Je pensais qu’on était en 2010



Je ne comprends juste pas. J’en suis au point où chaque fois que je visite un supermarché ou une pharmacie, je me précipite sur le premier calendrier venu pour regarder la date du jour.

Nous sommes bien en 2010.

Éponge dans son plus simple appareil

Alors, pourquoi, ô grand pourquoi ai-je eu autant de difficulté à trouver une vulgaire éponge. Savez, une éponge. Rectangulaire, de couleur jaune ou verte, avec de trous. C’est fait pour absorber le liquide. Vous vous en rappellerez peut-être si je vous dit que parfois, on en voit dans les publicités de produits nettoyants, dans les mains d’une dame qui porte des gants de caoutchouc jaune.

Mais que puis-je bien avoir derrière la tête pour utiliser un tel engin, vous demandez-vous. Vous allez rire : J’avais l’intention de l’utiliser pour nettoyer mon bain. Comme par exemple : étendre une solution nettoyante, passer l’éponge, et rincer. Marrant, n’est-ce pas?

Hé bien non, je n’ai pas trouvé d’éponge. Ni à la pharmacie, ni à l’épicerie. NON, madame, je ne cherche PAS le Scrunge Vitrocéramique de Vileda. Non plus que l’Effaceur Magique Récure Salle-de-Bain de Monsieur Net qu’on doit jeter quand elle ne contient plus de solution nettoyante. Je cherche une vulgaire éponge, savez, celle qui dure 10 ans parce que tout ce qu’on lui demande, c’est d’absorber du liquide. Non? Vous n’en avez pas? Ah bon, merci.

Je remercie le ciel qu’on puisse encore trouver des balais. Des balais du genre : un bâton avec des poils au bout. Parce que, vous savez, les gens vous ont convaincu que c’était bien mieux d’acheter un balai avec une moppe au bout que vous devez remplacer à interval régulier. Bien sur, vous voyez la différence, mais la poussière, elle, la voit-elle?

Enfin, bref, le but ici, n’est pas de dénoncer l’idée d’avoir un instrument qui soit plus efficace ou plus performant. Je veux dénoncer la simple idée qu’on doive jeter ou remplacer une partie ou l’entièreté de cet instrument car il est PRÉVU qu’il ne fonctionnera plus après un certain temps.

Est-ce vraiment logique, qu’en 2010, les grands fabricants d’appareils photo produisent encore des appareils photo JETABLES ? « Oui mais ça se recycle, là » que vous répondrez. Et le recyclage, vous n’avez pas pensé que ce n’est pas la solution à tout? Il faut recycler quand c’est nécessaire, sacrebleu, mais pas quand on peut l’éviter en choisissant un produit qui dure plus longtemps!

Autre phénomène qui me dresse les poils sur les bras, c’est quand je passe dans l’allée des boissons gazeuses et friandises au supermarché. Chez Métro, près de chez moi, la section réservée aux bouteilles d’eau est AUSSI GRANDE que celle réservée aux boissons gazeuses. Est-ce que quelqu’un va vraiment me dire que 1- il voit une réelle différence d’une marque à l’autre, 2 – qu’il serait vachement embêté dans son choix s’il y avait la moitié moins de marques de bouteilles d’eau, 3- que c’est tout à fait socialement et moralement acceptable de vendre de l’eau en bouteille alors que c’est (encore) une ressource gratuite au Québec?

Ne vous méprenez pas, je sais qu’il peut être tout à fait pratique d’avoir une bouteille d’eau à portée de main dans plusieurs contextes. Est-ce vraiment nécessaire d’en acheter une caisse de 24 pour ça?

Les bouteilles d’eau, par chez nous, s’achètent à l’unité, et sont réutilisées un minimum de 3 ou 4 fois chacune, si ce n’est pas plus. Et même là, j’ai encore honte d’acheter des bouteilles d’eau. Mais qu’est-ce qui fait que je les achète aussi facilement?

Une seule réponse : Elles sont disponibles. Et c’est là le coeur du problème.

Je ne m’avancerai pas davantage dans ce débat, je voulais simplement rapporter le fait qu’on a beau être en 2010 et avoir un discours rationnel sur l’utilisation de nos ressources et matériaux, la bonne volonté des grandes entreprises ne nous tombera pas du ciel, il faudra aller la chercher de force, et il n’y a pas 1000 façons de le faire : il faut continuer à chercher la bonne vieille éponge de marque inconnue même s’il faut faire 2-3 endroits, plutôt qu’en acheter une de marque nationale que vous devrez remplacer dans 2 semaines…




Catégories : Débat de société, Divers

Étiquettes : Consommation, , Gestes citoyens, Produits jetables, Produits remplaçables, Recyclage, Supermarché

12 réponses to “Je pensais qu’on était en 2010”

  1. Mirilya  on mai 26th, 2010

    Il y a de ces genres d’éponges au magasin 1$!

  2. Gradlon  on mai 26th, 2010

    C’est frustrant de voir que les objets simples deviennent plus difficiles à trouver en magasin. Depuis deux ans, je cherche un éplucheur ce qu’il y a de plus simple, sans flaflas, qu’on appelle aussi « économe« .

