Archive pour "Solidarité"

Nous sommes un peuple à l’envers

Le Québec à l'envers

La réflexion que vous vous apprêtez à lire, ça fait un moment que je la mâchouille dans ma tête. C’est sans doute pourquoi le sujet est déjà « passé date » sur les blogues. Mais je crois néanmoins que ma réflexion, qui en est maintenant à une maturité adéquate, est encore pertinente.

Cette semaine, un proche a réagit à l’intervention de Lucien Bouchard qui a tellement fait parler. Il a dit « Dans le fond, Bouchard dit ce que la plupart des gens pensent tout bas. C’est pas le temps de commencer à se séparer. »

Sur le coup je n’ai pas réagi, mais ça a été l’élément déclencheur de la présente réflexion. Cette dernière, si je voulais la résumer en une phrase concise, serait « Nous sommes un peuple à l’envers. »

Je m’explique à travers ces différents points :

Attendre l’occasion ou créer l’occasion?

Lucien Bouchard dit « Dans l’immédiat au Québec, on a autres choses à faire que d’attendre quelque chose qui ne vient pas vite. » Et il n’est pas le seul à le penser.

Or, si une chose est parfaitement claire dans ma tête, c’est le fait que l’indépendance ne tombera pas du ciel. Seulement, j’ai une forte impression que le Québécois moyen s’attend à ce qu’un jour, l’indépendance arrivera, et qu’en attendant ce jour là, tout ce qu’on peut faire est espérer. Heureusement que le ridicule ne tue pas.

J’ai peine à croire que la plupart des pays qui ont réussi à devenir indépendants l’ont fait en se croisant les bras, et en se disant « Ce n’est pas le temps« , jusqu’à ce qu’un jour, quelqu’un décide que le temps est venu, et paf, une indépendance prête à porter.

L’indépendance, ce n’est pas seulement cocher un « oui » sur un papier un soir de semaine. Il faut créer l’occasion, créer le momentum. C’est comme au hockey : les joueurs attendent-ils que le momentum tombe du ciel pour tenter de marquer et gagner la partie, ou bien marquent-ils des buts afin de créer le momentum et gagner la partie?

Comme dans toute chose, la motivation ne vient pas avant l’action, mais avec l’action.

Attendre les conditions gagnantes

« Quelque chose qui ne vient pas vite », selon certains, évoque également ce fameux et nébuleux concept de conditions gagnantes dont on a si souvent parlé il y a 15 ans. Quelles sont-elles? Personne n’en est certain. À l’époque, je n’avais que 15 ans, mais même aujourd’hui, à l’ère de la technologie et après moult recherches, je n’ai pas réussi à dénicher une liste de cet « alignement de planètes ».

Ceci dit, il me semble que l’une d’elle avait rapport avec le déficit-zéro. Ok, mettons cela dans la liste. Une économie forte et prospère. Ensuite? On pourrait mettre « Avoir une fonction publique efficace ». Il serait également bien d’être certain que la transition se fasse sans heurt, sans qu’on s’en aperçoive, tiens. Aussi, il serait important de devenir des leaders en environnement d’abord. Et de montrer l’exemple avec un système d’éducation adéquat. Et que dire du système de santé! Il doit être fort et prêt à tenir face au vent du changement.

Ce ne sont pas des inventions, ces choses, je les ai toutes entendues. Et c’est en énumérant ces exemples qu’il me vient une envie irrésistible de nous comparer à des gens qui doivent aller chez le dentiste. Certains attendent que la douleur soit insoutenable avant de se présenter au bureau du dentiste. Nous, peuple à l’envers que nous sommes, préférons attendre que tout soit parfait avant de vouloir faire notre indépendance.

À ceci, je répondrai en citant Pierre Bourgault qui, d’ailleurs, avait bien raison :

« Nous avons dit et répété que l’indépendance n’était pas une récompense pour les peuples parfaits: elle vient au début de la libération des peuples elle n’en est pas le couronnement. »

Et je me permets d’ajouter qu’il est fort improbable que dans l’histoire, un peuple ait fait son indépendance parce que tout allait trop bien dans le pays auquel il était soumis. Donc, certes, les choses vont mal au Québec, le moral est bas. Mais ne dit-on pas qu’il faut battre le fer pendant qu’il est chaud?

Le paradoxe du cercle vicieux

En y réfléchissant bien, toute cette histoire de conditions gagnante et d’attente après la perfection donne vie à un joyeux paradoxe. Car la plupart des conditions gagnantes que nous paraissons vouloir atteindre semblent être tout à fait inatteignables sans les pouvoirs que nous procureraient l’indépendance.

Par exemple, comment remodeler la fonction publique alors que la moitié des services sont gérés par le Canada? Comment devenir des chefs de file en environnement alors que le Canada nous tire sans cesse vers le bas? (Je vous rappelle qu’encore tout récemment, le gouvernement canadien a ridiculisé le Québec sur ses initiatives en environnement).

Nous avons oublié que l’indépendance est nécessaire pour pouvoir vivre comme nous l’entendons, pour forger notre société selon nos valeurs. Nous avons oublié que l’indépendance est le tremplin qui nous fera faire le premier saut vers cette société meilleure — celle que tant de gens attendent, dans notre monde à l’envers, pour dire « Là, voilà le temps de faire l’indépendance ».

