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Les entreprises – Rester compétitif pour tous

Les contratsCombien de fois entendons-nous parler de fermetures d’usines, d’emplois coupés, de baisses de salaires, qui sont expliquées par l’employeur à travers la phrase miracle qui ressemble généralement à “Nous devons rester compétitif!“.

Bien sur, il faut rester compétitif vis-à-vis la concurrence, pour que nos clients n’aillent pas voir ailleurs. Soit. Mais il faut également l’être envers ses employés, pour qu’eux n’aillent pas voir ailleurs, chez la concurrence par exemple. Et c’est ce que plusieurs compagnies ne comprennent pas.

Quelqu’un qui n’est pas satisfait de ses conditions de travail va certainement, et avec raison, être intéressé par ce qu’il voit à l’extérieur. Quelqu’un qui n’est pas satisfait de son salaire a encore plus de raisons de vouloir aller voir ailleurs. Et dans certains domaines, la main d’oeuvre qualifiée et expérimentée se fait parfois rare, ce qui rend encore plus important le besoin de garder ses employés heureux et satisfaits.

L’entreprise où je travaille compte plus de 50 employés. L’employeur paie l’entièreté des assurances. Nous avons un REER collectif. Nous sommes bien payés. Aujourd’hui, j’ai eu droit à mon évaluation annuelle. Comme mes supérieurs directs et le directeur étaient somme toute très satisfaits de mon travail, j’ai eu une augmentation de salaire qui équivaut à presque le double de ce à quoi je m’attendais…

Moi qui m’était préparé avec mes statistiques d’inflation, prêt à défendre mon point comme quoi “une augmentation de moins de 2,5% constitue une baisse de salaire déguisée étant donné la baisse du pouvoir d’achat“, et j’avais appris par cœur tous les chiffres concernant mon salaire annuel et mon taux horaire, pour pouvoir faire des comparaisons mentales. Tout ça en vain. Car mon employeur me l’a dit : “Je suis satisfait, je veux te garder moi! Disons que c’est dans mon intérêt!“.

Je ne comprends pas pourquoi des employeurs s’entêtent à offrir des augmentations de salaire de 10 cents ou 15 cents de l’heure, et ce à reculons, après s’être fait tordre un bras. Est-ce que ça ne vaut pas le coup de monter le salaire de quelqu’un qui nous rapporte beaucoup? Est-ce que risquer d’avoir à remplacer quelqu’un et de former un nouvel employé en vaut vraiment la chandelle pour sauver 10 cents de l’heure?

Bref, je ne comprendrai jamais. Je comprends que certaines entreprises n’ont pas de sous, mais quand même.

Noisette me dira sans doute “Parce que c’est des boss d’entreprises, et les boss, comme les entreprises, sont là pour faire des profits“.

Je suis sans doute un peu naïf. Mais je suis néanmoins bien heureux d’avoir cet emploi là…

Maladies mentales propres au Québec, 1ère partie.

PS : Avant que vous n’alliez plus loin, veuillez noter que cette série de deux billets est une métaphore et ne traite pas réellement des maladies mentales au Québec. Je vous recommande également de faire le plein de jugement, car un apport élevé en sarcasme vous attend.

Dans « l’ancien temps », au Québec, plusieurs maladies qui sont aujourd’hui bien connues et documentées étaient souvent vues comme une manifestation du Malin. Lorsqu’une personne souffrait, par exemple, d’épilepsie, ou de schizophrénie, la nouvelle d’une manifestation satanique se répandait en un temps record, et personne n’osait plus approcher le ou la malade, sauf pour l’humilier ou l’accuser d’entretenir des intentions maléfiques.

Vous serez peut-être surpris d’apprendre que de telles maladies, mentales cette fois, font toujours rage, et ceux qui en sont victimes sont souvent encore vues de la sorte par une majorité de gens. Ces deux maladies, étroitement reliées sont : Le Bien Commun, et Montrer l’Exemple.

Première partie : Le bien commun

Bon, fini le sarcasme, pour le moment. Je ne suis pas un vieux de la vieille. Je suis arrivé sur le marché du travail en 2002, alors que les pigistes et travailleurs autonomes pullulaient de partout. Pourtant, en apprenant de la vie, j’ai compris que pour mon bien personnel et celui des autres, certaines de mes actions ou décisions devaient parfois d’abord être orientées en fonction ce qui est bon pour la totalité de mon entourage immédiat. Faisant moi-même parti de ce groupe, je pourrais donc bénéficier moi aussi du résultat de ces actions ou décisions.

Soyons francs, mes amis. Nous sommes tous en faveur de l’équité et de la justice. Du moins, nous aimons dire que nous le sommes. Cependant, plus les années passent, et plus les définitions de l’équité et de la justice prennent une tournure individualiste et nombriliste.

À une certaine époque, nous nous battions pour ce que nous croyions être le bien commun : un salaire acceptable pour tous, des avantages sociaux pour tous, le même traitement pour tous, sans discrimination. Cependant, les temps changent, et il me semble que le bien commun ne soit plus qu’une pâle copie de la politique du laisser-faire.

De nos jours, l’équité dans les salaires et les conditions de travail, c’est démodé. Maintenant, l’équité semble plutôt incarner le droit à tous d’avoir un salaire proportionnel à sa capacité de négocier ses conditions de travail, sans même rêver de pouvoir connaître auparavant le salaire moyen des employés déjà en place. L’équité, c’est laisser le droit à tout employeur d’offrir des conditions de travail à la baisse à chacun des futurs employés potentiels, en espérant qu’il s’en contente. L’équité c’est donner l’opportunité à toute personne de gagner un salaire différent de celui d’un autre employé dont le poste et les tâches sont identiques.

Et il y a aussi la justice, celle qui, normalement, assure tous et chacun de ne pas avoir à payer pour les erreurs des autres. Mais il n’en est plus ainsi. La justice, en 2008, c’est être congédié parce qu’on ne vous aime pas la face. C’est perdre son poste parce que le patron avait un ami qui cherchait un emploi. C’est se faire remercier parce que certains employés se font une joie de rapporter au patron tout ce qu’ils voient et entendent.

De plus, il me semble que vouloir le bien de tous est souvent vu comme un complot terroriste dans le but de porter atteinte aux libertés individuelles de chacun. Si un employé suggère des assurances collectives, une horde de boucliers se lèvent immédiatement : « Nous, on a de bonnes dents, nous on est en santé, vous n’avez aucun droit de manigancer pour nous forcer à payer cela. » Alors que des gens moins fortunés, eux, donneraient beaucoup (de choses qu’ils n’ont pas) pour pouvoir être couverts par une assurance maladie. Vous, qui avez de bonnes dents, sachez que vous ne les aurez pas toujours. Vous, qui avez une bonne santé, comment savez-vous qu’un cancer ne vous guette pas? Peut-on être à ce point voir si peu loin dans l’avenir?

Ce sera tout pour le moment!

La seconde partie de cette montée de lait, Montrer l’exemple, suivra dans un avenir proche.

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