Archive pour "Humour"

Éloge du soda mousse

Peu de gens sur la blogosphère ont daigné consacrer quelques minutes pour parler du soda mousse, ce qui est non seulement inacceptable, mais également fort décevant.

Car qui peut dire qu’il a déjà eu sa vie gâchée par le soda mousse? Personne! Ça n’en a peut-être pas l’air, mais par la phrase précédente, je viens de prouver que le soda mousse est l’icône le plus rassembleur de tous les temps.

Il vous faut d’autres arguments? Soit.

Le soda mousse, communément appelé « cream soda » en anglais et « crème soda » au Québec, aurait très bien pu être la boisson des Dieux, si ceux-ci avaient daigné exister. Car le soda-mousse est incolore, et il goûte les nuages.

Mais la puissance et la sainteté du soda mousse ne résident pas dans son goût, mais bien dans sa capacité d’adaptation.

Le soda mousse, comme toute bonne boisson désaltérente, peut se boire seul. Cependant, vous remarquerez qu’il forme un duo à toute épreuve avec les croustilles BBQ sans marque (oui oui, celles dans un sac transparent).

Le duo soda mousse + croustilles BBQ :

  • c’est indispensable lors d’une fête d’enfant, spécialement s’il y a des sandwiches avec pas de croutes
  • apprété dans le bon ordre, c’est un petit déjeûner complet
  • subtilement offert à votre patron, c’est une augmentation de salaire garantie
  • utilisé dans un bar, c’est un passeport pour une nuit d’amour indescriptible
  • fidèles, ils vous accompagneront jusque dans la mort, lors du petit goûter après votre service funèbre

Remarquez que si vous échangez les croustilles BBQ par des croustilles au ketchup, l’effet est le même. Encore une preuve que c’est le soda mousse qui fait tout le travail!

Mais le summum du soda mousse, c’est de l’avoir en dessert.

Lorsqu’il fait chaud, et que vous avez envie de sirroter un délicieur Mister Freeze, prenez celui de couleur blanche. Car, que goutte-t-il, le Mister Freeze blanc? Hé oui! Le soda mousse! Mais il n’y aura rien pour battre cette recette qui fut passée d’une génération à l’autre dans ma famille. La recette que mon père me faisait quand j’étais petit. C’est le pignon même du délice, le sommet gastronomique du dessert paradisiaque.

La recette est tellement simple : un grand verre de soda mousse, dans laquelle on plonge une boule de crème glacée à la vanille. On mélange un peu avec une cuillère, et on ingurgite.

Vous essaierez de faire ça, vous, avec une boisson gazeuse brune!!

C.Q.F.D.

Question vélocipède

Je pense qu’on peut dire que c’est le printemps. Il fait des 10-12 degrés, il n’y a presque plus de neige. Hier, j’ai même roulé avec la fenêtre de ma voiture ouverte.

Et il y a des vélos. Ils sortent de leur hibernation. Quand on roule en voiture, il faut dorénavant faire attention aux vélos, même si les pistes cyclables ne sont pas encore ouvertes.

C’est en parlant de vélo qu’il m’est venu une question. Je la qualifierais de fondamentale, mais c’est un peu cliché, alors, je dirai qu’elle est vitale et essentielle :

Question vitale et essentielle : Qui a décidé que les vélos de gars ont une barre horizontale et que les vélos de filles n’en ont pas?

Mon premier réflexe serait d’affirmer qu’il s’agit visiblement de quelqu’un qui désirait profondément que tous les gars qui manquent un coup de pédale se séparent/explosent les testicules sur cet afriolant axe métallique.

Encore, peut-être était-ce une question de moeurs, et qu’à l’invention du vélo, on avait pas vraiment envie de voir les jeunes femmes se faire aller la jupe en voulant grimper sur l’engin. Bref, c’était peut-être plus prudent de leur laisser un espace pour enfourcher la bicyclette sans faire d’acrobaties.

Bref, peu importe l’origine de cette détestable anomalie structurelle, je me souviens avoir chèrement payé cette incompréhensible différence alors que j’étais petit.

Car je me souviens très bien de mon premier vélo bien à moi.

J’avais un tricycle, mais il était tout petit pour moi maintenant. Mon paternel m’avait donc emmené dans un quelconque magasin-de-pneus-où-ils-vendent-plein-de-trucs et on a choisi un joli vélo bleu. Il avait des petites roulettes, car je ne savais pas encore naviguer sur cet appareil. Mon père alla acheter quelques autres trucs, de la peinture, des pneus, des morceaux de plastique que je ne connaissais pas.

Après une journée de travail, le petit vélo bleu était maintenant peint en orange. Orange avec un siège et des poignées bleues, des pneus bleus. À l’avant du guidon, il y avait un protège-je-ne-sais-quoi bleu écrit 01 dessus. J’avais même un bouton près de la poignée, connecté à une petite sirène qui faisait divers bruits électroniques quand j’appuyais dessus.

