Archives de l'étiquette assurances collectives

fév 22 2008

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Le Détracteur Constructif

Pétition pour garder public le système de santé québécois

Habituez-vous, un jour, vous devrez peut-être payer pour cela…Voici une pétition pour les gens qui, même juste parfois, ont conscience que la santé est un droit, et non un privilège.

Pour ceux qui croient que la seule carte que l’on devrait sortir à notre arrivée à l’hôpital est la carte d’assurance maladie, et non la carte de crédit.

Pour ceux qui ont compris que les salles d’urgence des hôpitaux seront quand même pleines, de gens pauvres cette fois, même avec un système à deux vitesses.

Pour ceux qui croient que les gens riches ne devraient pas avoir de privilèges simplement parce qu’ils ont les moyens de se les payer.

Pour ceux qui croient, contrairement à ce qu’a dit monsieur Castonguay, que les citoyens ne doivent pas devenir une simple source de revenu pour les hôpitaux.

Avec cette pétition en ligne, nous demandons au ministre de la Santé :

  1. De préserver le régime public d’assurance maladie, de soins et de services ;
  2. D’enchâsser dans la loi québécoise les principes qui garantissent l’accès universel et gratuit aux soins médicaux requis ;
  3. D’agir afin de contrer le financement privé croissant du système de santé ;
  4. D’empêcher l’instauration d’un système privé parallèle ;
  5. De promouvoir une réforme en profondeur de l’organisation de notre système public de santé, en collaboration avec les représentantes et les représentants des groupes concernés, afin que chaque investissement ultérieur dans la santé porte réellement fruit.

Signez généreusement : www.votezsante.com

Pour les autres, mon opinion n’a pas changé : vous m’en reparlerez lorsque vous aurez un cancer ou un accident de voiture qui vous invalidera… et pas avant!

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fév 21 2008

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Le Détracteur Constructif

Maladies mentales propres au Québec, 1ère partie.

PS : Avant que vous n’alliez plus loin, veuillez noter que cette série de deux billets est une métaphore et ne traite pas réellement des maladies mentales au Québec. Je vous recommande également de faire le plein de jugement, car un apport élevé en sarcasme vous attend.

Le Bien Commun et Montrer L'Exemple, c'est pour les fous furieuxDans « l’ancien temps », au Québec, plusieurs maladies qui sont aujourd’hui bien connues et documentées étaient souvent vues comme une manifestation du Malin. Lorsqu’une personne souffrait, par exemple, d’épilepsie, ou de schizophrénie, la nouvelle d’une manifestation satanique se répandait en un temps record, et personne n’osait plus approcher le ou la malade, sauf pour l’humilier ou l’accuser d’entretenir des intentions maléfiques.

Vous serez peut-être surpris d’apprendre que de telles maladies, mentales cette fois, font toujours rage, et ceux qui en sont victimes sont souvent encore vues de la sorte par une majorité de gens. Ces deux maladies, étroitement reliées sont : Le Bien Commun, et Montrer l’Exemple.

Première partie : Le bien commun

Bon, fini le sarcasme, pour le moment. Je ne suis pas un vieux de la vieille. Je suis arrivé sur le marché du travail en 2002, alors que les pigistes et travailleurs autonomes pullulaient de partout. Pourtant, en apprenant de la vie, j’ai compris que pour mon bien personnel et celui des autres, certaines de mes actions ou décisions devaient parfois d’abord être orientées en fonction ce qui est bon pour la totalité de mon entourage immédiat. Faisant moi-même parti de ce groupe, je pourrais donc bénéficier moi aussi du résultat de ces actions ou décisions.

Soyons francs, mes amis. Nous sommes tous en faveur de l’équité et de la justice. Du moins, nous aimons dire que nous le sommes. Cependant, plus les années passent, et plus les définitions de l’équité et de la justice prennent une tournure individualiste et nombriliste.

À une certaine époque, nous nous battions pour ce que nous croyions être le bien commun : un salaire acceptable pour tous, des avantages sociaux pour tous, le même traitement pour tous, sans discrimination. Cependant, les temps changent, et il me semble que le bien commun ne soit plus qu’une pâle copie de la politique du laisser-faire.

