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De Kestre? – De forts joyeux soldats

Bonjour à vous tous.

Bienvenue à la toute première édition des chroniques « De Kestre? ». Il s’agit simplement d’une chronique, sérieuse ou non, dans laquelle j’expliquerai ou énoncerai des faits inusités, ou des choses que j’ai entendues, mais que je ne comprends absolument pas.

Ce ne sont pas nécessairement des critiques, simplement des faits de tous les jours qui défient entièrement mes réflexions personnelles.

De forts joyeux soldats

Bâtiments de guerre et arc-en-ciel

Bâtiments de guerre et arc-en-ciel

Ce soir, aux nouvelles, ils ont parlé d’une manifestation d’un groupe d’homosexuels devant la maison blanche. Ces messieurs/dames voulaient protester contre le fait que la promesse d’Obama de permettre les homosexuels dans l’armée tardait à être tenue.

Comme vous le savez peut-être, je suis pour l’égalité des chances pour tous, et contre la discrimination positive. Cependant, j’ai beaucoup de difficulté à comprendre cette revendication.

En effet, il me semble qu’il n’y a pas si longtemps, on entendait parler de femmes qui se faisaient maltraiter dans l’armée canadienne. Ça avait fait tout un scandale. Bon, ça date sans doute des années 90. Mais dans l’échelle de l’histoire humaine, c’est un cours laps de temps. Mais comme chacun le sait, les mœurs évoluent et nous sommes de nos jours plus « avancés » en matière d’homosexualité au Canada. Évidemment, il y aura toujours de exemples pour réfuter ce que je viens de dire. Mais en gros, je pense que ça passe bien.

Cependant, étant donné le contexte américain, j’ai peine à comprendre les motivations. Outre le fait que s’enrôler peut être une solution avantageuse (ça aussi c’est relatif, et discutable) pour une certaine tranche de la société, il ne faut pas oublier que l’armée est sans doute, à petite échelle, une représentation à peu près exacte de la société américaine. Bref, ce que je veux dire, c’est que l’armée contient probablement aussi des extrémistes, des fous de la religion, des « vrais patriotes », qui, malgré l’application d’une nouvelle loi, n’accepteront jamais la présence d’homosexuels dans leurs rangs.

Si j’applique mes principes, évidemment, tout le monde devrait pouvoir s’enrôler, sans aucun compromis ou discrimination. Mais si les homosexuels recherchent l’équité, ils ne doivent pas oublier leur droit à l’intégrité physique, qui est un principe fondamental. Pourquoi s’enrôler dans l’armée si on se doute qu’on risque de s’y faire casser la figure dès qu’on se retrouve dans un coin sombre? Quelqu’un peut-il réellement renoncer à son droit à l’intégrité physique? Surtout quand on sait que les soldats sont formés pour être solidaires… Ils le seront aussi dans la discrimination.

Avant le droit d’aller se battre pour son pays, devrait venir de droit de ne pas se faire casser la figure par ses compatriotes simplement parce qu’on est ce qu’on est. Malgré toute la bonne volonté de monsieur Obama (et de millions d’autres personnes) je crois que les voisins du sud sont très loin d’être prêts pour ce genre de changement drastique. Il leur faudra d’abord connaître leur propre révolution tranquille, où religion et capitalisme devront être fortement ébranlés…

La discrimination positive, c’est encore de la discrimination

Discrimination PositiveDésolé, chers lecteurs, si je vous ai négligés ces derniers temps. Nous avons beaucoup de boulot au bureau, et mes pauses qui servaient normalement à composer mes textes servent vraiment à me reposer.

Je vais aujourd’hui vous entretenir d’un sujet à propos duquel j’ai forgé mon opinion il y a un bon moment, mais qui a récemment refait surface alors que je discutais en ligne avec ce cher Alex, alias Le Satellite Voyageur. En fait, je lui expliquais qu’à l’endroit où je travaille, il y a un employé gai qui a probablement pu profiter de cet avantage pour accéder à un poste très particulier dans un projet où nous avons justement à tisser des liens avec la communauté homosexuelle.

Je me suis donc demandé s’il avait accédé à ce poste avec le temps, ou s’il avait directement appliqué pour ce poste qui, quand même, lui va comme un gant. Car je n’imagine pas une annonce d’entreprise disant “Entreprise cherche gai pour tel poste“, pas plus que je n’imagine un CV avec la mention “Autres informations pertinentes : Je suis homosexuel“. Mais je me dis que, comme il n’y a qu’une femme pour comprendre une femme (et on pourrait en énumérer d’autres), personne n’est mieux placé qu’un gai pour comprendre ce qu’aiment les gais… Ce poste est tout à fait pertinent pour lui, et je suis convaincu qu’il ne s’agit pas là de discrimination positive.

