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Le plaisir de la langue

Par cette image, je veux clairement illustrer la diversité lingustique

Je me considère pas mal bilingue. Pour parler l’anglais, moyen, je baffouille un peu, mais pour le reste, je suis bilingue. Même si j’ai encore pas mal de vocabulaire à assimiler en anglais, et en français aussi d’ailleurs. Ceci dit, je ne suis bilingue que dans mes loisirs.

J’ai commencé à m’intéresser à la traduction au cégep. J’avais eu un cours d’introduction à la traduction. J’adorais ça. Et plus récemment, à mon travail, on avait fait traduire des textes de l’anglais vers le français. Le résultat était vraiment médiocre, alors je me suis proposé pour les réviser. J’ai vraiment aimé ça.

Et c’est ce qui m’a décidé de vouloir retourner aux études pour faire un certificat (ou deux) en traduction. Une fois que ce sera fait, mon bilinguisme servira à franciser convenablement des documents qui n’étaient disponibles, jusque là, qu’en anglais.

Pour me remettre en mode « études », j’ai décidé de commencer par un cours simple et facile : Introduction à la langue et à la culture du Japon. Je trouve ça fascinant d’écouter mon professeur parler de son pays natal. Surtout quand elle dit ou explique des mots en japonais. Je n’exclus pas de pousser ma connaissance du japonais plus avant dans le futur.

Depuis 2001, je suis fasciné par le suédois. J’ai tenté de l’apprendre, mais c’est difficile, et en 9 ans, les résultats sont plutôt infructueux car je n’ai pas de professeur. J’ai une correspondante sur MSN (qui, elle, tente d’apprendre le français), mais je n’ai pas le plaisir de la croiser souvent.

Et j’ai rencontré son copain sur MSN l’autre fois. Lui, suédois de naissance, né d’un père italien dont il parle la langue, maîtrise également le français et l’anglais. Il étudie actuellement l’arabe et le mandarin. Je lui ai demandé quelles autres langues il voulait apprendre. Il m’a répondu « Toutes! ».

Pour le suédois, je m’adresserai sans doute au Collège Platon de Montréal dans les années à venir.

Tout cela pour en venir à la conclusion qu’apprendre ou s’intéresser à des langues, ça peut devenir une drogue. Sauf que c’est sain, c’est utile et pratique, et ce n’est jamais pour rien.

Je terminerai en citant Pierre Bourgault.

Le plaisir de la langue, c’est de pouvoir la parler sans effort. Or, quand on se refuse au départ l’effort de l’apprendre, on se condamne à parler avec effort toute sa vie.

(Clin d’oeil aux unilingues anglophones de Montréal …)

L’inutilité de traduire en québécois

On parle la même langue, mais on ne doit pas parler le même langage.Ce billet est le résultat d’une réflexion qui a eu lieu suite à l’accumulation événements qui ont eu lieu à quelques mois d’intervalle :

  • D’abord, il y a la fois où j’ai acheté Mario Galaxy pour la Wii et que je me suis rendu compte que certains personnages, dans la version française distribuée ici, parlaient en joual. J’avais d’ailleurs écrit un billet à cet effet.
  • Ensuite, l’article publié par Le Devoir en novembre dernier, annonçant que quelques albums de Tintin seraient traduit en « québécois ».
  • Et finalement, j’ai récemment appris que Facebook allait subir le même sort, alors que plusieurs centaines d’utilisateurs ont mis la main à la pâte afin d’en venir à une version « québécoise ».

Je ne sais pas trop comment présenter mon point. Je le ferai donc de façon très banale : À mon humble avis, traduire quelque chose en québécois ou en « joual », alors qu’il en existe déjà une version en « français international » est l’expression la plus évidente de la perte de temps et des efforts inutiles.

Je vais tenter de m’expliquer.

J’ai appris à lire avec Tintin. Tintin est écrit dans un excellent français. Tintin utilise les mots justes, les expression exactes. Tintin est très fort sur le verbe et l’adjectif. Tintin a une syntaxe exemplaire. La langue originale dans laquelle les albums de Tintin ont été écrits, c’est le français.

Au Québec, nous parlons français. Nous sommes très habitués au français correct, au français international. Radio-Canada utilise le français international depuis toujours dans ses journaux télévisés et dans ses émissions d’affaires publiques. Et il y a beaucoup de français qui immigrent ici, et nous n’avons aucune difficulté à les comprendre (même si l’inverse n’est pas vrai), car nous sommes habitués.

Pourquoi diable traduire Tintin en québécois? Pourquoi traduire des termes que nous comprenons bien. Ais-je envie moi, d’entendre le Capitaine Haddock vociférer des énormités telles que « Mille millions de maudits sabords à marde » ?

Et pour Facebook. Ce sera quoi? « Tu veux tu accepter Chose Binne comme ami?« .

Et c’est là que je me dis qu’il faut sans doute distinguer « québécois » et « joual ». Le joual, c’est un ramassis d’erreurs syntaxiques, grammaticales et de prononciation. Je ne vois pas pourquoi l’on voudrait incorporer volontairement nos déficiences linguistiques dans des documents, des jeux, des livres ou des sites internet.

