Le Banquier, précurseur du Vide de Patrick Sénécal



Un billet plus récent a été publié à ce sujet » Le Banquier : Freakshow ou émission suintant de justice sociale?

L’année dernière, j’ai dévoré le roman Le Vide de Patrick Sénécal. L’une des lignes directrices de ce roman raconte l’histoire d’un riche producteur, Maxime Lavoie, qui crée l’émission de télé réalité la plus exagérée qui soit appelée Vivre au Max, afin d’amasser le nombre le plus important de téléspectateurs.

L’idée derrière l’émission était de réaliser les rêves et fantasmes de quelques invités, des gens bien ordinaires.

Certaines voulaient casser la gueule de leur patron en direct à la télé, d’autres sauter dans une piscine remplie de cafards, ou encore se battre à main nues avec une femme, ou pouvoir chanter avec son groupe préféré. Tout cela devant une foule en délire, le cerveau complètement lavé, qui en redemande sans cesse.

Le but ultime de la chose : Après plusieurs saisons de Vivre au Max, organiser un ménage de société en massacrant éliminant le plus de téléspectateurs possible en direct au studio, et dans leurs maisons (grâce à des fidèles suicidaires précédemment recrutés et dispersés dans la province).

Voici où je veux en venir. Il n’est pas rare de regarder TVA et de tomber sur une publicité du Banquier. Moi qui aimait bien la version originale anglaise, qui est, disons-le, un peu plus sobre, j’anticipais un peu la version québécoise. Il m’est arrivé de regarder l’une des toutes premières émissions, mais sans plus.

Cependant, je me rappelle très bien, aux nouvelles TVA qui suivaient la première émission, d’avoir vu un topo en PRIMEUR qui montrait que « la madame Noire au Banquier s’était fait remarqué parce qu’elle criait comme une hystérique ». Je ne parlerai pas de convergence ici, mais avouez que c’est un peu prendre le monde pour des imbéciles.

Pas plus tard qu’hier, rien de bon à la télé. « Et Dieu Créa Laflaque » s’enligne pour me faire bailler d’ennui… je zap d’une chaine à l’autre… Une fois à TVA, je vois Julie Snyder qui présente un hurluberlu habillé en Elvis qui saute partout. Allons donc… c’est une blague? Je n’ai pu endurer ça que 20 minutes… 20 minutes de ma vie pendant lesquelles je n’ai pas réussi à me respecter…

Le « freak show réalité » que présentait l’auteur Patrick Sénécal devient de plus en plus réel, avec le Banquier. Contrairement à l’émission américaine (on son penchant anglo-canadien), il n’y a qu’un participant par émission, alors que dans l’originale, si un participant perd (ou gagne) avant la fin de l’émission, le suivant arrive immédiatement, quitte à continuer l’émission suivante.

Mais surtout, il y a eu une ascension fulgurante au niveau de l’absurde dans Le Banquier, à un point tel que je suis convaincu qu’une personne normale, sans excès, n’a aucune chance de participer au Banquier version Québécor. Et je n’ai pas besoin de regarder l’émission, rien que les publicités! Un clown par ci, un nudiste par là, un schizo qui se prend pour Elvis… un ou deux transsexuels aussi?

Aussi, la seule émission que j’ai regardée était celle de la femme d’un pauvre gars qui voulait s’acheter une « pipine » (un excavateur, pour les francisés) depuis tellement longtemps, et la femme a finalement gagné 20$. À la fin de l’émission, Julie Snyder leur dit « Vous ne partirez pas les mains vides. Les gens de la compagnie [insérez le nom d'un vendeur d'excavateurs ici] ont regardé l’émission et vous offrent cette pipine gratuitement! ». L’émission étant pré-enregistrée et diffusée en différé, on aurait pu comprendre si elle avait dit « Regardez, on a léché les bottes d’un commanditaire… ». Mais non, elle devait dire « Un commanditaire a regardé l’émission ». Mais bon, rien de nouveau ici…

Enfin bref, comme disent les Zapartistes, si la richesse n’est pas bien distribuée, la connerie, elle, l’est à merveille. Est-ce un hasard si, en lisant Le Vide, j’ai toujours imaginé que l’antenne qui diffusait cette émission Vivre au Max était TVA? Ai-je aussi imaginé les zombies dans le studio du Banquier, qui criaient, sautaient et applaudissaient aux simagrées de ce guignole qui n’aurais jamais pu faire l’émission s’il n’avais pas eu cette légère déficience mentale qui le faisait se prendre pour Elvis?

Qu’attends-tu, Max?

Max agira sur les grands écrans du Québec, on ne sait quand… la date reste toujours à déterminer.




13 réponses to “Le Banquier, précurseur du Vide de Patrick Sénécal”

  1. Délire  on mars 17th, 2008

    J’aime beaucoup le rapprochement que tu fais entre Le vide de Sénécal et le Banquier. Pour avoir lu le roman (dévoré je devrais dire !) je suis tout à fait d’accord avec toi. Ca commence à se ressembler pas mal.

    Le Banquier de TVA c’est d’un ridicule sans nom ! J’en reviens pas encore de voir que les gens passent à cette émission sans gêne aucune.

