La barricade de la langue française

J’avais ce billet qui me trottait dans l’esprit depuis un bon moment, et c’est le dernier article de Louis Préfontaine qui m’a finalement décidé de mettre ça sur papier (ou sur écran, comme vous voulez).

Ça fait un moment que ça court, cette histoire de polyvalente de la région de Black Lake dont les étudiants ont pondu un coquet slogan qui se lit comme suit : « Pour bâtir l’avenir aujourd’hui and tomorrow. » Slogan ouvertement dénoncé grâce à un groupe Facebook.

Je ne ferai pas de « student-bashing » ici, mais j’aimerais relater une petite comparaison qu’on m’a faite un jour et qui s’applique tout à fait bien dans le contexte de cette histoire qui divise les générations et les régions.

Nous jasions avec un professeur… je ne me souviens pas si c’était un professeur de politique ou de sociologie. Ça importe peu, c’était un professeur à qui j’ai parlé une seule fois. Ce professeur, parlant de la situation du français au Québec, a fait un parallèle très intéressant.

Il s’est mis à nous parler du documentaire « La marche de l’Empereur » , ce documentaire sur les manchots empereurs dans leur environnement, que je n’ai pas encore eu la chance de visionner. Ces animaux, nous raconta-t-il, ont une manière très intéressante de se protéger du vent. Lorsqu’une tempête se lève, les mâles les plus costauds font un cercle, une véritable barricade, autour de leurs compères, les protégeant ainsi du vent. Si, par malheur, la barricade cède, les petits manchots représentant l’avenir du groupe, risquent d’y rester.

Le professeur a eu l’audace de comparer Montréal à cercle extérieur de manchots.

Montréal est en effet la principale barricade contre ce vent d’anglicisation qui souffle sur le Québec. Et le vent commence à souffler fort. La barricade tient, mais le vent commence à passer. Comme les petits manchots confortablement installés au milieu, les gens des régions trouvent qu’il fait chaud, et que c’est confortable. Ils ne comprennent pas l’ampleur dévastatateur de ce vent. Il n’y a que la barricade qui se fait ébranler…

Mais lorsque la barricade lâchera… y aura-t-il une relève?

Les jeunes de Montréal ont été élevés dans le bilinguisme, et les jeunes des régions se pètent les bretelles à crier haut et fort « Nous aussi we speak english! ». Enrichi, en plus, l’english. Les jeunes qui, comme les bébés manchots, reçoivent de minuscules bourrasques de vent et se disent « Ah, y’a rien là, finalement! Moi aussi je sais souffler du vent. »

On a besoin de renfort, les jeunes… Car lorsque la barricade lâchera, le français va vraiment se les geler, au Québec.

PS : J’aime bien le titre « Black Lake, Québec? » du billet de Louis. Ça me rappelle l’époque ou je sortais sur la rue Saint-Laurent le samedi soir. En entendant les gens s’exprimer uniquement en anglais, j’avais l’habitude d’appeler ça « St-Lawrence Street, Ontario ».

5 ans, ou 1825 jours

Il y a 5 ans, jour pour jour, je parlais à Noisette Sociale au téléphone pour la première fois.

On a du parler jusqu’à 4h du matin. Vous n’imaginez pas tout ce qui a pu se dire dans cette longue conversation qui manquait, parfois, vachement de classe. Mais c’était vraiment drôle. Elle m’a raconté son parcours politique, son implication.

J’étais salement impressionné. Elle avait bien aimé ma voix, me semble-t-il. Jusqu’à ce que je dise « Bon hé bien… on se rappelle un moment donné ». Il parrait que, à ces mots, un petit diable est entré dans sa tête, avec une trompette, et a joué cette mélodie très connue lors de situations décevantes : « Ouin ouin ouin ouinnnnn »

Ceci dit, le lendemain matin, je lui envoyé une véritable connerie par courriel (ça ne se raconte pas ici), sans oublier de lui demander si elle voulait sortir quelque part. Rendez-vous accepté pour le soir même.

Après avoir été voir un groupe de musique (inconnu à l’époque, et encore à ce jour) pratiquer dans leur local, j’enlignais directement chercher Noisette. Quand j’ai sonné, c’est un gars qui a répondu. Sur le coup, j’ai cru que c’était son frère. Je ne suis pas tombé loin. C’était le Médiateur Farceur, son meilleur ami.

Nous étions pas mal tous les deux habillés comme la chienne à Jacques, quand j’y repense aujourd’hui. Elle était en jeans bleus, avec son coton ouaté de « Killers » d’Iron Maiden. J’étais en jeans noires, avec un vieux t-shirt troué d’Arch Enemy. On faisait une belle paire. Même le Médiateur, qui lui avait « Voir que tu t’habilles comme ça pour rencontrer un gars » semblait trouver qu’on « fittait bien » dans notre linge pas de classe.