Le cas de Facebook, cependant, me pousse à me demander ce qu’est le « québécois ». Car, selon plusieurs sources, des termes comme « lycée » et « collège » seraient modifiés pour « école secondaire » et « cégep« . Pour moi, ce sont des exemples sensés. Les systèmes scolaires diffèrent d’un pays à l’autre et certains termes officiels existent ici, alors qu’ils n’existent pas dans d’autres pays francophones. Un point pour nous. Ça me va.

Super Mario JoualJ’en déduis donc qu’il est fort inutile de traduire en québécois lorsque les termes du texte original peut être compris de tous. Cependant, cela peut-être pratique pour deux choses : lorsqu’un mot ou une expression nous est propre, comme « cégep« , et lorsqu’on décide d’innover. Car il ne faut pas se le cacher, le Québec est un leader dans la création de termes terminologiques, spécialement dans le domaine de l’informatique.

Les termes « navigateur Web« , « clavardage« , « gratuiciel« , « blogue« , « pourriel« , sont tous des termes qui furent recommandés par l’Office Québécois de la langue française. C’est là qu’est notre force. Je ne comprends pas que l’on veuille dépenser de l’énergie à traduire des termes qui existent déjà dans un français correct et accessible.

Aussi, je me dis que l’exercice de notre quête d’identité, au Québec, c’est de faire partie de quelque chose de plus grand. D’avoir une place plus grande dans cette francophonie mondiale. De s’ouvrir au monde. Pour cela, il faut innover. Mais traduire des mots dans un langage local, voir folklorique, c’est à peu près exactement la même chose que ce que l’on reproche aux nouveaux arrivants : c’est la ghettoïsation du Québec dans un recoin d’Amérique. Ce n’est pas de l’ouverture sur le monde…

Je terminerai en citant l’être aimé : « Au Québec, ce n’est pas le québécois qu’il faut sauver… c’est le français. »

lefrancaisdabord

Ici, on commerce en français

En français!Ce matin à la radio, j’ai entendu Louis-José Houde.

Il nous racontait, dans une publicité, que s’il voulait aller au restaurant et acheter des enchiladas, des tortillas et autres aliments au nom exotique, c’était son droit. Mais s’il y a une seule chose à laquelle il s’attend au Québec, c’est d’être servi en français.

Plutôt sympathique. Selon la publicité, le gouvernement du Québec fait campagne pour le fait français, encore une fois. Mais pour changer, ils ont décidé maintenant de distribuer des autocollants qui disent “Ici, on commerce en français“. La publicité, en gros, nous dit de chercher les boutiques marquées du logo.

Maintenant, j’imagine que c’est une bonne idée, somme toute. Si la campagne est très, très efficace et que toutes les boutiques francophones affichent ce logo, je n’entrerais peut-être plus dans une boutique qui n’en contient pas.

Mais c’est aussi facile pour une boutique qui ne respecte pas le français de se procurer un autocollant et de l’afficher sur sa vitrine. Aussi, si plusieurs commerces francophones ne se procurent pas l’autocollant, peut-être les gens les éviteront-ils même s’il respecte le français.

Ou peut-être même pire, des vandales voudront peut-être s’attaquer aux commerces qui n’arborent pas le logo, même si ceux-ci respectent la langue.

Bref, c’est douteux, mais l’intention est là… Reste à voir si les commerçants prendront cette campagne au sérieux, et si les gens feront aussi cet effort…

Fait Français : On ne peut pas dire que le gouvernement ne fait rien, mais…

Notre langue...Vous vous rappelez sans doute qu’il y a quelques mois, il y a eu une importante remise en question du fait français à Montréal.

Suite à des articles publiés par des journalistes, nous avons appris que plusieurs commerces du centre-ville de Montréal refusaient d’embaucher des unilingues francophones, alors que des unilingues anglophones avaient accès aux postes à combler.

Cette pratique est illégale, comme on peut le voir dans le texte suivant provenant du site du Gouvernement du Québec :

Le préambule de la Charte de la langue française consacre officiellement le statut du français comme langue normale et habituelle du travail au Québec. Tous les employeurs du Québec sont tenus de respecter ce droit fondamental.

Il incombe à l’employeur de faire la preuve, pour l’accès à un emploi ou à un poste, d’exiger la connaissance d’une autre langue que le français.

Notre cher Premier Ministre Jean Charest nous avait plus ou moins dit que “Le français ne perdra pas de terrain”, et qu’il n’avait pas l’intention de renforcer la loi 101.

Depuis un mois environ, j’entends tous les jours à la radio des publicités vantant la langue française. Comme quoi elle est notre fierté, comme quoi elle est riche. Le message est signé “Gouvernement du Québec”.

Il y a aussi Impératif Français qui s’en mêle, en faisant la promotion du français au travail, également dans des publicités radiophoniques.

Et pas plus tard qu’hier, alors que j’étais au petit restaurant de l’immeuble où je travaille, j’entendais la radio anglophone jouer. Tout à coup, j’entends une publicité pour encourager les anglophones à saluer les gens en français. En effet, la campagne Bonjour qui a coûté 1.5 millions, explique que “Bonjour is the best beginning“. Bonjour est le meilleur moyen de commencer une conversation.

