Il y a quelques semaines, au rassemblement du Mouvement Montréal Français, Emmanuel Bilodeau nous a récité un texte d’une chanson de Loco Locass qui n’était pas encore terminé. Ce texte était de toute beauté et je me souviens que ça m’avait vraiment fait vibrer.
J’ai découvert aujourd’hui que la chanson était terminée, et qu’ils l’avaient chantée pour la Saint-Jean Baptiste. C’est un poème qui se transforme en chanson.
En l’écoutant, j’ai eu des frissons vraiment intenses. La fibre indépendantiste est toujours très vivante.
Les paroles suivent le vidéo:
Les géants
Nous sommes issus d’un sol immense
Qui nous a tissé, métissé
Rebuts de brins de laine tressés très serrés
Sans couture au sein d’une ceinture fléchée
Comme quelque queue clinquante de comète effilochée
Et si l’on suit le fil de notre texte
Il mène à la sortie du labyrinthe de pan
Qui nous éreinte depuis qu’ils ont mis nos torts dedans
Ils ont conquis notre territoire
Pillé notre histoire et volé notre mémoire
Avec leurs thèses de fous ils ont dit “taisez-vous”
Vous ne valez pas dix sous, vous n’êtes pas vous
Vous êtes nous, vous êtes dissous
Notre substrat vous subsume
Mais la comparaison vous consume
Faux! Nous venons d’avant
Nous sommes antérieurs, nous sommes des créateurs
Pas des créatures, pas des caricatures
Notre maison n’a pas de cloison mais quatre saisons
Acclimatés au climat et faisant fi du frimas
Nous avons parcouru par ses artères tout un continent titan
Notre espèce aspire à l’espace et son empreinte est partout
Tapie dans la toponymie, gravée dans le granit
Égrainée sur la grêve, arcboutée dans les arches
De nos dingues digues dignes de la muraille de Chine
Dans les champs essouchés sous la lune
Et les racines d’un hêtre qui ne peut plus plier
C’est une histoire riche qui n’est sur aucune affiche
Et qu’on a laissée en friche
Dans nos caboches, ce n’est que roches et fardoches
Cosmogonie à l’agonie
Dans le tome fantôme du grimoire d’une mémoire moisie
Sur nos épaules on porte pourtant le pack-sac d’un passé épatant
Mais allons-nous mourir en nains quand nous sommes nés géants?
Sitôt venus au Nouveau Monde
On a dompté les hivers et fabriqué de la terre
On avait la tête à la fête et le coeur au labeur
Opiniâtres, on n’a jamais laissé mourir le feu dans l’âtre
Car nous avons la tête à Papineau
La longue langue agile de Da Costa
Le coeur-corsaire de d’Iberville
Qui envoie en nos veines
Le pur-sang mêlé-mêlé de Riel et des Premières Nations
Nous avons l’aviron de Radisson, la vigueur de la Vérendrye
Les jarrets de Jolliet et tous les talents de l’intendant Talon
En somme, nous sommes des surhommes uniques
Générés par le génie génétique de l’Europe et de l’Amérique
Inéluctablement, nous voguons vers le néant
Mais allons-nous mourir en nains quand nous sommes nés géants?
Opaque, il faut qu’enfin notre épopée éclate
C’est sans équivoque, cette Histoire est pleine et craque
Loco Locass la provoque de son verbe épique: les eaux sont crevées
Et tombent en trombes et forment une flaque, que dis-je, une flaque
C’est comme un lac à nos pieds
Le col se dilate
Le sol s’écarquille
Pour laisser monter un corps en forme d’ogive
C’est le chaos qui «paaaaaasse» dans le chas d’une aiguille
C’est un cri qu’on pousse, un coeur qui pulse
Celui d’un peuple qu’on accueille ou qui frappe un écueil
Dans l’oeil du cyclone, chaque seconde en vaut quatre
Nous rapproche d’un miracle
C’est un spectacle sans entracte
Mais gare à l’arrêt cardiaque
Entre la mort et la vie
L’arrivée d’un homme comme lors d’un référendum
Un peuple oscille entre le rien et tout ce qui brille
Je pose des mots garrots gare au flot hémorragique
Ô ma rage gicle par tous les pores de mon coeur spongieux
Sur ce son long jeu conjure ma mortelle nature
Et nous disons que la parole est une sage-femme
Qui tire des limbes un monde à naître
Fort de cette maïeutique aux forceps
Le poète nomme enfin celui dont il voit poindre la tête:
QUÉBEC!
