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Les Sept Jours du Talion de Patrick Sénécal

Les 7 Jours du Talion de SénécalCes derniers temps, je suis dans une rage inexplicable de Patrick Sénécal. Après avoir comparé l’émission Le Banquier au freak-show réalité qu’on retrouve dans le roman Le Vide, je n’ai pas pu m’empêcher de lire ce dernier. Ensuite, nous avons acheté Le Passager, et je suis en ce moment en train de lire Les Sept Jours du Talion. Oniria, qui m’a presque fait cauchemarder, sera sans doute le suivant. J’ai lu tous les autres sauf Sur le Seuil, mais je les avais simplement empruntés : je vais donc les acheter. Ceci étant dit…

Résumé du roman

Les Sept Jours du Talion raconte l’histoire de Bruno Hamel, un chirurgien de Drummondville dont la jeune fille a été violée et tuée. Ça commence rude. Pleurs et désespoir chez Hamel et sa conjointe. Après quelques jours, ils reçoivent un appel : l’assassin a été retrouvé et a avoué sa culpabilité. À ce moment, Hamel devient sombre, et un plan inimaginable se forge un chemin dans son esprit. Après avoir tout planifié, il enlève l’assassin et se cache au fin fond d’un chalet dans un endroit inconnu. Il avertit sa femme et la police : Il torturera son monstre d’assassin pendant 7 jours, pour ensuite l’achever et se rendre aux autorités.

L’enquête, menée par le sergent-détective Mercure, se trouve perturbée par des manifestants partout à travers la province. Des masses de gens appuient le geste de Hamel, l’encourageant à en finir une fois pour toute avec ce meurtrier violeur. Ce chien. Ce monstre.

Critique personnelle

Ce que j’aime le plus dans ce roman c’est qu’il met à l’avant-plan un débat de société certain, soit la légitimité de la loi du talion dans le système judiciaire.

La loi du talion

Définition : «Pénalité qui consiste à infliger au coupable le traitement même qu’il a fait subir ou voulu faire subir à sa victime.»

Source : Wiktionary

Bref, doit-on être aussi sévère avec un parent qui se fait justice soi-même qu’on l’aurait été avec un meurtrier et/ou violeur d’enfant? Il n’y aura pas de réponse à cette question ici. Simplement, je crois que la question mérite d’être débattue. Et j’ose espérer qu’elle le sera. Sinon, le roman est fortement suggestif en ce qui a trait à des images horrifiantes, où le sang et la chair sont rois. Moi, j’y suis habitué, et je considère ces moments comme les meilleurs dans les livres de Sénécal. À vous de vous assurer que vous vous connaissez assez pour lire ce roman jusqu’au bout!

Les Sept Jours du Talion au cinéma

D’après un récent article, il semble que les négociations soient en cours pour transporter l’histoire du roman au grand écran. Cependant, étant donné le sujet délicat, l’auteur a du présenter pas moins de 5 scénarios qui se faisaient refuser l’un après l’autre. Si le projet est finalement accepté, des acteurs ont déjà été pressentis pour deux des rôles principaux, soit Claude Legault dans le rôle de Bruno Hamel, et Rémy Girard dans le rôle du sergent-détective Hervé Mercure. Le rôle du prisonnier n’a toujours pas été distribué, mais personnellement, je me plais à l’imaginer avec la gueule de Réal Bossé, en espérant que celui-ci ne le prenne pas personnel! Je crois qu’il serait excellent dans ce rôle.

Sénécal indique également que si le dernier scénario n’est pas accepté, il est fort possible que le projet tombe à l’eau, car le film n’est quand même pas pour devenir une comédie musicale. En effet, les scènes d’horreur et de mutilation sont très présentes dans le roman, et j’ose à peine imaginer comment on pourrait représenter cela au cinéma. L’avantage d’écrire, c’est qu’on fait constamment appel à l’imagination du lecteur… c’est plus difficile dans un film.

En espérant que vous aimerez..

Le Passager de Patrick Sénécal

Comme il m’arrive souvent, je suis un peu à cours d’idées. Mais comme je désire écrire au moins un billet par jour (ouvrable), il faudra bien que je trouve des sujets de réserve. C’est pourquoi, inspiré par Y-Man, j’ai décidé de faire un petit résumé du dernier roman à m’avoir occupé l’esprit.

Le Passager, roman de Patrick SénécalIntitulé «Le Passager», ce roman fantastique/horreur a été écrit par l’auteur québécois Patrick Sénécal. L’histoire raconte la toute nouvelle vie d’Étienne, un jeune adulte habitant Montréal qui, après avoir été quitté par sa conjointe, se trouve un travail comme professeur au Cégep de Drummondville. Souffrant d’amnésie, Étienne ne se rappelle aucun événement ayant eu lieu avant ses 9 ans : son père l’aurait accidentellement assommé avec la portière de la voiture.

Lors d’un de ses premiers voyages vers Drummondville, il embarque un homme qui faisait de l’auto-stop sur l’autoroute 20, et ils s’entendent tellement bien qu’ils décident de renouveler l’expérience à l’avenir. Après quelques unes de ces rencontres, les deux hommes comprennent qu’ils étaient amis alors qu’ils étaient tout jeunes, avant qu’Étienne ne perde la mémoire.