Nous étions allé sur Saint-Denis, plus particulièremnet au pub Le Saint-Ciboire.

Ensuite? Looong tour de voiture. Presque toute la nuit. Pour aller nul part.

Depuis, nous ne nous sommes pas lâché. Très peu. Je pense que nous nous sommes vu tous les jours sauf peut-être 10 jours en tout. Ceci dit, ça ne voulait pas dire que notre relation était d’amour et d’eau de rose.

C’était souvent assez l’enfer.

Contrairement à bien des relations dites « normales », ça n’a pas bien commencé pour mal se terminer. Ça avait plutôt très mal commencé, et je ne commencerai même pas à envisager la fin.

Noisette, à l’époque, menait une vie très rock and roll. Moi, j’étais straight de chez Straight. Mais à quelque part, dans tout ça, on a fini par se rejoindre au milieu. Entretemps, son meilleur ami m’a certifié « Viande A1″ ce dont je me souviendrai toujours héhé!

J’en aurais long à raconter. Comme la première fois où j’ai rencontré ses parents. La fois où j’ai « attrappé » une mononucléose en pleine sortie de cascades d’eau. La fois où elle s’est ramassée à l’hopital suite à une « ingestion de sloche ». La fois où je l’ai emmenée dans les Laurentides pour la fiancer. La fois où on a acheté Monsieur Mémé. Ou encore notre saleté de déménagement dans la pire tempête de la décennie. Je devrai vraiment vous raconter tout ça.

Mais pour l’instant, j’aimerais simplement vous entretenir sur les bienfaits que m’ont apporté ma relation avec Noisette. En 5 ans, ce fut une véritable porte ouverte sur moi-même, où j’ai appris à me connaitre, à me respecter et à me faire respecter. Où j’ai appris à penser à moi autant qu’aux autres. Où j’ai appris à réfléchir. Où j’ai appris le sens de « conscience sociale ». Je lui en serai redevable pendant très longtemps.

J’espère sincèrement qu’elle pourra en dire autant de ma part. Mais je m’en fous…

Je n’envisage pas le reste de ma vie sans elle. Je l’aime…

PS : Pour fêter ça, nous allons voir le Cirque du Soleil aujourd’hui, non sans avoir manifesté un peu dans la méga-manifestation contre le gouvernement Charest. Ça nous rappellera le bon vieux temps.

La curiosité cruelle, ou la cruauté curieuse

Nous avons tous déjà eu, étant enfant, une poussée de curiosité cruelle suite à laquelle nous avons fait souffrir un petit être sans défense.

Le cliché parfait que l’on voit dans les films, c’est un jeune garçon qui torture impunément une fourmi grâce à une loupe sous un gros soleil de juillet. Ou encore, dans les vieux films, il s’agissait du pauvre chien qui courait, suivi d’une ribambelle de boîtes de conserves attachée à sa queue et clinquant sur le sol, ce qui ne manquait pas de terroriser le malheureux pitou.

Moi-même, j’ai eu des excès de cruauté, un bel été alors que nous séjournions sur un terrain de camping. Nous avions attrappé un taon. Un gros taon velu, jaune et noir. Il était pas très content d’être prisonnier d’un pot Mason. Nous avons donc décidé de mettre fin (très lentement) à ses souffrances grâce à une canette de WD-40 (ce joyeux produit vaporisateur anti-corrosion dont la bouteille bleue est agrémentée d’une coquette paille rouge) qui trainait pas loin.

Le taon se débattait, il a même changé de couleur. Il est devenu tout noir. Il a voletté comme il pouvait dans son bocal, et il a fini par tomber au fond, sur le dos, les pattes rendant leur dernier soubresaut.

Aujourd’hui, je ressens encore cette espèce de cruauté curieuse (ou cette curiosité cruelle?). Il y a une bibitte qui va souffrir, se débattre, et je vais regarder avec un sourire en coin, me réjouissant d’être témoin de ça, et je ne ferai rien pour l’en empêcher.

Aujourd’hui, le pot Mason dans lequel je regarde, c’est la sphère publique.

Mon taon se nomme Jean Charest.

Et mon vaporisateur anti-corruption anti-corrosion est un produit signé Marc Bellemare.

Blogueurs, appuyez Claude Robinson

Leur conduite des affaires est basée sur la tricherie, le mensonge et la malhonnêteté. Ils n’hésitent pas à trafiquer les contrats afin d’en gonfler les coûts de production pour obtenir des subventions et modifier les pourcentages de leur participation afin de se qualifier en vertu de la convention bilatérale France-Québec.

