Quand je devrai partir…



Ce n’est pas un sujet très apétissant. Mais il faut quand même en parler.

Je me suis toujours dit que dans le « cadre actuel » des choses, si j’avais le choix de mourir, ce serait ou bien en catastrophe (du genre accident d’auto) ou bien dans mon sommeil (comme mon grand-papa qui portait mon nom).

Oui, un accident d’auto. Pas un qui est sciemment provoqué, comme ces horribles accidents provoqués par un suicidaire qui ont fait plusieurs morts le week-end dernier. Un accident d’auto non-annoncé. Pourquoi? Parce que j’ai parlé à un rescapé d’accident d’auto, une fois. Un gros accident. Et si je me fie à ses dires, c’est très soudain et très serein. Dans son cas, il me résumait cela ainsi : « Tu vois le derrière du camion arriver vite, et tout à coup c’est noir… ».

(Lui, il a été chanceux, il s’est réveillé sur une civière. Il y avait un couple d’amis sur la banquette arrière. Ils ont été trouvés tous les deux morts, se tenant la main, le tête de la femme reposait tranquillement sur l’épaule de son mari…)

Pourquoi le sommeil? On s’en doute. On ne veut pas le savoir, on ne veut pas souffrir.

Mais le « cadre actuel » des choses a changé. Il s’adonne que je vais peut-être pouvoir, comme bien d’autres gens, ajouter une seconde signature à l’endos de ma carte d’assurance maladie (ou je ne sais quel autre document) indiquant que s’il m’arrivait quelque chose de grave, je n’aurais plus à m’en faire. Le débat reste à faire. Mais il est lancé. Et ça me rassure.

Et vous?




Catégories : Actualité, Débat de société

Étiquettes : accident, assurance-maladie, euthanasie, mort, suicide assisté

8 réponses to “Quand je devrai partir…”

  1. Hérétik  on mai 28th, 2010

    Choisir sa mort. Un vieux souhait de bien des gens. Le débat est intéressant. Je crois que les lois d’Oregon sont correctes. Partir dignement, quand la souffrance bouche l’horizon, devrait toujours être possibilité.

    Personnellement, je n’ai pas de préférences quant à la façon de mourir. Seule la vie m’intéresse. C’est la seule que nous ayons et on la gaspille trop facilement.

  2. El' blogueux  on mai 30th, 2010

    Mais la vraie question : aimerais-tu connaître à l’avance la date de ta mort?

    Si oui pourquoi?
    Si non pourquoi?

  3. Hérétik  on mai 30th, 2010

    La réponse est non. Elle va venir bien assez vite.

  4. Le Détracteur Constructif  on mai 31st, 2010

    Pareil, la réponse est non.

    En me relisant, je trouve que j’aurais du être plus clair. Si je voulais résumer, ce serait « Le suicide assisté, c’est comme l’avortement, c’est pas cool mais faut que ce soit une option ». Voilà.

  5. Décibelle  on mai 31st, 2010

    Dans le sommeil est certainement une réponse populaire.

    Personnellement, je veux avoir le choix en cas de maladie ou handicap majeur.

  6. lutopium  on juin 2nd, 2010

    Si ce n’est pas par accident, j’aimerais toutefois que ça se passe rapidement, sans souffrance, Peut-être inconsciemment, croyant que c’est le contraire qui m’arrive…

  7. Mirilya  on juin 9th, 2010

    Je veux mourir d’une overdose de sucre. :)

    Sérieusement, à SpikeTV, il y a une émission appelé « 1000 ways do die » qui est vraiment écoeurante. Si t’es en manque de trouver des façons nounounes de mourir, voilà ton opportunité! Et en plus, les noms des « sortes de mourus » sont débiles! Et elles sont tous expliqués et décortiqués par des scientifiques. :P

  8. ethos  on juillet 5th, 2010

    OUI à l’aide au suicide, mais NON à l’euthanasie !

    Au sujet de la différence entre l’euthanasie et l’aide au suicide, il faut distinguer entre les arguments juridiques, éthiques et religieux. On ne peut pas simplement affirmer sans nuance qu’il n’existe pas de différence entre les deux : dans un cas c’est le patient lui-même qui s’enlève la vie (aide au suicide) alors que dans l’autre c’est le médecin qui la retire. Il faut d’abord préciser sur quel terrain (juridique, éthique ou religieux) on tire notre argumentation. Si l’on se situe sur le terrain de l’éthique, on peut raisonnablement soutenir qu’il n’existe pas de différence. Cependant, si l’on se situe sur le terrain juridique, il existe toute une différence entre l’euthanasie (qualifié de meurtre au premier degré dont la peine minimale est l’emprisonnement à perpétuité) et l’aide au suicide (qui ne constitue pas un meurtre, ni un homicide et dont la peine maximale est de 14 ans d’emprisonnement). Dans le cas de l’aide au suicide, la cause de la mort est le suicide du patient et l’aide au suicide constitue d’une certaine manière une forme de complicité. Mais comme la tentative de suicide a été décriminalisée au Canada en 1972, cette complicité ne fait aucun sens, car il ne peut exister qu’une complicité que s’il existe une infraction principale. Or le suicide (ou tentative de suicide) n’est plus une infraction depuis 1972. Donc il ne peut logiquement y avoir de complicité au suicide. Cette infraction de l’aide au suicide est donc un non-sens.

    En revanche, l’euthanasie volontaire est présentement considérée comme un meurtre au premier degré. Le médecin tue son patient (à sa demande) par compassion afin de soulager ses douleurs et souffrances. Il y a ici une transgression à l’un des principes éthiques et juridiques des plus fondamentaux à savoir l’interdiction de tuer ou de porter atteinte à la vie d’autrui. Nos sociétés démocratiques reposent sur le principe que nul ne peut retirer la vie à autrui. Le contrat social « a pour fin la conservation des contractants » et la protection de la vie a toujours fondé le tissu social. On a d’ailleurs aboli la peine de mort en 1976 ! Si l’euthanasie volontaire (à la demande du patient souffrant) peut, dans certaines circonstances, se justifier éthiquement, on ne peut, par raccourcit de l’esprit, conclure que l’euthanasie doit être légalisée ou décriminalisée. La légalisation ou la décriminalisation d’un acte exige la prise en compte des conséquences sociales que cette légalisation ou cette décriminalisation peut engendrer. Les indéniables risques d’abus (surtout pour les personnes faibles et vulnérables qui ne sont pas en mesure d’exprimer leur volonté) et les risques d’érosion de l’ethos social par la reconnaissance de cette pratique sont des facteurs qui doivent être pris en compte. Les risques de pente glissante de l’euthanasie volontaire (à la demande du patient apte) à l’euthanasie non volontaire (sans le consentement du patient inapte) ou involontaire (sans égard ou à l’encontre du consentement du patient apte) sont bien réels comme le confirme la Commission de réforme du droit au Canada qui affirme :

    « Il existe, tout d’abord, un danger réel que la procédure mise au point pour permettre de tuer ceux qui se sentent un fardeau pour eux-mêmes, ne soit détournée progressivement de son but premier,
    et ne serve aussi éventuellement à éliminer ceux qui sont un fardeau pour les autres ou pour la société. C’est là l’argument dit du doigt dans l’engrenage qui, pour être connu, n’en est pas moins réel. Il existe aussi le danger que, dans bien des cas, le consentement à l’euthanasie ne soit pas vraiment un acte parfaitement libre et volontaire »

    Eric Folot


écrire une réponse