De nos jours, l’équité dans les salaires et les conditions de travail, c’est démodé. Maintenant, l’équité semble plutôt incarner le droit à tous d’avoir un salaire proportionnel à sa capacité de négocier ses conditions de travail, sans même rêver de pouvoir connaître auparavant le salaire moyen des employés déjà en place. L’équité, c’est laisser le droit à tout employeur d’offrir des conditions de travail à la baisse à chacun des futurs employés potentiels, en espérant qu’il s’en contente. L’équité c’est donner l’opportunité à toute personne de gagner un salaire différent de celui d’un autre employé dont le poste et les tâches sont identiques.

La justice, de nos jours, c’est perdre son emploi parce que gens vendent tout ce qu’ils entendent à leur patronEt il y a aussi la justice, celle qui, normalement, assure tous et chacun de ne pas avoir à payer pour les erreurs des autres. Mais il n’en est plus ainsi. La justice, en 2008, c’est être congédié parce qu’on ne vous aime pas la face. C’est perdre son poste parce que le patron avait un ami qui cherchait un emploi. C’est se faire remercier parce que certains employés se font une joie de rapporter au patron tout ce qu’ils voient et entendent.

De plus, il me semble que vouloir le bien de tous est souvent vu comme un complot terroriste dans le but de porter atteinte aux libertés individuelles de chacun. Si un employé suggère des assurances collectives, une horde de boucliers se lèvent immédiatement : « Nous, on a de bonnes dents, nous on est en santé, vous n’avez aucun droit de manigancer pour nous forcer à payer cela. » Alors que des gens moins fortunés, eux, donneraient beaucoup (de choses qu’ils n’ont pas) pour pouvoir être couverts par une assurance maladie. Vous, qui avez de bonnes dents, sachez que vous ne les aurez pas toujours. Vous, qui avez une bonne santé, comment savez-vous qu’un cancer ne vous guette pas? Peut-on être à ce point voir si peu loin dans l’avenir?

Ce sera tout pour le moment!

La seconde partie de cette montée de lait, Montrer l’exemple, suivra dans un avenir proche.

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jan 11 2008

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Le Détracteur Constructif

La solitude dans la solidarité

Catégorisé sous Solidarité, Tranche de vie

Monsieur PeureuxDans les derniers jours, un triste souvenir est revenu à la surface, provenant d’une époque où les choses étaient un peu moins roses pour le Détracteur Constructif.

L’histoire se passe en 2006, alors que Jeune Détracteur est embauché par une entreprise comptant environ 17 employés. Le salaire est assez ordinaire mais mieux que ce que je gagnais avant, les assurances sont payées entièrement par l’employeur, bref, pas de quoi sauter de joie, mais pas de quoi se plaindre non plus.

L’entreprise génère des millions par mois, mais nous, les acteurs du succès de l’entreprise, gagnons environ 15 dollars de l’heure. Tous des jeunes ayant étudié les nouveaux médias, et qui sont sur le marché du travail depuis quelques années. Plusieurs sortent même à peine du collège ou équivalent.

Le propriétaire de l’endroit n’étant pratiquement jamais présent sur les lieux de travail, c’est le directeur exécutif qui dirige le bureau. Et comme le directeur sait pertinemment que nous ne sommes que de jeunes irresponsables parce que nous ne portons pas, comme lui, un complet et une valise et que nous avons tous au moins 3 ou 4 ans de moins que lui. Donc, aucune chance que nous soyons traités en adultes. Chaque matin nous devons être là à 7 h pile, manger entre 12 h et 13 h sans exception, et ne pas quitter avant que 16 h sonne à la seconde près. Les vendredi, nous lavons nos bureaux et nos ordinateurs dans la joie en s’arrosant avec de l’eau et en se bombardant de papier essuie-tout. Un vrai environnement d’adultes, quoi.

Dans mon cas, je travaillais pour nourrir deux personnes, Fiancée étant aux études à temps plein. Mes collègues sont donc un peu plus en moyens, mais se permettent plus de dépenses, bref personne n’a vraiment beaucoup d’argent. Il m’est alors venu à l’idée de demander s’il serait possible d’avoir une carte d’assurance qui paie les services (dentaires et oculaires, etc) du premier coup afin de nous épargner le premier versement de frais. (Car c’est vraiment contrariant d’avoir des assurances quand on a pas les moyens de débourser disons le 200 $ ou 300 $… même s’il nous est remboursé une semaine après, certains ne peuvent évidemment pas se permettre de se passer de 300 $ pendant une semaine).