    Mais non, tout ce que je trouve, ce sont les démesurément gros éplucheurs (soit l’éplucheur lui-même, soit le manche, souvent les deux), tous sensés rendent l’épluchage plus facile (mais qui rend le mien plus difficile) et qui, généralement, arrachent bien plus que la pelure.

    Bonne chance dans ta quête de l’éponge ;-)

  3. Le Détracteur Constructif  on mai 26th, 2010

    @Mirilya : Est-ce que je me condamne pour l’éternité si en plus je refuse d’aller au magasin 1$? :P

    @Gradlon : En effet j’en ai acheté un éplucheur à légumes récemment, il semble designé pour aller dans l’espace! Content quand même de ne pas avoir à le jeter ou à changer la lame dans 2 semaines :)

  4. DarK Rémi oF DooM  on mai 26th, 2010

    J’allais moi aussi mentionner le magasin à 1$, sans quoi il y a aussi le Wal-Mart… haha… HA… HAHAHAHAHA!!!

    Bien que je comprenne et appuie ce débat, j’utilise personnellement l’effaceur magique de Mr. Net depuis qu’il me fut fortement conseillé par ma grand-mère qui est une sommité dans le monde du nettoyage. Rien ne résiste à l’effaceur magique tout comme l’effaceur magique ne résiste à rien, périssant lamentablement après 3 ou 4 utilisations, 2 lorsque malmené par ma main de fer. Je suis convaincu que c’est le genre de produit qui a contribué à la chute des actions de Vim.

  5. Le Détracteur Constructif  on mai 26th, 2010

    Dark Rémi of Doom : Bien sur, pour nettoyer, rien ne résiste au temps, même moi, ma bouteille de Vim, faudra la remplacer un jour.

    Mais hors de question que je prennent un truc à 5$ super performant pour faire la job basic (soit éponger) d’une éponge à 1$, si tu vois la subtilité de mon propos… ;)

  6. Noisette Sociale  on mai 26th, 2010

    Wow, tu t’es surpassé dans celui-là!

    Mais la partie sur les bouteilles d’eau aurait mérité une entrée à elle seule. C’est aberrant!

  7. Le Détracteur Constructif  on mai 27th, 2010

    @Noisette : Tu trouves? J’aurais tellement pu aller plus loin mais j’avais pas le temps! L’heure du diner, c’est limitant ;)

  8. seranessa  on mai 31st, 2010

    pourquoi Copenhague a pas plus sonné de cloches que ça ??

  9. Le Détracteur Constructif  on juin 1st, 2010

    Parce que ce n’est pas payant, être vert. Il faut absolument développer des pratiques vertes qui soient rentables. Parce qu’aucun dirigeant d’entreprise prendra l’initiative tant que ce ne sera pas le cas.

    C’est un peu dommage mais on devra accomoder les pratiques environnementales au capitalisme, parce que le contraire n’arrivera pas.

    Et c’est triste…

  10. Mirilya  on juin 1st, 2010

    Bon, oublie le magasin 1$ ET va chez Canadian Tire, puisqu’ils ont des sacs de 6 éponges de couleurs différentes, comme tu cherches. :D

  11. Manx  on juin 3rd, 2010

    La pharmacie à côté de chez mes parents ne vend pas d’éponges, mais elle vend des ShamWOW! Ils sont oranges, en plus, et il y a la belle tête de Vince le vainqueur sur la boîte.

    Mais heureusement pour moi, l’épicerie de Sainte-Anne-de-Bellevue a encore des éponges jaunes avec un côté vert SOS pour récurer. Si tu veux, tu peux arrêter par ici et t’en faire une réserve de 10. En cas d’hiver nucléaire, c’est toujours utile.

  12. Sarah  on septembre 23rd, 2010

    Ce qui est plutôt triste, c’est de remarquer comment la société de consommation (ou encore, pour référer à des critiques plus acerbes, la société du spectacle) créé des faux besoins pour nous persuader que leur dernier gadget est celui qu’il nous faut … jusqu’au jour où il arrive un encore meilleur et plus satisfaisant sur les tablettes.

    Ce qui est surprenant de constater, c’est l’étonnante force de renouvellement de la promotion de ces objets aux vertus presqu’illusoires. Toujours mieux, et tant pis pour le manque de suite dans les idées, de toute façon les consommateurs-spectateurs sont complètement enchaînés par et pour le spectacle qui défile …

    Bref, plus moyen d’avoir la simple réflexion besoin utilitaire : solution utilitaire modulée à mon besoin direct, soit, pour notre cas de figure, laver une douche. Pourquoi opter pour une désuète éponge carrée alors qu’on peut se fier aux dernières innovations technologiques ?

    C’est tellement plus pratique et fidélisant pour la clientèle de pouvoir renouveler le besoin en faisant quelque chose qui comble toutes sortes de besoins soigneusement créés et qui se jette après usage.

    C’est la course perpétuelle aux tablettes…


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