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Le métal social

Le tout premier spectacle auquel j’ai assisté avait lieu en 1997. J’avais alors 18 ans.

J’avoue que c’est assez tard dans la vie pour aller voir un vrai spectacle. J’y allais pour accompagner un ami qui avait une paire de billets. Peu nécessaire de réserver sa place, ceci dit, dans un spectacle où il y a environ 20 personnes. Malgré la petitesse de la foule dans le Spectrum de Montréal, j’avais bien aimé le spectacle. Le premier groupe s’appelait Minds, et le groupe en tête était Guérilla.

Et là, il y a un hiatus de 13 ans. Nous sommes au printemps 2010. Nous sommes chez une amie (MFL, pour ne pas la nommer), et nous parlons de musique. Et tout d’un coup, je dis « Moi, le premier spectacle que j’ai été voir, j’avais 18 ans et c’était Guérilla » MFL me regarde, yeux grands ouverts « Pour vrai? J’ai justement un de leur CD! »

Cherche le CD « Plus question de reculer. » Ouvre le boitier du CD. Met le CD dans le système de son. Il n’en fallu pas plus pour que je sois complètement ébloui par cette nouvelle découverte… 13 ans en retard!

Je dis « en retard » car le groupe n’existe malheureusement plus aujourd’hui.

Je suis un métalleux pas mal endurci et borné, et j’aime rarement m’adonner à l’écoute d’autres genres musicaux. Pourquoi? Parce que ces groupes n’arrivent pas à me faire frissonner. Les seules exceptions sont les groupes engagés prônant la protection du français, de l’indépendance ou la justice sociale (ex : Loco Locass, Les Cowboys Fringants). Il n’est pas rare que je frissonne à leurs paroles.

Guérilla? Un divin mélange. Du métal lourd parfois enchevêtré à de la musique du monde, un peu de rap, et un message social du tonnerre.

Je ne suis pas fâché de ne l’avoir découvert qu’aujourd’hui. Car il y a 13 ans, je n’étais absolument pas prêt à comprendre ce que Guérilla tentait de faire. MFL m’a dit qu’ils répétaient souvent ceci : « Nous ne sommes pas un groupe de musique, nous sommes une formation politique ». (C’est très à peu près, elle pourra compléter dans mes commentaires héhé).

Indépendance, environnement, histoire du Québec, langue française, histoire du syndicalisme, histoire des patriotes, dénonciations. Voilà ce qu’était la vocation de Guérilla.

Je vous laisse donc profiter de cette découverte tardive. Voici le vidéoclip de la chanson « Mille neuf cent quarante-neuf ».

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Mille neuf cent quarante-neuf

Afin de faire reconnaître des droits élémentaires
Tels que gagner leur pain dans un environnement sans poussière
Pour qu’au coût de la vie s’ajustent leurs salaires
Et ainsi échapper à l’emprise de la misère

Afin de faire reconnaître leur institution syndicale
Et pouvoir profiter d’une sécurité sociale
Les mineurs durent choisir entre la grève illégale
Et le recours à l’institution arbitrale

Or celle-ci, de l’autre camp était une alliée
Les travailleurs, donc, jamais n’hésitèrent
Et c’est en quarante-neuf, le treize de février
Qu’à Asbestos, deux mille hommes se mobilisèrent

La justice sociale doit être placée au-dessus de la légalité

Les travailleurs d’autres mines emboîtèrent le pas
Faisant plus que doubler les rangs de la cause prolétaire
Contre eux une puissante et cruelle coalition se créa
Au patronat, Duplessis et son gouvernement se liguèrent

Ensemble, ils menèrent une propagande anti-syndicat
Puis à cela s’ajoutèrent les briseurs de grève téméraires
La stratégie étant vaine, sans résultat
Le ministre du Travail dépêcha les forces policières

Les grévistes n’étaient cependant pas seuls au front
Ils jouissaient de l’appui de la population
L’Église les encourageait à tenir bon
Et pour leur subsistance, le syndicat mit sur pied un fonds

La justice sociale doit être placée au-dessus de la légalité

Dans le but de mater le mouvement ouvrier
Vers Asbestos se dirigea une caravane de policiers
Des mitraillettes, revolvers et lance-grenades armés
En quelques heures la ville fut assiégée, contrôlée

C’est à ce moment que commencèrent les actes de brutalité
Plusieurs grévistes sauvagement battus, visages tuméfiés
Deux cents personnes détenues, menacées; leurs droits bafoués
Mais encore à la solidarité, l’alliance patronat-état vint se buter

Puis enfin vint le temps d’un règlement
Et, bien que les gains immédiats furent peu importants
À long terme, tout notre peuple en sortit gagnant

Par la prise de conscience que la crise a engendrée
On peut espérer qu’à jamais soit hissée
La justice sociale au dessus de la légalité

Je pensais qu’on était en 2010

Je ne comprends juste pas. J’en suis au point où chaque fois que je visite un supermarché ou une pharmacie, je me précipite sur le premier calendrier venu pour regarder la date du jour.

