Pawner des électroménagers pour s’acheter de la drogue



Les jours où j’ai des cours à l’université, je me rends à une station de métro à 10-15 minutes de chez moi afin de m’éviter un 30-45 minutes d’autobus tard le soir.

Hier ne faisant pas exception, j’étais de retour à ma voiture vers 22h30. Avant même d’avoir atteint ma voiture, mon 6ème sens (héritage génétique que je dois à mon papa) clignotait à fond la caisse : quelque chose cloche.

Premier réflexe : je fais le tour de la voiture. Pas de crevaison, ma plaque d’immatriculation est bien là, aucune égratignure. Lorsque j’arrive à la fenêtre du passager arrière gauche, un détail attire mon attention. La ceinture de sécurité est très tendue. Merde, la porte est déverrouillée. Le siège arrière était baissé, créant ainsi un tunnel naturel vers le coffre, ma voiture étant à haillon (« hatchback », comme dirait l’autre).

Bref, quelqu’un avait fouillé ma voiture, jusqu’à baisser les sièges pour avoir accès au coffre. Je suis pourtant absolument certain d’avoir verrouillé. Mais, si une clé avec commande  à distance offre l’avantage de verrouiller toutes les portes à la fois, elle offre aussi le désavantage de n’en verrouiller aucune si on oublie. Le filou a peut-être utilisé l’un de ces outils servant à déverrouiller les portes. C’était peut-être un peu invitant : sur ma banquette arrière siégeaient des sacs et boites remplis de vêtements que je devais aller porter à l’Armée du Salut.

Le forban avait tout fouillé. Le coffre à gant était ouvert, il avait vidé le sac de poubelle par terre (il avait peut-être faim?), a même fouillé dans ce sac contenant mon costume d’Halloween (je m’étais déguisé en fou, j’avais confectionné une ravissante camisole de force maison). Les 2-3 CD qui étaient dans ma voiture gisaient par terre. Le pire dans tout ça : rien ne manquait. Rien sauf… le petit électroménager neuf d’une valeur de 45$, encore dans sa boîte, qui était dans le coffre. Quelqu’un qui n’a pas de voiture m’avait demandé de l’acheter pour lui la veille.

J’ai fait mon devoir de citoyen et j’ai appelé la police de quartier. Ils m’ont donné un autre numéro de téléphone normal à 10 chiffres, où l’on m’a répondu « 911, puis-je vous aider? ». Je me sentais vraiment mal de déranger le 911 pour un vol aussi banal… Ils vont me recontacter pour un rapport par téléphone.

Enfin, la morale de cette histoire : ne rien laisser trainer sur la banquette arrière même si c’est des vêtements pour les pauvres. Car on ne sait jamais si un junkie en manque ne vous volera pas un petit électroménager pour aller l’échanger contre de l’argent chez un prêteur sur gages.

Il faut vraiment être en manque pour pawner un électroménager pour s’acheter de la dope.




Catégories : Tranche de vie

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