Mon père m’avait fait un vélo à l’effigie de la voiture des Dukes of Hazzard! Les vieux de la vieille comme moi se rappelleront cette série ridicule dont le nom français était « Shérif, fais-moi peur ». Ça allait être le vélo le plus cool de la rue. J’allais faire des jaloux. J’étais clairement supérieur à tous ces voisins qui avaient des Big Wheels (et moi non!)

Oui oui, mon vélo ressemblait à ceci

Après avoir appris à rouler sur 2 roues (si on ne compte pas les roulettes d’apprentis), je me suis dépêché d’aller voir « la gang ». Ça c’était des garçons épars que je ne connaissais pas tous mais qui se tenaient au coin de la rue, et faisaient du vélo dans la rue.

J’arrive fièrement avec mon beau vélo neuf custom. Je bombe le torse. Et je dis « Regardez mon bicycle! »

Je m’attendais peut-être à me faire rire de moi à cause des roulettes d’apprenti, peut-être. Ou encore, de causer l’hilarité générale à cause que mon père m’avait obligé à porter un casque de hockey noir qui contrastait un peu avec la couleur du vélo. Mais ce n’était pas important, j’avais le vélo le plus hot de la rue.

Et là, un « grand » que je ne connaissais pas regarde mon vélo, donne un petit coup de pied sur le pneu avant et dit « Pourquoi t’as un bicycle de fille?« .

Je ne me rappelle pas ma réaction immédiate. J’ai du faire des gros yeux. J’aurais aimé brandir le poing en disant « Mon vélo est plus beau que le tiens, ordure de béotien ». Mais ça ressemblait probablement plus à « Heu, c’est tout ce qu’il restait au magasin. »

Je maintiens que c’était quand même le plus beau bicycle de la rue.

Dukes of Hazzard… quand même!

Belle et bof

J’aime bien regarder Télé Québec. J’aime les émissions comme La Joute, Légitime Dépense, Kilomètre Zéro et parfois même Bazzo.TV et le Code Chastenay.

Le fait de regarder cette chaîne quelques fois par semaine me donne l’occasion de tomber souvent sur les publicités de l’émission Belle et Bum. Après en avoir vue une bonne trentaine, un petit scénario a germé dans mon cervelet, et je me fais plaisir en vous le racontant sur ce blogue.

———–

Un petit homme chétif en complet entre dans l’immeuble. Veston, cravate, café, porte-document à l’épaule. Il tremble.

Il termine son café d’une gorgée et jette le contenant en carton dans la poubelle. Il sort un papier de sa poche, il a complètement oublié où il devait aller. 3ème étage.

Il sourit timidement à un concierge dans l’ascenseur. Il sort, et cogne à la porte du bureau 3-A20. Une femme lui répond et lui dit « Justement, on vous attendait ».

On l’emmene dans une salle de conférence. Autour de la table, 7 personnes, 7 stylos, 7 bloc-notes. On le salue tout bas. Le personnage au bout de la table, il le reconnaît. Il le voit toujours à la télévision, il l’entend tous les jours à la radio.

L’invité se racle la gorge. Il ouvre son porte document et sort une tablette à dessiner et un crayon à mine. Il esquisse deux silhouettes plutôt abstraites. L’une petite à gauche, semblant tenir un instrument de musique quelconque. L’une plus grande et plus élancée à droite, tenant un micro.

Il tient sa tablette de papier à la verticale et commence.

« Alors voilà. J’ai passé les deux derniers mois à consulter les plus imminents experts en la matière. J’ai dépensé sans compter. Je crois que vous serez satisfaits… » dit-il, sa voix chevrottante laissant transparaitre un grand doute.

Il prend un stylo et pointe la silhouette de droite et dit « La coanimatrice énumère la liste des invités. Elle a un grand sourire, elle semble emballée, et on voit qu’elle a hâte… ».

Il pointe ensuite la petite silhouette à l’instrument. « Quand la coanimatrice a terminé d’énumérer les invités de la semaine, l’animateur tape sur son tam-tam, et chante une chanson bien connue. Il prend soin de s’assurer qu’il fausse, que la chanson est complètement dénaturée. J’ai choisi cette attitude en fonction du manque naturel de sérieux de l’animateur ».

Une dame assise à la table demande où il veut en venir avec ce concept.

« Je veux montrer que le ridicule ne tue pas. Que le personnage est attachant bien qu’hyperactif. Que l’émission, bien que l’animateur tape sur les nerfs, peut accueillir de bons invités ».

Au fond de la pièce, l’homme à l’air sérieux qui était assis au bout de la table tape du poing sur celle-ci. Il se lève, traverse tranquillement la pièce en jetant un regard noir vers l’invité. Ce dernier tremble, et semble rapetisser à mesure qu’on s’approche de lui.