Peu à peu, le passager ramène à l’esprit d’Étienne des souvenirs tordus, et commence à avoir un comportement étrange, laissant croire que la perte de mémoire de son chauffeur ne serait pas due à un accident, mais à des événements que seul l’imaginaire de Patrick Sénécal a pu engendrer.

Le roman est un peu court, mais se lit très bien. La suite des événements ne nous surprend pas tellement, sauf peut-être à la fin, mais le suspense est là. Le mystère plane dès le début et, à chaque intervalle de quelques pages, on va un peu plus loin dans la découverte des horribles souvenirs d’Étienne. La fin est, comme toujours, très originale et inattendue, même si cette avenue a déjà été un peu explorée par quelques autres films et livres. Court et bon, ça en vaut le détour. Comme tous les romans de Patrick Sénécal, il s’agit d’un incontournable.

Le Banquier, précurseur du Vide de Patrick Sénécal

Un billet plus récent a été publié à ce sujet » Le Banquier : Freakshow ou émission suintant de justice sociale?

L’année dernière, j’ai dévoré le roman Le Vide de Patrick Sénécal. L’une des lignes directrices de ce roman raconte l’histoire d’un riche producteur, Maxime Lavoie, qui crée l’émission de télé réalité la plus exagérée qui soit appelée Vivre au Max, afin d’amasser le nombre le plus important de téléspectateurs.

L’idée derrière l’émission était de réaliser les rêves et fantasmes de quelques invités, des gens bien ordinaires.

Certaines voulaient casser la gueule de leur patron en direct à la télé, d’autres sauter dans une piscine remplie de cafards, ou encore se battre à main nues avec une femme, ou pouvoir chanter avec son groupe préféré. Tout cela devant une foule en délire, le cerveau complètement lavé, qui en redemande sans cesse.

Le but ultime de la chose : Après plusieurs saisons de Vivre au Max, organiser un ménage de société en massacrant éliminant le plus de téléspectateurs possible en direct au studio, et dans leurs maisons (grâce à des fidèles suicidaires précédemment recrutés et dispersés dans la province).

Voici où je veux en venir. Il n’est pas rare de regarder TVA et de tomber sur une publicité du Banquier. Moi qui aimait bien la version originale anglaise, qui est, disons-le, un peu plus sobre, j’anticipais un peu la version québécoise. Il m’est arrivé de regarder l’une des toutes premières émissions, mais sans plus.

Cependant, je me rappelle très bien, aux nouvelles TVA qui suivaient la première émission, d’avoir vu un topo en PRIMEUR qui montrait que « la madame Noire au Banquier s’était fait remarqué parce qu’elle criait comme une hystérique ». Je ne parlerai pas de convergence ici, mais avouez que c’est un peu prendre le monde pour des imbéciles.

Pas plus tard qu’hier, rien de bon à la télé. « Et Dieu Créa Laflaque » s’enligne pour me faire bailler d’ennui… je zap d’une chaine à l’autre… Une fois à TVA, je vois Julie Snyder qui présente un hurluberlu habillé en Elvis qui saute partout. Allons donc… c’est une blague? Je n’ai pu endurer ça que 20 minutes… 20 minutes de ma vie pendant lesquelles je n’ai pas réussi à me respecter…

Le « freak show réalité » que présentait l’auteur Patrick Sénécal devient de plus en plus réel, avec le Banquier. Contrairement à l’émission américaine (on son penchant anglo-canadien), ils n’y a qu’un participant par émission, alors que dans l’originale, si un participant perd (ou gagne) avant la fin de l’émission, le suivant arrive immédiatement, quitte à continuer l’émission suivante.

Souriez, Pierre-Karl Péladeau vous bénit!Mais surtout, il y a eu une ascension fulgurante au niveau de l’absurde dans Le Banquier, à un point tel que je suis convaincu qu’une personne normale, sans excès, n’a aucune chance de participer au Banquier version Québécor. Et je n’ai pas besoin de regarder l’émission, rien que les publicités! Un clown par ci, un nudiste par là, un schizo qui se prend pour Elvis… un ou deux transsexuels aussi?

Aussi, la seule émission que j’ai regardée était celle de la femme d’un pauvre gars qui voulait s’acheter une « pipine » (un excavateur, pour les francisés) depuis tellement longtemps, et la femme a finalement gagné 20$. À la fin de l’émission, Julie Snyder leur dit « Vous ne partirez pas les mains vides. Les gens de la compagnie [insérez le nom d'un vendeur d'excavateurs ici] ont regardé l’émission et vous offrent cette pipine gratuitement! ». L’émission étant pré-enregistrée et diffusée en différé, on aurait pu comprendre si elle avait dit « Regardez, on a léché les bottes d’un commanditaire… ». Mais non, elle devait dire « Un commanditaire a regardé l’émission ». Mais bon, rien de nouveau ici…

Enfin bref, comme disent les Zapartistes, si la richesse n’est pas bien distribuée, la connerie, elle, l’est à merveille. Est-ce un hasard si, en lisant Le Vide, j’ai toujours imaginé que l’antenne qui diffusait cette émission Vivre au Max était TVA? Ai-je aussi imaginé les zombies dans le studio du Banquier, qui criaient, sautaient et applaudissaient aux simagrées de ce guignole qui n’aurais jamais pu faire l’émission s’il n’avais pas eu cette légère déficience mentale qui le faisait se prendre pour Elvis?