Pas plus fou qu’un autre, je sais que je dois d’abord m’assurer de l’appui de mes collègues. Je fais donc le tour du bureau, discrètement, et je m’entretiens avec ces jeunes gens. Plusieurs étaient d’accord pour appuyer ma demande, mais pour les autres, ça mérite carrément d’être développé un peu plus. Voici donc les réponses les plus insignifiantes que j’ai reçues :

Peureux : « Je suis d’accord mais j’ose pas le dire parce que je suis pas encore permanent. »

Ok. Moi à cette époque, je suis permanent depuis environ 1 mois. La différence c’est quoi? Ce que je fais maintenant, c’est pour améliorer ton avenir plus tard, lorsque tu seras permanent, justement. Si le patron est assez sauvage pour virer un employé non permanent qui fait une simple demande, est-ce que, sérieusement, il s’empêchera alors de te virer parce que tu es permanent? C’est quand même ton avenir ici qu’on essaie de déterminer et d’améliorer. Si tu veux avoir un rôle dans ton avenir dans cette compagnie, c’est maintenant qu’il faut le faire.

Égoïste : « Moi ça me fait chier des assurances, j’ai eu un appareil dentaire quand j’étais petit alors mes dents sont parfaites. En plus je certain qu’on est moins payé à cause de ces assurances-là. »

Avant de lui souhaiter de se faire battre le portrait à coup de bâton de baseball jusqu’à ce que plus-de-dents s’ensuive, j’ai réfléchi un petit peu. On a affaire ici à un fils de riche qui se préoccupe peu de son travail, qui a conduit une Mitsubishi qui rend jaloux le patron (et qu’il n’a certainement pas payé, c’est son premier vrai travail). Le monsieur il ne veut pas avoir une meilleure batterie d’assurances, parce que de toute façon il ne s’en sert pas. Et moi de le convaincre en lui disant « Tu sais, si tu crois vraiment que ton salaire est moins élevé à cause des assurances, aussi bien que ça en vaille la peine! Si on avait cette fameuse carte, au moins, t’aurais le mieux qu’il est possible d’avoir pour le montant que tu penses perdre ».

Et, à mon grand bonheur et léger désespoir, il est d’accord pour appuyer ma demande.

Quelques jours plus tard, alors que je n’ai pas terminé de rencontrer tout le monde, le patron nous rencontre :

Trouduc - « Bon, je vais peut-être vous prendre par surprise mais voilà : J’ai annulé les assurances. Il parait que ça faisait trop de débat et je n’ai pas envie d’endurer ça. En compensation, vous recevrez un chèque dont le montant sera ajusté en fonction de votre ancienneté ».

Je sens le sang qui commence à bouillir dans mes veines, mes tempes palpitent de rage. J’ai envie de lui sauter au cou. Je demande : « Est-ce que c’est un chèque que nous recevront chaque année? »

La réponse : « Non. »

J’explose. « Donc là ça veut dire que tous nos acquis, en fait, notre seul acquis, on le perd et on ne fait que reculer et il faudra recommencer à se battre pour avoir des avantages? »

Et il a le culot de me répondre « Oui. Il faut comprendre que moi j’ai des enfants, et que je m’en prive également, et patati et patata. »

Le reste est assez loin dans ma mémoire, tout ce dont je me souviens, c’est que j’étais rouge-bleu-vert, et que personne d’autre n’a levé la voix. Même que plusieurs ont fait « Cool, un chèque de 800 $! »

Chien enragéDonc, moi en plus de perdre le seul avantage que j’avais, je passe pour un chien enragé qui ne veut pas mettre de l’eau dans son vin. Sans compter que l’un de ceux qui n’ont rien osé dire (ci haut nommé « Peureux ») est venu me remercier d’avoir défendu les intérêts des employés.

Nul besoin de vous dire que ma recherche d’emploi a commencé à cette seconde près. J’ai eu la chance de me trouver quelque chose environ un mois plus tard. En quittant cet endroit, même si j’ai eu quand même du plaisir, je me demande encore ce qui m’a le plus frustré : l’attitude du petit dictateur d’arrière province, ou la mollesse moutonneuse de mes coéquipiers. Mais que cela me serve de leçon… parmi les lâches, le guerrier ne gagne pas la guerre.

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