Le personnage connu, au teint foncé, aux cheveux bouclés, lui tend la main, et lui dit d’une voix nasillarde « Ça marche. On le fait! ».

———–

Non mais ils ont tu vraiment fait un brainwash de plus de deux minutes pour en venir à l’idée que le meilleur concept de pub serait que Geneviève Borne énumère les invités, pis après Normand Brathwaite chante en mongole en jouant n’importe quoi sur un instrument quelconque?

Le poulet à l’arsenic…

Le poulet à l'arsenicJe viens tout juste de faire un constatation des plus inquiétantes.

Vous savez, le fameux « gingle » des rôtisseries Saint-Hubert…

Dring dring dring, que désirez-vous? Pout pout pout Saint-Hubert BBQ!

Je viens de me rendre compte que la finale, « Pour pour pour Saint-Hubert BBQ! » est très exactement chantée sur le même air que la petite passe « Et un peu de vitriol » dans la chanson « Le pouding à l’arsenic » du dessin animé Astérix et Cléopâtre.

Je m’en suis rendu compte simplement parce que j’avais cette chanson dans la tête, et c’est sorti tout seul.

« Décorez de fruits confits, moisis dans du vert de gris, tant que votre pâte est molle…. pout pout pout St-Hubert BBQ! »

Brrrrr…

Noël est l’apothéose de notre insignifiance

Anti NoëlAu moment d’écrire ce billet, nous sommes le 3 février 2009. J’ai planifié ce coup des mois et des mois à l’avance, et si vous lisez ceci, c’est que ça a fonctionné. Et avec un peu de chance, je ne m’en rappelais plus du tout :)

Voilà, comme nous sommes Noël, j’ai cru bon de mettre une petite chanson du temps des fêtes signée le très subtil Mononc’ Serge. Ça vous choquera peut-être (ou pas), mais les plusieurs messages en tant que tels me plaisent bien

Joyeux Noël !

Image de prévisualisation YouTube

Noël est un jour comme les autres

La messe de minuit
Ostie que c’est dull
Le vieux pédophile en soutane est heureux
De voir autant d’enfants dans’ maison de Dieu

La chorale des grosses matantes
Chante des cantiques de cave
Les bonhommes cochons checkent le cul
Des p’tites plottes de 16 ans pis y bavent

Les flos s’impatientent, y’en ont rien à crisser
Pensent rien qu’aux cadeaux, pourris gâtés!
Criss de p’tits mongoles à marde
Me semble qu’ya des volées qui s’pardent

Tantôt en rentrant à maison
J’irais ben dormir dans mes draps
Mais non, y’a l’ostie de réveillon
Faut manger des tabarnak d’atocas!

Mais calme toé, que j’me dis
On est mieux que bien d’autres
Pense que Noël est un jour comme les autres
Pour le p’tit nèg’ qui a faim!

Le p’tit nèg’, y crois pas en Jésus le p’tit nèg’
Y reste en Afrique, y’a faim pis y’est maigre!

Encore 4 cadeaux qu’y faut que j’achète
C’est plein de monde partout, ça capote ben raide
Y me reste rien qu’une heure
M’as peter au frette!

Partout les speakers crachent
Bruno Pelletier qui chante Noël
Claude Dubois, Sylvain Cossette
Mario Pelchat ou Marie Michel

Criss que j’les slugrais toute la gang
Je sortirais mon slingshot et VLANG
Les bosses sur leur crâne seraient plus belles
Que toutes ces saint-ciboire de boules de Noël

Mais j’reste là planté entre deux bacaisses
J’fais la file comme eux autres pour passer à’ caisse
Que c’est que j’fais là, tout ça est grotesque
Criss que j’frais une ligne de mesc!

Mais les nerfs, r’viens sua terre
C’est pas plus grave que ça
Pense que Noël est un jour comme les autres
Pour le p’tit nèg’ qui a l’sida

Le lendemain de Noël
Tout le monde capote
Dehors les crétins retournent d’ins magasins
Encore des aubaines à ne pas manquer

Moi j’reste à maison
Chus sur le lendemain d’brosse
J’pense à fille du IGA, j’sors ma graine
Pis j’me crosse

Pendant ces quelques secondes au moins
On dirait que j’ai moins mal à tête
Et que l’tabarnak de temps des fêtes
Est enfin rendu loin

Le gros vieillard barbu rouge tomate
Les partys d’famille super plates
Les matantes qui s’forcent pour finir leur assiète
Pis après les fêtes se mettent à diète

R’garde un peu autour de toi
Les fêtes sont atroces
Tout l’monde s’force pour être souriant
Mais on s’fait chier à l’os

Et c’est Noël pour nous autres
C’est l’apothéose de notre insignifiance
Console-toi en pensant qu’pour le nèg’ en Afrique
C’est un autre jour d’indigence

Le p’tit nèg’
Y meurt
On s’en tabarnak
On est plein d’cadeaux!