Nous sommes bien en 2010.

Éponge dans son plus simple appareil

Alors, pourquoi, ô grand pourquoi ai-je eu autant de difficulté à trouver une vulgaire éponge. Savez, une éponge. Rectangulaire, de couleur jaune ou verte, avec de trous. C’est fait pour absorber le liquide. Vous vous en rappellerez peut-être si je vous dit que parfois, on en voit dans les publicités de produits nettoyants, dans les mains d’une dame qui porte des gants de caoutchouc jaune.

Mais que puis-je bien avoir derrière la tête pour utiliser un tel engin, vous demandez-vous. Vous allez rire : J’avais l’intention de l’utiliser pour nettoyer mon bain. Comme par exemple : étendre une solution nettoyante, passer l’éponge, et rincer. Marrant, n’est-ce pas?

Hé bien non, je n’ai pas trouvé d’éponge. Ni à la pharmacie, ni à l’épicerie. NON, madame, je ne cherche PAS le Scrunge Vitrocéramique de Vileda. Non plus que l’Effaceur Magique Récure Salle-de-Bain de Monsieur Net qu’on doit jeter quand elle ne contient plus de solution nettoyante. Je cherche une vulgaire éponge, savez, celle qui dure 10 ans parce que tout ce qu’on lui demande, c’est d’absorber du liquide. Non? Vous n’en avez pas? Ah bon, merci.

Je remercie le ciel qu’on puisse encore trouver des balais. Des balais du genre : un bâton avec des poils au bout. Parce que, vous savez, les gens vous ont convaincu que c’était bien mieux d’acheter un balai avec une moppe au bout que vous devez remplacer à interval régulier. Bien sur, vous voyez la différence, mais la poussière, elle, la voit-elle?

Enfin, bref, l’idée ici, n’est pas de dénoncer l’idée d’avoir un instrument qui est plus efficace ou plus performant. Je veux dénoncer la simple idée qu’on doive jeter ou remplacer une partie ou l’entièreté de cet instrument car il est PRÉVU qu’il ne fonctionnera plus après un certain temps.

Est-ce vraiment logique, qu’en 2010, les grands fabricants d’appareils photo produisent encore des appareils photo JETABLES ? « Oui mais ça se recycle, là » que vous répondrez. Et le recyclage, vous n’avez pas pensé que ce n’est pas la solution à tout? Il faut recycler quand c’est nécessaire, sacrebleu, mais pas quand on peut l’éviter en choisissant un produit qui dure plus longtemps!

Autre phénomène qui me dresse les poils sur les bras, c’est quand je passe dans l’allée des boissons gazeuses et friandises au supermarché. Chez Métro, près de chez moi, la section réservée aux bouteilles d’eau est AUSSI GRANDE que celle réservée aux boissons gazeuses. Est-ce que quelqu’un va vraiment me dire que 1- il voit une réelle différence d’une marque à l’autre, 2 – qu’il serait vachement embêté dans son choix s’il y avait la moitié moins de marques de bouteilles d’eau, 3- que c’est tout à fait socialement et moralement acceptable de vendre de l’eau en bouteille alors que c’est (encore) une ressource gratuite au Québec?

Ne vous méprenez pas, je sais qu’il peut être tout à fait pratique d’avoir une bouteille d’eau à portée de main dans plusieurs contextes. Est-ce vraiment nécessaire d’en acheter une caisse de 24 pour ça?

Les bouteilles d’eau, par chez nous, s’achètent à l’unité, et sont réutilisées un minimum de 3 ou 4 fois chacune, si ce n’est pas plus. Et même là, j’ai encore honte d’acheter des bouteilles d’eau. Mais qu’est-ce qui fait que je les achète aussi facilement?

Une seule réponse : Elles sont disponibles. Et c’est là le coeur du problème.

Je ne m’avancerai pas davantage dans ce débat, je voulais simplement rapporter le fait qu’on a beau être en 2010 et avoir un discours rationnel sur l’utilisation de nos ressources et matériaux, la bonne volonté des grandes entreprises ne nous tombera pas du ciel, il faudra aller la chercher de force, et il n’y a pas 1000 façons de le faire : il faut continuer à chercher la bonne vieille éponge de marque inconnue même s’il faut faire 2-3 endroits, plutôt qu’en acheter une de marque nationale que vous devrez remplacer dans 2 semaines…

Les fondations d’une société

L'importance des fondations

L'importance des fondations

Ce n’est certainement pas tous les jours que j’ai l’occasion d’avoir une courte discussion avec un fédéraliste militariste pro-américain conservateur et de droite (que de synonymes dans cette phrase!). Mais ça m’est arrivé cette semaine. Pas que j’aie eu bien le choix : le gars était là et accompagnait des gens que je côtoie.

