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août 15 2008

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Le Détracteur Constructif

Les profiteurs qui font semblant de ne pas comprendre

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Bonjour à tous. En ce premier jour de vacances, laissez-moi vous écrire un billet qui n’a pas vraiment de but, sinon vous faire part de deux anecdotes que j’ai retenues et qui, mises ensemble, peuvent laisser croire qu’il existe un certain pourcentage de gens qui sont des profiteurs qui font semblant de ne pas comprendre.

Je suis à peu près certain que vous en connaissez tous au moins un. Peut-être en êtes vous un, ou l’avez-vous été pendant un cours laps de temps. Je parle ici des gens qui disent avoir compris quelque chose (comme une entente, un conseil, une règle), qui le déforment à leur avantage. Lorsqu’ils se font prendre ou réprimander, ils jurent par le ciel que ce n’est pas ce qu’ils avaient compris. Ils avaient compris quelque chose de totalement farfelu, et y tiennent dur comme fer, au risque de passer pour de parfaits imbéciles. Je ne sais pas si vous voyez?

Je vais vous donner deux exemples…

Ce qui est à moi est à toi

Un ancien collègue de travail me parlait un jour de son ex conjointe. Il me disait que comme ils vivaient ensemble depuis un bon moment et que tous les deux travaillaient très fort malgré leur différence de salaire, ils avaient convenu d’une règle : «Ce qui est à moi est à toi». Si par exemple l’un s’achetait un truc, l’autre pouvait l’utiliser sans problème… ou si l’un avait besoin d’argent, ils pouvaient faire un retrait dans le compte de l’autre (ou conjoint), etc.

Alors, le collègue me raconte qu’il avait longtemps songé à installer des pneus d’hiver sur sa voiture. Il se rendit donc au garage faire installer 4 pneus d’hiver, pour un montant d’environ 500$. Lorsqu’il raconta cela à sa conjointe, elle lui répondit «Mais moi est-ce que tu vas me donner 500$?».

Car voyez-vous, la dame avait fait comme déduction que s’il avait dépensé 500$ dans le cadre de l’entente «Ce qui est à moi est à toi» c’est comme si il avait dépensé 500$ à elle. Et elle voulait le ravoir. Autre argument qu’elle aurait donné : «Si tu peux prendre 500$ pour tes besoin, ok, mais donnes moi aussi 500$ pour que ce soit juste».

C’est comme la pire preuve de manipulation mentale que je peux imaginer dans un couple. Je ne sais pas pour vous, mais je suis un peu soulagé que cette femme soit aussi rapidement devenue une ex… car suite à cet évènement, je crois que le couple a fait long feu*.

*Note linguistique : Oui en effet, on doit dire que le couple «a fait long feu», et non qu’il «n’a pas fait long feu». Faire long feu signifie «ne pas durer longtemps, être bref, être passager». L’expression provient du langage des armes à feu et s’emploie au sens de «rater son but, manquer son effet». Autrefois, lorsqu’une arme était mal chargée, une longue flamme en sortait et le boulet était dévié, ou ne sortait simplement pas. On disait que le coup avait “fait long feu”.

Bourgault le généreux

Je me souviens, lorsque j’ai découvert que Pierre Bourgault avait fait plusieurs chroniques à Indicatif Présent, j’étais tombé sur l’une d’elles où il racontait une anecdote semblable. Je n’ai pas réussi à retrouver cette chronique, mais il en allait à peu près comme suit :

Pierre Bourgault entretenait parfois de proches relations avec certains de ses élèves, alors qu’il était professeur en communications à l’UQAM. À l’un d’eux (et je ne suis pas certain, mais il me semble que c’est maintenant quelqu’un de connu… et ce n’était pas Guy A. Lepage), il avait dit «Écoute, si jamais tu veux des livres, j’ai une bibliothèque pleine. Tu peux venir quand tu veux, et sers-toi… je sais que tu en feras un bon usage». Il faisait confiance à ce jeune homme (qui en arrachait) au point de lui donner une clé de son appartement, au cas où il serait dans le besoin.

Quelques semaines après, Pierre Bourgault arrive chez lui.  Plus un seul livre dans la bibliothèque. Le jeune homme avait vidé toutes les tablettes, et emmené ça en camionette au marché aux puces pour les vendre.

——

Comme je vous l’ai dit, je n’avais pas de but précis en écrivant ce billet. Mais j’imagine que finalement, c’est peut-être mieux de ne pas faire confiance à quelqu’un avant de vraiment, vraiment bien le connaître. Quand les gens vont jusqu’à manipuler leur propre compréhension pour en arriver à leurs fins… Et certains les gardent tout de même comme amis!

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