Tels étaient les mots de Claude Auclair, juge de la cour supérieure concernant les requins (le mot est faible) de Cinar, lors de la décision de la cour.

Pour ceux qui ne le savaient pas, lorsque Claude Robinson a gagné en cour contre Cinar, la sentence envers ces derniers n’était pas exécutoire.

C’est à dire que le juge leur « suggérait » de verser 5 millions de dollars à Claude Robinson comme dédomagement. Mais ils n’avaient absolument pas à le faire. Cependant, ils pouvaient aller en appel, ce qu’ils ont fait.

Donc, après 13 ans de calvaire, Claude Robinson doit repartir de plus loin qu’à zéro, étant donné les moyens qu’il a dû investir lors de sa première saga judiciaire.

Cinar veulent le briser, le ruiner, l’achever.

Et c’est à nous, citoyens, de dénoncer ces entreprises qui son prêtes à débourser des millions pour briser la vie d’artistes indépendants qui souhaitent vivre de leurs créations.

Pour ce faire, j’ai contacté l’équipe d’Opération Claude Robinson pour leur demander la permission d’utiliser une image de leur site (j’ai la classe de le demander avant de me servir dans le fruit du travail des autres, moi) et j’ai créé cette petite vignette. J’espère qu’elle vous inspirera un peu, et que vous propagerez la « bonne nouvelle ».

Opération Claude Robinson

Vous pouvez télécharger l’image et la téléverser sur votre serveur, ou si c’est trop compliqué, vous pouvez utiliser le code suivant :

<a href="http://www.clauderobinson.org"><img title="J'appuie Claude Robinson" src="http://www.ledetracteur.com/wp-content/telechargements/2010/04/claude_robinson.jpg" alt="Opération Claude Robinson" width="219" height="155" /></a>

À partir de demain (7 avril 2010) il sera possible de faire des dons sur www.clauderobinson.org pour encourager Claude Robinson à continuer son combat contre Cinar. Vous pourrez donc faire votre B.A. de la semaine et donner un petit 20$.

Site de l’Opération Claude Robinson
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De Kestre? Les radios qui font pin-pon

Dans le câdre de la série « De kestre? » des trucs que je n’arrive pas à comprendre, voici une petite anecdote pas vraiment drôle que mon père m’a une fois raconté.

Cela doit faire environ 15 ans, nous étions en voyage en voiture, et roulions en pleine campagne. Mon paternel raconte alors une histoire qui aurait fait les manchettes à une certaine époque.

Un homme conduisait sa voiture en campagne, sur une route à 70 ou 90km/h. Il arrive à vue d’un passage à niveau. La voie est libre, les lumières sont éteintes, les barrières sont levées. Il ne ralentit même pas.

Une fois presqu’arrivé à la hauteur de la voie ferrée, il entend soudainement un sifflement de locomotive. Sans hésiter, il grimpa debout sur la pédale de freins. Il freina à temps, mais la voiture qui le suivait a eue moins de chance. Une incroyable collision eut lieu. Le conducteur de la première voiture n’a rien eu sinon la frousse de sa vie.

Les deux occupants du second véhicule, cependant, y ont laissé leur peau.

Et aucun train n’est jamais passé. Pourquoi? Parce que le sifflement du train provenait d’une publicité à la radio.

Anecdotique autant que tragique n’est-ce pas? Pourtant, ce genre de choses, beaucoup moins mortelles mais qui ont la même origine me sont souvent arrivées.

Je suis un abonné du 98.5 FM, lorsque je roule à voiture, surtout si c’est pour aller au travail. Il m’est arrivé deux ou trois fois d’entendre des effets sonores de sirènes d’ambulance ou de voiture de police. Au moins 2 fois. Et les deux fois, j’avais commencé à me tasser sur le bord de la route, en bon citoyen responsable, tout en cherchant d’où provenaient les sirènes. Si je suis le seul à entendre et à chercher les sirènes sur une route achalandée, est-ce qu’on peut convenir que c’est FUCKING DANGEREUX?

Je vous écrit ceci aujourd’hui parce que ça m’est encore arrivé vendredi dernier. Alors qu’on passait à la radio une publicité, je crois, d’une exposition sur l’histoire des taxis de New-York. Tout ce qu’on entend à part le narrateur, ce sont des bruits de klaxon. J’ai cherché quelques secondes dans mon rétroviseur avant de comprendre le phénomène. Il n’est rien arrivé, mais j’ai été déconcentré pendant une ou deux secondes, et l’on sait tous que c’est assez pour mettre des vies en danger.

J’aimerais donc rappeler aux stations de radio de bien vouloir FILTRER les publicités et les effets sonores qu’elles utilisent. Je l’ai déjà fait par courriel, on m’a répondu « Vous avez raison, on fera attention ».

Mon oeil.