C’était en fin de semaine qu’avait lieu la première édition du festival Heavy MTL, qui accueillait une vingtaine de groupes métal d’un peu partout. Pour 150$, vous aviez droit à deux jours de métal avec des groupes tels que Overkill, Three Inches of Blood, Type O Negative, Dethklok, Voivod, Anthrax, Mötley Crüe et Iron Maiden. Une foule d’environ 36 000 personnes s’est présentée en 2 jours, soit beaucoup plus que les deux premières éditions d’Osheaga (Aussi présenté par Gilette Entertainment Group). Autre belle preuve de la popularité du métal.
Je ne m’attarderai pas à faire la revue de tous les groupes qui étaient présents. J’en ai manqué beaucoup. Je commence à me faire vieux et je n’ai plus la patience et la forme pour être dans un festival 2 jours de temps au complet à boire de la bière. Nous nous sommes donc pointés les 2 soirs vers la moitié ou les 2/3 de la journée. Et comme Météomedia sont dans les choux ces temps-ci (ils annonçaient 2 jours d’orage, et on a eu du soleil), c’était très agréable.
Non, pas de critique. Je parlerai plutôt d’Iron Maiden.
Ce qui est génial avec Iron Maiden, c’est qu’on est pas obligé de les aimer pour les trouver bons. Je connais plusieurs de leurs chansons, je les trouve incroyables, mais ce n’est pas mon style de musique. Ceci dit, j’étais très heureux de les voir. Je me dois également de vous faire part d’une remarque: Ceux qui avaient des chandails de Maiden étaient soit des vieux de la vieille, ou soit des tous jeunes, de 14-15 ans, ou soit entre les deux. Tout le monde peut aimer Maiden.
Spectacle
Ils ont offert une performance énergique. Bruce Dickinson sautait partout, mais surtout, il s’adressait à nous en français. Aucun des groupes américains n’avait songé à ce tour de force, certains avaient appris par coeur à dire “Merci beaucoup” ou “Comment ça va?” pour l’occasion. Mais Dickinson nous faisait carrément la conversation. Maladroitement, évidemment, en cherchant un peu ses mots. Mais j’aurai beaucoup de difficulté à oublier des phrases telles que “Bonjour Québécois! Vous savez que nous vous aimons beaucoup ce soir!”, “Nous allons être ici pour très longtemps. Et la prochaine fois que nous reviendront, ce sera avec un nouveau (sic) album. C’est un promis! (sic)”, et d’autres phrases que j’ai oubliées grâce au houblon.
Je trouve ça charmant, vraiment charmant. Oui, je fus charmé.
Évidemment, ils viennent d’Angleterre et le français est sans doute bien enseigné et assez utilisé. Et il n’a sans doute pas appris le français dans le seul but d’impressionner lorsqu’il est à l’étranger. Mais Bruce Dickinson avait une connaissance de base du français, que nous pouvions comprendre très facilement, et il l’a utilisé comme il le pouvait pour communiquer avec ses fans d’ici. Et il n’était franchement pas obligé! Les anglos de Montréal ont du râler… Mais les autres groupes étrangers ne se sont pas donné cette peine.
C’est bien plus que ne le ferait une vieille trousse Westmontaise qui prend le thé à 15h30 chaque jour après avoir épousseté son argenterie.
À un certain moment, pendant la chanson “The Trooper”, Dickonson a brandit un Union Jack pendant quelques instants. J’ai grincé des dents un peu, mais je me suis dit qu’on en était plus à cette époque, où le drapeau britannique était le nôtre. Et d’ailleurs, il est Anglais après tout, et a bien le droit à sa propre fierté.
Donc chapeau à la Vierge de Fer. Il me fait plaisir de les écouter en anglais. Je vais m’en souvenir longtemps.
Si vous faites parti de ce petit cercle de blogueurs conscientisés dont fait partie Noisette Sociale, vous ne serez pas étonné d’apprendre que, dans mes fonctions de fiancé, je sois également impliqué de près dans la Coalition 101% Métal. Pour les non initiés, il s’agit d’une coalition visant à regrouper des groupes métal ou rock lourd francophones dans plusieurs régions du Québec afin d’organiser des tournées à l’échelle provinciale.
Dans le cadre de cette coalition, j’agis en tant que pseudo-infographiste pour lorsqu’il y a des événements à annoncer. Mon rôle consiste, bref, à créer des affiches pour les soirées de spectacle. Voici donc ma toute dernière création (cliquer pour visualiser en pleine grandeur) :
Comme la coalition supporte plusieurs mouvements prônant la défense du fait français et de la culture québécoise, quelques groupes feront un concert-bénéfice le 15 février prochain, au profit de la Fête Nationale des Patriotes et en mémoire des 12 patriotes pendus lors de la rébellion de 1837-1838. Bien que simple et épurée, j’ai pris un plaisir fou à créer cette affiche.
En espérant que vous sachiez apprécier le travail de quelqu’un qui n’a eu qu’une formation de base en design graphique