Mais parlons-en, de discrimination positive. J’ai réfléchi ce matin, en roulant jusqu’au boulot. J’ai la légère impression que profit ne va pas avec discrimination positive. Je travaille pour une entreprise dont le but est entièrement lucratif. Ils engagent les meilleurs, afin de rester les meilleurs. Je travaille avec un programmeur d’origine haïtienne, un autre d’origine maghrébine, et troisième d’origine roumaine. Et je sais que s’ils sont mes collègues de travail, c’est parce qu’ils étaient les plus compétents pour combler le poste. Et ils le sont, croyez-en mon expérience.

Cependant, pour avoir déjà travaillé pour un Ministère québécois lors d’un emploi d’été, j’ai bien évidemment remarqué qu’il y avait là de la discrimination positive. Or, il ne s’agit pas ici d’une entreprise à but lucratif, mais bien d’un service public. Le but n’étant pas de faire de l’argent, on sacrifie des “meilleurs” pour engager des “discriminés”. Je crois que c’est un peu de notoriété publique, mais je n’ai pas fait de recherches très poussées à ce sujet, je dois l’admettre. Ce ne sont ici que mes observations personnelles.

D’ailleurs, Jean Charest a lui même fait preuve d’un évident coup de discrimination positive lorsqu’il a monté son cabinet, donnant 50% des ministères à des femmes.

Comprenez-moi bien. Je n’ai rien contre le fait que des femmes soient ministres, je trouve même cela très bien. Mais qu’elles le soient parce qu’elles sont les meilleures pour le poste, et non pour attirer la sympathie de l’électorat féminin. D’ailleurs, Charest n’a pas réussi à berner Janette Bertrand, grande dame très respectable qui a toute mon admiration. Elle a dit, devant les micros “Monsieur Charest, dites à tout le monde quelles sont les vraies raisons qui vous ont poussé à faire cela”. Ce ne peut être que le capital politique.

Si je m’attarde un peu à l’autre côté de la médaille, je dois en convenir que certains profitent véritablement de la discrimination positive. Par exemple, un québécois d’une origine étrangère peut certainement avoir un poste prestigieux ici, alors que chez lui il serait condamné à la misère. Tout cela parce qu’il est écrit dans quelque nuage qu’on doit engager un certain pourcentage d’immigrants dans la fonction publique. Ce n’est pas mal en soi, si la personne s’en accommode et n’a pas trop d’orgueil…

Mais autrement, il y a certainement des gens qui sont “visés” par la discrimination positive et qui tentent de comprendre le message véhiculé par un tel moyen. Que peut donc comprendre quelqu’un qu’on engage parce qu’il est immigrant, gai, ou autre? Je me permets de vous énumérer les messages qui, je crois, sont diffusés par la discrimination positive :

  • Tu n’étais pas notre premier choix
  • Nous t’avons choisi, mais ce n’est même pas parce que tu es le meilleur
  • Tes compétences sont moins importantes que ce qu’on peut voir à l’oeil nu
  • Nous n’avions pas vraiment besoin de toi, mais c’est bon pour notre image
  • La couleur de ta peau ou ton orientation sexuelle ou ton sexe a été un critère déterminant lors de ton embauche
  • Nous aurions pu prendre le meilleur, mais nous économisons en t’embauchant
  • Nous ne réussissons pas à naturellement faire preuve d’ouverture, ton rôle est donc la preuve de notre ouverture

Je soutiens donc qu’en 2008, il n’y a plus de doute que les néo-québécois d’origines africaine, maghrébine ou asiatique, ainsi que les homosexuels, les femmes et les handicapés physiques ont tous le même potentiel d’intelligence, de détermination et de volonté. S’ils sont au Québec, ils ont tous accès à l’éducation (pour le moment…), et ont chacun la chance de devenir les meilleurs dans un métier qui les passionnent.

Ils peuvent tous devenir des sommités s’ils en ont le courage, et au moins convaincre par leurs efforts qu’ils sont le meilleur choix possible pour un employeur. Dans le milieu de travail, si l’on doit être en compétition contre les autres (ce qui est normalement sain…), que ce soit en affrontant les compétences et les connaissances des nos concurrents, et non la couleur de leur peau ou leur orientation sexuelle.

L’égalité et l’équité, c’est aussi de pouvoir compétitionner et avancer dans la vie avec les mêmes critères. Il s’agit de s’assurer, en tant que société, de continuer dans cette direction, et de cesser de regarder en arrière.