jan 23 2008
Bell, le BlackBerry et la laisse volontaire.
Ici je sens que je vais me faire critiquer (ou pas), mais je pense que ça vaut la peine d’être débattu.
Étant moi-même très intéressé par les gadgets et autres nouveautés du monde technologique, j’aime bien me tenir au courant de ce qui se fait de nouveau. Il existe des centaines de sites énumérant les toutes dernières inventions en matière de gadgets électroniques, bien que souvent elles tiennent de la fantaisie la plus inutile. Si des entreprises ont de l’argent à dépenser pour développer de telles folichonneries, grand bien leur fasse.
Cependant, certaines de ces inventions font leur petit bonhomme de chemin et se retrouvent dans notre quotidien. Bien que je ne nie pas l’utilité de ces instruments, ce sont parfois leur utilisation qui me préoccupent. J’ai récemment entendu une publicité radiodiffusée de Bell où les fameux castors (un pure hasard en rien relié à une quelconque emblême canadienne) annoncent une bonne nouvelle aux dirigeants d’affaire, dont voici une approximation :
Vous pouvez dorénavant augmenter la productivité de vos employés grâce à notre nouveau forfait : achetez un BlackBerry, vous en obtiendrez 4 gratuitement.
D’abord, il aurait ici pu s’agit de n’importe quelle entreprise, mais comme il s’agit de Bell, déjà ça me laisse un goût amer. J’ai le plus grand mépris pour Bell depuis cette nouvelle datant du mois de mai 2007 racontant que plusieurs employés à temps partiel risquaient de perdre leur emploi parce que Bell considérait la sous-traitance en Inde.
Ma mésestime n’a pu s’empêcher de s’accroitre à l’annonce selon laquelle le service 411 anglophone de Bell Canada serait dorénavant opéré à partir des Philipines.
Bref, pour résumer, Bell devra à tout jamais se passer de ma clientèle.
Ensuite, mon problème avec l’utilisation du fameux BlackBerry. D’abord, remarquez que Bell prend non seulement soin d’offrir un rabais plutôt hors du commun (4 BlackBerry gratuits! Quand même!), mais surtout de souligner que posséder un Blackberry augmente la productivité d’un employé.
Chacun sait que les employés possédant un Blackberry en deviennent rapidement dépendant le jour comme la nuit, sans compter les weekends. Ce n’est sans doute pas le cas de tous, mais la preuve n’est quand même plus à faire. Que ce soit en vacances, en voyage d’affaire, il y a eu moult témoignages de « BlackBerrynautes » affirmant qu’il s’agit non seulement de leur nouvelle laisse électronique, mais également d’une source de stress considérable, car ils ne cessent de se demander s’ils ont reçu de nouvelles instructions sur leur petit jouet.
Mais tout ça, à qui la faute? Certainement pas à Bell, qui se contente de l’utiliser comme argument de vente. Aux patrons? Peut-on vraiment en vouloir aux patrons d’utiliser des moyens drastiques pour s’assurer la collaborations de leurs employés le jour comme la nuit? Si on se met dans la peau d’un patron qui ne pense qu’à ses profits, nous verrions sans doute là une occasion en or. Cinq pour le prix d’un, quand même!
Non, ceux qui me donnent la chair de poule, ce sont ceux qui reçoivent un BlackBerry « gratuitement » de la part de leur patron et qui sont fort reconnaissant du beau geste de leur supérieur.
Remarquez, encore là, ce n’est pas si grave, ça peut être tout à fait agréable d’avoir un tel joujou. Ce qui est le plus grave, c’est de tomber innocemment dans un panneau trop gros pour qu’on puisse bien le distinguer. Voyez-vous, si vous montrez le moindre débordement d’enthousiasme en vous ruant sur votre BlackBerry en pleine soirée ne serait-ce qu’une fois pour faire une surprise à votre patron ou à l’un de ses sous-fifres, vous risquez de créer un précédent personnel. Et si vous continuez, hé bien vous créez une routine.
Et dès que vous en aurez marre, et que vous déciderez de laisser tomber votre BlackBerry, on considèrera que vous n’êtes plus aussi travaillant qu’avant, que vous ne faites plus autant d’efforts et que votre rendement est à la baisse.
Et là, je suis bien désolé, mais vous ne pourrez n’en prendre qu’à vous-même. À moins, évidemment, que cet horaire particulier fut inclus dans votre contrat d’embauche. Dans ce cas-ci, je ne peux vous reprocher de ne pas avoir de vie, c’était un choix pris en toute connaissance de cause. Personnellement, moi, si je devais vraiment avoir un BlackBerry pour mon travail, il serait enfermé à double tour dans mon tiroir au bureau dès que je m’apprête à partir pour la maison… C’est aussi un traitement permanent que je réserve à d’autres aberrations cléricales comme documents ou cartes d’affaires uniquement en anglais, etc.
Si vous êtes un propriétaire de BlackBerry (ou qu’on vous en a « prêté » un), je suis tout disposé à avoir votre avis (c’est GRATUIT!). Même chose si vous considérez en acheter un, ou simplement si vous avez une opinion sur ce sujet.






