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Mes yeux saignent

Parfois, comme aujourd'hui, mes yeux saignent sur du papier

Comme je suis de retour à l’Université, je voyage en BMW (Bus-Metro-Walk) au moins deux jours par semaine. Afin d’accélérer le continuum espace-temps dans le transport en commun, je lis. Et aujourd’hui, entre deux pages du livre « Crève, Maman » de Mô Singh (fort excellent et troublant, d’ailleurs), j’ai placé un bout de carton très quelconque en guise de signet.

Ce bout de carton, je l’ai pris je ne sais trop où, ce semble être un encart publicitaire qu’on retrouve dans les revues. Ce n’est qu’une fois dans l’autobus que j’ai porté attention à ce qui était dessus.

C’est une publicité pour une boutique de manucure et de pose d’ongles près de chez moi. En voici la transcription complète. Je vous avertis, c’est désespérant, navrant, voir débilitant. (Notez que je respecte l’utilisation des majuscules, la ponctuation et la disposition des paragraphes.)

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Notez le passage « Sang Domage a test Vrais Ongles ». « Sans dommage à tes vrais ongles ». C’est d’une tristesse.

Comme plusieurs, j’ai longtemps douté des chiffres qu’on nous donnait concernant le taux d’analphabètes. 50%, c’est beaucoup. Très beaucoup, bien plus qu’un gros peu! Mais ce ne sont pas 50% qui ne savent pas lire et écrire. Ça comprend aussi des personnes qui savent « se débrouiller » pour lire et écrire, comme la personne qui est à l’origine de cet encart publicitaire.

On est en 2010. C’est une véritable calamité. Nous vivons dans une désolation alphabétique.

Pour toutes ces raisons, j’ai acheté le mot « Métal » pour 5 dollars sur le site Mots Dépots, afin de venir en aide aux personne qui souhaitent se guérir de leurs maux et se réapproprier leurs mots. J’invite ceux qui ont les mots à coeur d’en faire autant.

PS : J’ai acheté le mot « métal » parce que le mot « carcajou » n’était pas disponible.

Le plaisir de la langue

Par cette image, je veux clairement illustrer la diversité lingustique

Je me considère pas mal bilingue. Pour parler l’anglais, moyen, je baffouille un peu, mais pour le reste, je suis bilingue. Même si j’ai encore pas mal de vocabulaire à assimiler en anglais, et en français aussi d’ailleurs. Ceci dit, je ne suis bilingue que dans mes loisirs.

J’ai commencé à m’intéresser à la traduction au cégep. J’avais eu un cours d’introduction à la traduction. J’adorais ça. Et plus récemment, à mon travail, on avait fait traduire des textes de l’anglais vers le français. Le résultat était vraiment médiocre, alors je me suis proposé pour les réviser. J’ai vraiment aimé ça.

Et c’est ce qui m’a décidé de vouloir retourner aux études pour faire un certificat (ou deux) en traduction. Une fois que ce sera fait, mon bilinguisme servira à franciser convenablement des documents qui n’étaient disponibles, jusque là, qu’en anglais.

Pour me remettre en mode « études », j’ai décidé de commencer par un cours simple et facile : Introduction à la langue et à la culture du Japon. Je trouve ça fascinant d’écouter mon professeur parler de son pays natal. Surtout quand elle dit ou explique des mots en japonais. Je n’exclus pas de pousser ma connaissance du japonais plus avant dans le futur.

Depuis 2001, je suis fasciné par le suédois. J’ai tenté de l’apprendre, mais c’est difficile, et en 9 ans, les résultats sont plutôt infructueux car je n’ai pas de professeur. J’ai une correspondante sur MSN (qui, elle, tente d’apprendre le français), mais je n’ai pas le plaisir de la croiser souvent.

Et j’ai rencontré son copain sur MSN l’autre fois. Lui, suédois de naissance, né d’un père italien dont il parle la langue, maîtrise également le français et l’anglais. Il étudie actuellement l’arabe et le mandarin. Je lui ai demandé quelles autres langues il voulait apprendre. Il m’a répondu « Toutes! ».

Pour le suédois, je m’adresserai sans doute au Collège Platon de Montréal dans les années à venir.

Tout cela pour en venir à la conclusion qu’apprendre ou s’intéresser à des langues, ça peut devenir une drogue. Sauf que c’est sain, c’est utile et pratique, et ce n’est jamais pour rien.

Je terminerai en citant Pierre Bourgault.

Le plaisir de la langue, c’est de pouvoir la parler sans effort. Or, quand on se refuse au départ l’effort de l’apprendre, on se condamne à parler avec effort toute sa vie.

(Clin d’oeil aux unilingues anglophones de Montréal …)

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