Archives d'étiquettes : indépendance

La vesse du loup – Les clés de mon pays

Une chanson découverte sur un CD de compilation Désunifoliez-vous découvert dans la pile de disques de MFL.

Une chanson qui fait vibrer la fibre en nous, qui donne la chair de poule et des frissons.

Une chanson qui accélère le pouls, nous fait espérer, désespérer, et humecte nos globes occulaires.

Image de prévisualisation YouTube

La vesse du loup – Les clés de mon pays

Les beaux parleurs se sont tus
Endormis sur leurs lauriers
À peine chialé une couple d’années
Le temps d’emplir leur grenier de blé

Mais où sont donc ces beaux chanteurs
Qui réclâmaient la liberté?
Dans l’temps j’pouvais juste chanter
J’avais pas l’âge d’aller voter

Me v’la devenu universitaire
J’ai un logis rue Saint-Denis
Pour ça j’ai quitté la terre
Où mon grand-père avait grandit

J’y ai vu ses fils, en quatre-vingt
Scander bien haut qu’on pouvait bien
Dire oui, devenir indépendants
Se tenir debout, faire face au vent

Ils se sont essouflé pour rien
C’est pas tout le monde qui semblait prêt
À se cracher dans les mains
Laver l’injure qui les souillait

Y va falloir se prendre en main
Se lever de bonne heure demain matin
Ah! C’est ben beau de gagner son pain
Mais arrive un temps où faut aller un peu plus loin

On a assez mis d’eau dans notre vin
Que c’est que t’en penses, toi qui ne dit jamais rien?

Et puis j’ai vu porter en terre
Deux de ceux qu’on nomme grands
Des laboureurs d’notre pays vert
Des grands 6 pieds dans l’coeur des gens

Paisiblement s’en ont allés
J’imagine qu’y s’sont pas retournés
Ils avaient bien assez semé
Pour le peu qu’ils ont récolté

On a un pays à se donner
Me semble qu’on l’a ben mérité
Ah! C’est ben beau l’grand Canada
Mais c’est icitte que mes ancêtres ont débarqué

Ç’fait assez longtemps que chuis à loyer, hey hey
J’m'en va chercher les clés de mon pays

De l’autre côté de l’Outaouais
Y’a de braves gens, de bons Anglais
Qui se sentent un peu dépassés
Qui continuent d’nous rabrouer

Incessement y vont comprendre
Que c’est l’histoire qui commande
Une feuille rouge pour les adieux
Une fleur bleue pour vivre mieux

Quand l’angelus va resonner
Peuple à genoux va s’redresser
Et pour les siècles à venir
Mon beau Québec libre va fleurir

On a un pays à se voter
Me semble qu’on l’a ben mérité
Ah! C’est ben beau l’grand Canada
Mais c’est icitte que mes ancêtres ont débarqué

Ç’fait assez longtemps que chuis à loyer, hey hey
J’m'en va chercher les clés de mon pays

Le métal social

Le tout premier spectacle auquel j’ai assisté avait lieu en 1997. J’avais alors 18 ans.

J’avoue que c’est assez tard dans la vie pour aller voir un vrai spectacle. J’y allais pour accompagner un ami qui avait une paire de billets. Peu nécessaire de réserver sa place, ceci dit, dans un spectacle où il y a environ 20 personnes. Malgré la petitesse de la foule dans le Spectrum de Montréal, j’avais bien aimé le spectacle. Le premier groupe s’appelait Minds, et le groupe en tête était Guérilla.

Et là, il y a un hiatus de 13 ans. Nous sommes au printemps 2010. Nous sommes chez une amie (MFL, pour ne pas la nommer), et nous parlons de musique. Et tout d’un coup, je dis « Moi, le premier spectacle que j’ai été voir, j’avais 18 ans et c’était Guérilla » MFL me regarde, yeux grands ouverts « Pour vrai? J’ai justement un de leur CD! »

Cherche le CD « Plus question de reculer. » Ouvre le boitier du CD. Met le CD dans le système de son. Il n’en fallu pas plus pour que je sois complètement ébloui par cette nouvelle découverte… 13 ans en retard!