Si le Québec était parfait, nous n’aurions nul besoin de faire l’indépendance. L’indépendance n’est que la première étape vers une société meilleure. Comment, alors, pouvons-nous vouloir choisir entre indépendance et société meilleure? L’un ne va pas sans l’autre.

… Un peuple oscille entre le rien et tout ce qui brille
- Loco Locass

L’horreur qui vient de loin

Cet après-midi, j’étais en train de travailler au bureau, quand j’ai appris avec horreur qu’un ancien collègue et ami qui m’est très cher a perdu 5 membres de sa famille dans cet abominable tremblement de terre qui a accablé Haïti. Cinq proches, incluant un jeune enfant.

J’étais seul dans mon poste de travail modulaire, atterré, les larmes me coulant sur les joues, n’ayant pas la moindre idée de ce qu’il fallait faire. Après m’être ressaisi, j’ai annoncé la nouvelle à quelques autres collègues, qui n’ont pas fait mieux que moi en terme de réaction.

Le coeur à l’envers, je me suis mis à espérer que le don que j’avais fait à la Croix Rouge le matin même pouvait vraiment faire une différence.

C’est quand je vois la nature se déchaîner ainsi que je me jure de la respecter davantage. Mais je n’ose même pas espérer qu’elle sera plus clémente envers nous dans les années qui suivront.

C’est le coeur noyé dans le chagrin que toutes mes pensées aujourd’hui ont été pour toi G.R. et ta magnifique femme T, vous qui habitez maintenant au nord de l’Europe, si loin du pays de vos parents, mais qui y êtes recatapultés dans des circonstances aussi désolantes et déchirantes. Nous sommes de tout coeur avec vous, ma fiancée et moi, ainsi que quelques collègues dont vous devinez sans doute les noms.

À tous ceux qui lisent ceci, il n’est pas encore trop tard pour faire un don. Il y a encore beaucoup de gens qui en ont besoin.

Faire un don à Oxfam Québec

Faire un don à la Croix Rouge Canadienne

Faire un don à la Croix-Rouge pour Haïti

Hier, une bonne partie de la journée, je dormais. Je n’avais pas dormi la nuit d’avant.

C’est hier soir que j’ai appris qu’il y avait eu un séisme à Haïti. Ce matin, tout ce que j’ai lu et vu dans le journal m’a brisé le coeur.

Sans même regarder mes finances personnelles, j’ai fait un don assez généreux à la Croix-Rouge ce matin. Je crois que c’est la moindre des choses. Je me priverai de restaurant pendant quelques temps, et je n’en mourrai pas.

Vous, qui avez montré autant de support envers Haïti sur Facebook, faites aussi un don. Des gens en ont besoin. Comme le dit S. Martel : « Put your money where your status is« .

Faire un don à la Croix-Rouge

Nouvel hymne officiel de Copenhague 2009

Comme vous le savez, le Canada fait tout un tabac à Copenhague… (tabac, goudron, pétrole… la comprenez-vous?)

Je ne sais pas pourquoi, mais ce matin je me suis réveillé en me disant que l’émission Touftoufs et Polluards serait encore plus d’actualité aujourd’hui. Quand j’ai déniché le générique et que j’ai entendu les paroles, je n’ai pas pu faire autrement…

J’ai donc l’honneur et le plaisir de vous présenter le tout nouvel hymne officiel de Copenhague 2009, inspiré des paroles de l’émission jeunesse Touftoufs et Polluards.

Image de prévisualisation YouTube

Hymne Officiel du Canada à Copenhague 2009

(Chorale du Canada composée des membres du Parti Conservateur)
Y’a d’un côté ceux qui font des saletés
Y’a d’un côté ceux qui font des saletés

Pour nous c’est la saleté
Qui doit régner partout
On passe notre temps à polluer
Ça nous amuse comme des fous

Nous ne serons satisfaits
Que quand tout sera détruit
Ce qui restera après c’est bien
Le dernier d’nos soucis

(Chorale internationale composée du reste du monde le moindrement intelligent)
Y’a d’un côté ceux qui aiment la beauté
Y’a d’un côté ceux qui aiment la beauté

Car pour nous la beauté
Doit passer avant tout
Elle doit toujours durer
Autant pour nous que pour vous

C’est l’eau, le soleil et le vent
Qui font marcher nos instruments
Avec eux c’est amusant
Et c’est propre en même temps

Sur cette Terre enchantée
Où nous vivrons toujours
Nous savons apprécier
Les merveilles qui nous entourent

Alors choisissez aussi
Entre un monde azur ou gris
Entre l’air pur où la fumée
À vous de décider

Profession : Diviseur de vote

Je suis un peu tanné de me faire dire, dans toutes les sphères politiques, que je divise le vote.

Souvent, quand les gens votent pour leurs convictions profondes, pour ce qu’ils croient être le mieux, ils se font dire qu’ils divisent le vote par ceux qui, stratégiquement, votent pour le « moins pire ».

Votez pour ce que vous considérez être le mieux pour vous et vos concitoyens.

Je divise peut-être le vote, mais au moins, je vote avec mon cœur. Na.



Beau travail, sale geek! Vous vous méritez 30 vies!

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