Qu’attends-tu, Max?

Max agira sur les grands écrans du Québec, on ne sait quand… la date reste toujours à déterminer.

Accent Québécois vs. Accent Parisien

D’où vient l’accent des Québécois? Et celui des Parisiens?La Presse a récemment publié un article à propos du livre D’où vient l’accent des Québécois ? Et celui des Parisiens ? écrit par phonéticien retraité de l’Université Laval Jean-Denis Gendron. Mes acolytes Renart L’éveillé et La Fêlée Frustrée ont également cru bon en faire mention dans des billets hier.

Le livre explique comment la langue parlée à Paris et au Canada Français, qui était la même au début de la colonisation, a évolué dans deux directions différentes. En fait, c’est surtout à partir de la Révolution que la langue parlé à Paris aurait prit un élan démesuré, laissant le français parlé au Canada dans l’oubli.

Du coup, le français parlé au Canada était devenu inadéquat. Après quelques décennies seulement, on le disait ingrat, inapproprié et campagnard, alors que c’était la même langue qui était parlée par les Parisiens quelques années avant.

Pour nous montrer combien la Révolution a eu un impact dans la manière dont notre français était perçu, l’article présentait un tableau plus ou moins lisible. Je prends donc sur moi d’en retranscrire ici le contenu. (Remarquez comment les mots étaient écrits, j’ai toujours adoré cela.)

Avant la Révolution

1651 – Simon Denys, membre du Conseil souverain

Les moeurs sont polies, la langue française y est parlée avec élégance.

1702 – Bacqueville de la Potherie, historien

On parle ici parfaitement bien, sans mauvais accent. Quoi qu’il y ait un mélange de presque toutes les Provinces de France, on ne sauroit distinguer le parler d’aucune dans les Canadiennes.

1736 – Pierre Joseph Thoulier d’Olivet, jésuite, grammairien

On peut envoyer un Opéra en Canada, et il sera chanté à Québec, note pour note, sur le même ton qu’à Paris; mais on ne sauroit envoyer une phrase de conversation à Montpellier ou Bordeaux, et faire qu’elle y soit prononcée, syllabe pour syllabe comme à la cour.

1749 – Pehr Kalm, naturaliste suédois

Tous, ici, tiennent pour assuré que les gens du commun parlent ordinairement au Canada un français plus pur qu’en n’importe quelle province de France et qu’ils peuvent même, à coup sûr, rivaliser avec Paris. Ce sont les Français nés à Paris, eux-mêmes, qui ont été obligés de le reconnaitre.

Après la Révolution

1810 – John Lambert, auteur et aquarelliste

Au lieu de prêt, ils disent parré — sans compter d’autres mots obsolètes qui m’échappent en ce moment. Une autre habitude corrompue très répandue chez eux est de prononcer la dernière lettre des mots (… peut-être avec raison) des 50 ans de contacts qu’ils ont eus avec les colons britanniques; si ce n’est pas le cas, alors ils n’ont jamais mérité leur réputation de parler un français pur.

1829 – Théodore Pavie, écrivain français

Ils parlent un vieux français peu élégant; leur prononciation épaisse dénuée d’accentuation [c'est-à-dire de variation tonale] ne ressemble pas mal à celle des Bas-Normands.

1831 – Alexis de Toqueville, écrivain et philosophe français

Les avocats que je vis là [...] manquent particulièrement de distinction, parlent français avec l’accent normand des classes moyennes.

1884 – A.-M. Elliot, linguiste américain

[Il y a dans le parler canadien] une monotonie tranquille qui frappe immédiatement le visiteur comme l’un de ses traits principaux. Il n’a pas le rythme, l’inépuisable variété et la cadence riche de la langue gauloise telle qu’elle est parlée dans la France d’aujourd’hui.

L’histoire étant ce qu’elle est, pleine de variations et d’adaptation, je ne pense pas que l’on doive s’offusquer de tout cela. Mais je reste convaincu que notre français d’alors était bien supérieur à celui de maintenant. Pas que je sois nostalgique, mais j’ai encore du mal à comprendre que nous soyons le seul peuple francophone à devoir encore sous-titrer ses films au cinéma pour le reste de la francophonie…

Je vais sans aucun doute me procurer ce bouquin. Pour ceux d’entre vous qui seraient également intéressés, vous pouvez vous le procurer entre autres chez Archambault et sur le site des Presses de l’Université Laval. Je ne l’ai pas trouvé ailleurs, du moins après 2 petites minutes de recherche. ;)

Sur ce, je vous laisse avec une petite entrevue avec l’auteur du livre dont il est question ici. Bonne entrevue!

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