Je dis « en retard » car le groupe n’existe malheureusement plus aujourd’hui.

Je suis un métalleux pas mal endurci et borné, et j’aime rarement m’adonner à l’écoute d’autres genres musicaux. Pourquoi? Parce que ces groupes n’arrivent pas à me faire frissonner. Les seules exceptions sont les groupes engagés prônant la protection du français, de l’indépendance ou la justice sociale (ex : Loco Locass, Les Cowboys Fringants). Il n’est pas rare que je frissonne à leurs paroles.

Guérilla? Un divin mélange. Du métal lourd parfois enchevêtré à de la musique du monde, un peu de rap, et un message social du tonnerre.

Je ne suis pas fâché de ne l’avoir découvert qu’aujourd’hui. Car il y a 13 ans, je n’étais absolument pas prêt à comprendre ce que Guérilla tentait de faire. MFL m’a dit qu’ils répétaient souvent ceci : « Nous ne sommes pas un groupe de musique, nous sommes une formation politique ». (C’est très à peu près, elle pourra compléter dans mes commentaires héhé).

Indépendance, environnement, histoire du Québec, langue française, histoire du syndicalisme, histoire des patriotes, dénonciations. Voilà ce qu’était la vocation de Guérilla.

Je vous laisse donc profiter de cette découverte tardive. Voici le vidéoclip de la chanson « Mille neuf cent quarante-neuf ».

Image de prévisualisation YouTube

Mille neuf cent quarante-neuf

Afin de faire reconnaître des droits élémentaires
Tels que gagner leur pain dans un environnement sans poussière
Pour qu’au coût de la vie s’ajustent leurs salaires
Et ainsi échapper à l’emprise de la misère

Afin de faire reconnaître leur institution syndicale
Et pouvoir profiter d’une sécurité sociale
Les mineurs durent choisir entre la grève illégale
Et le recours à l’institution arbitrale

Or celle-ci, de l’autre camp était une alliée
Les travailleurs, donc, jamais n’hésitèrent
Et c’est en quarante-neuf, le treize de février
Qu’à Asbestos, deux mille hommes se mobilisèrent

La justice sociale doit être placée au-dessus de la légalité

Les travailleurs d’autres mines emboîtèrent le pas
Faisant plus que doubler les rangs de la cause prolétaire
Contre eux une puissante et cruelle coalition se créa
Au patronat, Duplessis et son gouvernement se liguèrent

Ensemble, ils menèrent une propagande anti-syndicat
Puis à cela s’ajoutèrent les briseurs de grève téméraires
La stratégie étant vaine, sans résultat
Le ministre du Travail dépêcha les forces policières

Les grévistes n’étaient cependant pas seuls au front
Ils jouissaient de l’appui de la population
L’Église les encourageait à tenir bon
Et pour leur subsistance, le syndicat mit sur pied un fonds

La justice sociale doit être placée au-dessus de la légalité

Dans le but de mater le mouvement ouvrier
Vers Asbestos se dirigea une caravane de policiers
Des mitraillettes, revolvers et lance-grenades armés
En quelques heures la ville fut assiégée, contrôlée

C’est à ce moment que commencèrent les actes de brutalité
Plusieurs grévistes sauvagement battus, visages tuméfiés
Deux cents personnes détenues, menacées; leurs droits bafoués
Mais encore à la solidarité, l’alliance patronat-état vint se buter

Puis enfin vint le temps d’un règlement
Et, bien que les gains immédiats furent peu importants
À long terme, tout notre peuple en sortit gagnant

Par la prise de conscience que la crise a engendrée
On peut espérer qu’à jamais soit hissée
La justice sociale au dessus de la légalité

Page optimized by WP Minify WordPress Plugin