Nous lui avons raconté que nous aimerions bien vivre quelques années en Suède pour savoir ce que ça fait de vivre dans un pays qui a des valeurs sociales qui nous conviennent beaucoup mieux.

Le monsieur nous a répondu « Oui mais tu savais que la Suède a eu un virage à droite important depuis les dernières années, car ils n’étaient absolument pas compétitifs économiquement. »

Le reste de la discussion a très peu d’importance. Mais ce qu’il m’a dit m’a quand même vraiment fait réfléchir, et j’en suis venu à une hypothèse.

Je crois fermement que peu importe le gouvernement en place et les vagues socialistes ou capitalistes qui  balaient un pays, ce pays dépendra toujours des valeurs qui sont profondément ancrées dans la vie de son peuple. Bref, peu importe ce que l’on construit, ce sont les fondations qui font une différence.

Si je garde l’exemple de la Suède, qui est depuis longtemps un exemple d’innovation en écologie et environnement, le fait qu’ils aient maintenant un gouvernement de centre droit n’a en rien affecté les valeurs profondes de ses habitants. Même s’ils consomment autant que quiconque, ils trouvent encore le moyen d’être des leaders en environnement, et aussi sur le côté social. Ils ont encore (quelque chose comme) 5 semaines de vacances par années, 10 jours de congés de maladie et quelques jours pour la famille. Pour eux, tout cela va de soi, ce n’est rien de très spécial.

Or, si on compare à nous, je pense qu’on a le résultat qu’on mérite. Les valeurs qui sont ancrées en nous sont des valeurs capitalistes, de travailleurs assidus, de consommateurs assidus, et peu importe ce qu’on essaiera de construire par dessus ces fondations sera le résultat que l’on voit aujourd’hui : 2 semaines de vacances par an, une société ou la protection de l’environnement est plus un outil de marketing qu’un réel souci, et où les gens se croient que recycler les boîtes de céréales c’est faire sa part pour la planète.

J’espère sincèrement être dans le champ et me tromper. Mais j’ai l’impression que c’est ce qui explique qu’on nomme toujours la Suède ou le Danemark comme « leader » dans tel ou tel domaine. Les gouvernements changent, les mœurs, pas… pas sans une longue bataille. On a du chemin à faire…

Informez-vous sur votre comté, et votez pour l’environnement…

L’environnement vous préoccupe et vous aimeriez sans doute voter contre Harper, mais vous ne savez trop quel parti serait le mieux pour que votre vote en vaille la peine. Est-ce que le Bloc est fort dans votre circonscription? Ou bien les libéraux? Vous ne le savez pas.

Le site www.voterpourlenvironnement.org vous sera d’une grande utilité.

Il s’agit d’abord d’un site pour ceux qui se soucient de l’environnement, et qui ne veulent pas que Harper reste au pouvoir. En entrant votre code postal, vous aurez accès aux résultats de tous les sondages les plus récents. Vous verrez quel parti est en tête dans votre circonscription, quel parti le talonne de près (ou de loin), et quelle est la stratégie à adopter. Si vous êtes chanceux, la stratégie sera quelque chose comme “Votre circonscription est clairement dominé par le Bloc. Votez selon votre cœur“.

Si, par malchance, les Conservateurs mènent le bal, une autre stratégie vous sera proposée.

À qui appartient ce site? À aucun parti politique. Il a été fait par des Canadiens pour des Canadiens. Tout au bas, il y a une mention “Approuvé par l’agent financier Kevin Grandia“. Kevin Grandia est l’un de ceux qui a été entrainé par Al Gore dans le Climate Project, une initiative conçue pour éduquer le public sur les changements climatiques.

Je trouve cette initiative très intéressante pour ceux qui ont vraiment à cœur les enjeux sociaux auxquels s’opposent les Conservateurs. Cependant, et c’est fort dommage, un vote stratégique signifir encore qu’on veut élire le moins pire, qu’on ne vote pas vraiment pour nos convictions, mais pour éviter d’avoir à endurer les convictions de extrémistes et des ignares. Ça, c’est vraiment dommage.

Aussi, comme je l’ai vu plus haut, plusieurs circonscriptions afficheront le message “Votre comté est clairement Bloquiste / Libéral, votez avec votre coeur“. Ce n’est pas si stratégique que cela, car si tout le monde votait avec son coeur tel que suggéré, je pense que le NPD et les Verts ramasseraient vraiment beaucoup plus de votes, et les Conservateurs auraient peut-être une plus grande facilité à avoir mainmise sur bien des circonscriptions.

N’empêche que c’est très intéressant. Faites comme moi, et regardez les statistiques dans les comtés de vos amis, et faites leur parvenir l’adresse de ce site.