’alors était bien supérieur à celui de maintenant. Pas que je sois nostalgique, mais j’ai encore du mal à comprendre que nous soyons le seul peuple francophone à devoir encore sous-titrer ses films au cinéma pour le reste de la francophonie…

Je vais sans aucun doute me procurer ce bouquin. Pour ceux d’entre vous qui seraient également intéressés, vous pouvez vous le procurer entre autres chez Archambault et sur le site des Presses de l’Université Laval. Je ne l’ai pas trouvé ailleurs, du moins après 2 petites minutes de recherche. ;)

Sur ce, je vous laisse avec une petite entrevue avec l’auteur du livre dont il est question ici. Bonne entrevue!

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