Critiques…

Pas besoin de vous dire que cette campagne est fortement critiquée par les anglophones du Québec. Je la critiquerai moi aussi, mais pas pour les mêmes raisons. Je crois que cet argent est en effet gaspillé, et qu’il devrait plutôt être investi dans le renforcement de la loi 101, et surtout, dans la francisation de toutes les entreprises de Montréal.

Car c’est effectivement le problème dans cette grande campagne. Elle ne se base que sur la suggestion. “Nous vous serions gré de bien vouloir parler français, mais si vous n’avez pas le cœur à ça, tant pis”. Ce n’est pas ainsi qu’on obtient des résultats concrets.

Il y a des centaines et des centaines d’immigrants qui voudraient apprendre le français, mais qui doivent d’abord gagner leur vie et nourrir leurs proches. L’apprentissage du français devient donc un souci secondaire. Ne serait-il pas le meilleur des deux mondes si l’on finançait leur apprentissage de notre langue à même le milieu du travail?

Il me semble qu’il serait fort possible de donner la responsabilité aux entreprises, spécialement aux grandes entreprises qui emploient des milliers de personnes, de s’assurer que leur personnel parle un français convenable. Des incitatifs ont déjà été proposés, comme des réductions d’impôts. Je préférerais plutôt que cela devienne une loi qui devra être respectée, sous peine d’amende.

D’ici là, monsieur Charest, vous pouvez toujours dépenser quelques autres millions afin de dire aux francophones du Québec à quel point leur langue est belle et riche. Cela aura peut-être un effet sur ces jeunes branchés qui se parlent en anglais parce que c’est à la mode. Mais j’en doute. Pour avancer, faudra faire plus, et légiférer dans les entreprises.

Elles en ont les moyens, ça coûte probablement moins cher que la traduction!

Découvrir un humoriste un brin trop tard

Hier, mon beau père me parlait d’un documentaire sur un humoriste français. Un humoriste qui est un peu décédé, de nos jours. Son nom ne me disait rien, mais je me suis quand même rendu compte que j’ai du le voir assez souvent, accompagné d’une citation.

Pierre DesprogesIl s’agit de Pierre Desproges, décédé en 1988. Il était célèbre pour son humour grinçant, individualiste et anticonformiste. Le genre d’humoriste qui aime prendre son public au dépourvu en allant à l’inverse des positions normalement convenues. Il n’hésitait donc pas à s’attaquer à des sujets très sensibles. Un peu comme Yvon Deschamps (le personnage…) le faisait avec les femmes, quoi.

Bref, c’est ce genre d’humour noir et dérangeant que j’aime bien. Remarquez, parfois, c’est le genre d’humour qui ne passerait plus du tout aujourd’hui, notamment un de ses numéros dans lequel il joue un personnage qui parle des juifs.

Sur ce, je vous ai fait une petite compilations de citations de Pierre Desproges, ainsi que quelques vidéos quand même assez marrants que j’ai trouvés sur YouTube.

Citations

  • L’ennemi est bête : il croit que c’est nous l’ennemi alors que c’est lui !
  • Les hémorragies cérébrales sont moins fréquentes chez les joueurs de football. Les cerveaux aussi !
  • L’héroïsme, c’est encore la meilleure façon de devenir célèbre quand on n’a pas de talent.
  • Est-il indispensable d’être cultivé quand il suffit de fermer sa gueule pour briller en société ?
  • Ce n’est pas parce que je suis paranoïaque qu’ils ne sont pas tous après moi.
  • Un psychotique, c’est quelqu’un qui croit dur comme fer que 2 et 2 font 5, et qui en est pleinement satisfait. Un névrosé, c’est quelqu’un qui sait pertinemment que 2 et 2 font 4, et ça le rend malade !
  • J’essaie de ne pas vivre en contradiction avec les idées que je ne défends pas.
  • C’est important l’intelligence. L’intelligence, c’est le seul outil qui permet à l’homme de mesurer l’étendue de son malheur. L’intelligence c’est comme les parachutes, quand on n’en a pas, on s’écrase.
  • L’élite de ce pays permet de faire et défaire les modes, suivant la maxime qui proclame : “Je pense, donc tu suis.”
  • Il ne faut pas désespérer des imbéciles. Avec un peu d’entraînement, on peut arriver à en faire des militaires.
  • L’adulte ne croit pas au père Noël. Il vote.
  • C’est à cela qu’on reconnaît les communistes : ils sont fous, possédés par le diable, ils mangent les enfants et, en plus, ils manquent d’objectivité.
  • Il ne suffit pas d’être heureux. Encore faut-il que les autres soient malheureux.
  • On peut rire de tout mais pas avec n’importe qui.
  • Plus le gradé a de barrettes, plus le salut doit être servile.
  • S’il n’y avait pas la Science, combien d’entre nous pourraient profiter de leur cancer pendant plus de cinq ans?
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Beau travail, sale geek! Vous vous méritez 30 vies!

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