  2. Le Détracteur Constructif  on mars 17th, 2008

    @Délire : Merci de ton commentaire. En effet, si j’étais crack-pot, que je n’avais aucun respect pour ma personne, je ne pense pas que j’irais le prouver aux côtés de Julie Snyder hein ;)

  3. Renart L'éveillé  on mars 17th, 2008

    En tout cas, j’espère que personne désirant lire Le Vide va lire ton billet, car admettons que tu vends pas mal le punch…

    J’ai lu le livre mais jamais écouté plus de trois secondes Le Banquier, j’aime en plus Laflaque!, alors il est très difficile pour moi de faire le lien, même si tu l’explique tout à fait bien!

  4. Le Détracteur Constructif  on mars 17th, 2008

    @Renart L’éveillé : Oui je vends le punch en effet, mais c’est pour une bonne cause je crois! Bah écoute c’est pas difficile, les invités du Banquier ont tous un petit quelque chose de caricatural que Snyder peut booster pour vendre des cotes d’écoutes.

    Par exemple, si je me fie aux commerciaux (car comme je l’ai dit j’ai du en écouter 2 ou 3 émissions max, et jamais en entier), les invités sont tous complètement hystériques, complètement cons, ou ont une passion ridicule. Exemple : L’un est un fan d’Elvis? On habille toute les filles en Priscilla Presley et on invite Elvis Gratton dans le studio (dommage je le croyais intègre, Poulin… doit manquer d’argent.)

    Ou encore je crois qu’il y avait un nudiste à un moment donné, ben il l’ont invité à venir en string, ou je ne sais quoi. Si y’en a un qui trippe sur Bob Marley, je ne serais pas surpris que tout le monde fume un joint en studio. Tu vois le genre?

    Une émission clé-en-main, sur mesure pour toi mon gros concombre! Viens faire des singeries en avant! On va te donner tous les jouets que tu veux!

    J’ai pas hâte qu’un amateur de La Guerre des Étoiles se pointe là bas… ils vont faire sauter la planète!

  5. Renart L'éveillé  on mars 17th, 2008

    Hé hé!

  6. Noisette Sociale  on mars 17th, 2008

    C’est le temps d’insérer mon judicieux commentaire que j’ai passé hier soir alors qu’on avait changé de poste pour aller voir Laflaque…

    « Je veux pas faire celle qui chiâle qu’on paie ça avec nos taxes mais mettons que ça serait ben tentant. »

    Suivi de :

    « Le Banquier, c’est mongole mais au moins, c’est financé par le privé. »

    C’est tout ce que j’avais à dire sur le sujet… ;) LOL

  7. Le Détracteur Constructif  on mars 18th, 2008

    @Noisette : Ah le privé! On peut pas leur en vouloir quand même hein! Ya 2 millions d’imbéciles qui les suivent… ;)

  8. Y-man  on mars 18th, 2008

    ce qui me surprend le plus dans cette émission c’est que 2 million de personne la regarde avec si peu de contenu, c’est déprimant en maudit de voir que collectivement nous sommes rendu là

  9. Le Tapageur Silencieux  on mars 18th, 2008

    Très bon billet. Je n’avais jamais songé à faire un rapprochement entre Le Vide de Senécal et Le Banquier bien que TVA avait été le réseau qui m’était venu en tête lors de la lecture du roman. Bien que pas aussi extrême, j’avoue que c’est dans la même ligne de tristement burlesque et insipidement vide. Le plus effarant dans tout ça c’est définitivement les cotes d’écoute. Bien que je n’étais pas d’accord avec les solutions de Max Lajoie (nom ironique s’il en est un haha), j’arrive tout de même à plusieurs constats similaires à mes sombres heures.

  10. Le Détracteur Constructif  on mars 19th, 2008

    @Y-Man : Déprimant, dis-tu??? Écoute « La petite vie » ça me dérangeait pas mal moins…

    @Le Tapageur Silencieux : Merci pour ton commentaire! En ce moment, je suis en train de relire Le Vide (ça m’a trop remis dedans!) et ce n’est pas TVA. En effet, Maxime Lavoie offre l’émission à un diffuseur et menace d’aller voir TVA, leur compétiteur direct, s’ils ne prennent pas l’offre tout de suite. J’en conclus donc qu’ils s’agit soit de TQS, soit d’un diffuseur imaginaire. Comme ils parlent de TQS comme d’une tierce partie, j’imagine donc que c’est un diffuseur imaginaire.

    C’est fou ce que notre subconscient comprend ce qu’il veut comprendre et nous laisse des souvenirs tordus. Mais ce n’est pas pour rien : le diffuseur imaginaire est beaucoup trop calqué sur TVA et ses moeurs, et c’est sans doute ce que Sénécal voulait faire. Il a réussi dans notre cas!

  11. Les 7 Jours du Talion de Patrick Sénécal | Le Détracteur Constructif  on avril 9th, 2008

    [...] derniers temps, je suis dans une rage inexplicable de Patrick Sénécal. Après avoir comparé l’émission Le Banquier au freak-show réalité qu’on retrouve dans le roman Le Vide, je n’ai pas pu m’empêcher de lire ce [...]

  12. Le Détracteur Constructif» Le Banquier Trisomique – Freakshow ou justice sociale ?  on septembre 1st, 2009

    [...] donc. De mon côté, j’avais déjà affirmé dans un billet que la ressemblance entre Le Banquier et l’émission Vivre au Max du roman de Patrick Sénécal &l…. Je disais aussi combien j’étais convaincu qu’une personne [...]

  13. Le Détracteur Constructif» La convergence du rien  on novembre 18th, 2009

    [...] Le Vide… Patrick Sénécal … avait raison. [...]


écrire une réponse