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Mon aversion pour les festivals

Festival SaleÀ Montréal, il y a le Festival International de Jazz, les FrancoFolies, le Festival Juste pour Rire, le Festival des Films du Monde de Montréal, le Festival du Nouveau Cinéma de Montréal, le Marathon de Montréal, le Tour de l’Ile, la St-Jean-Baptiste au parc Maisonneuve, la Parade de la Fierté Gay, la Parade de la St-Patrick, l’Internationale des Feux Loto Québec, le Grand Prix de Montréal, et d’autres événements que je ne nomme pas. Autant de festivités pour tous les goûts. Il y a même eu le Festival Heavy MTL cet été, duquel j’ai pu profiter à ma guise.

Un festival apporte beaucoup de conséquences à une ville. Elle y amène des touristes, les gens dépensent, vont dans les restaurants, achètent des bebelles, découvrent la région. Bref, tout pour se réjouir, quoi. Je ne peux quand même pas être contre cela.

Mais le Contracteur Destructif en moi n’est pas tout à fait du même avis. Il y a un effet secondaire qui m’horripile, c’est à dire qui fait pousser des poils d’horreur sur ma nuque, au point où je dois parfois les épiler. Il s’agit tout simplement des inconvéniants causée aux gens de la place.

Il y a une raison pour laquelle je n’ai pas été m’installer au coin St-Denis / Ontario, ou derrière St-Laurent, c’était justement parce que sachant que ces endroits sont régulièrement retenus pour des festivals ou autres événements. Comme je veux avoir la paix, j’ai préféré m’installer dans un quartier plus à l’est. Seulement, même dans mon petit quartier tranquille, je goûte aux inconvéniants de tous ces festivals.

Les difficultés son essentiellement au niveau du transport. Pour vous donner un exemple, j’ai récemment été au Cabaret Juste Pour Rire, pour assister à “En Route Vers Mon Premier Gala Juste Pour Rire” et nous avions prévu de se stationner à un endroit qui ne nous couterait rien et qui est situé tout près… nous avons de genre de contacts :)

Mais comme c’était en plein festival de Jazz, nous n’avons pas pu accéder à la partie la rue désirée qui était juste au sud de Sherbrooke. Résultat: nous avons du affronter un traffique infernal, virailler pour trouver une place de stationnement, marcher sous la pluie diluvienne, pour finalement arriver en retard. Mais ça, c’était un peu de notre faute: nous n’avions pas prévu le coup. Même si tout le monde parlait du Festival de Jazz, nous n’y avions pas pensé. Mais diantre que nous en avons sacré un coup!

Parlons maintenant d’un fois où nous avions prévu le coup. C’est un bon samedi matin, et le tour de l’Ile était annoncé depuis quelques jours. Parfait, comme je dois aller porter Noisette au travail, nous nous préparons d’avance et partons 30 minutes plus tôt que la normale. Sur le chemin, il y a des policiers partout, des barrières. Tout est au ralenti sur Sherbrooke. On doit ziguezaguer un peu pour trouver notre chemin. Lorsque je viens pour aller vers le sud, je tombe face à une barrière de la police. Zut! Je remonte, je passe par ailleurs… Barrière. La troisième fois, je demande à la policière “Par où puis-je passer pour avoir accès à un pont? N’importe quel pont là…”. La dame consulte son émetteur radio.

“Heum, vous devez retourner vos pas, prendre Pie IX et descendre jusqu’à Notre Dame.”

PARDON? C’est parce que nous sommes presqu’au centre-ville nous là! Finalement, Noisette est arrivée un peu moins d’une heure en retard à son travail.

Ou encore, je me rappelle les fois où Noisette travaillait de soir, le samedi, et que nous devions revenir sur l’ile en plein milieu des feux d’artifices. Évidemment, le pont Jacques-Cartier est fermé. Au fil des semaines, nous avons essayé le pont Victoria : complètement congestionné une fois l’autre côté, du centre ville jusqu’à l’est du pont Jacques-Cartier. Au pont-tunnel, les gens y font la file pour y accéder. Le moyen le plus court était de prendre le pont Champlain, l’autoroute Décarie et finalement la 40 vers l’est, pour sortir au nord de notre quartier. Bref, notre propre version du Tour de l’Ile…

Je ne dis donc pas que les festivals ne devraient pas exister… (admettons…) mais je dénonce certainement les inconvénients causés par ceux-ci. Égoïste, direz-vous? Sans doute. Mais comme je préconise l’égalité pour tous, je revendique donc le droit de ne pas vouloir aller aux festivals de Montréal, ou de ne pas en vouloir tout court.

J’ai moi même assisté à un festival cet été (ce sera peut-être l’argument de certains), mais je me défendrai en vous disant que le festival était d’abord isolé dans le parc Jean-Drapeau. Et malgré cela, nous avons du manquer certaines chansons à la fin des deux journées pour ne pas avoir à attendre des heures pour entrer dans le Métro… qui était quand même bondé.

Bref, le message c’est que les festivals, c’est bien beau, c’est accessible à tous, et ça a le mérite de ne laisser presque aucun citoyen de Montréal indifférent. Ceci dit, je continue à croire que les festivals en pleine rue enragent autant de Montréalais qu’ils plaisent à d’autres…

Les frissons les plus forts que j’ai eus depuis longtemps

Il y a quelques semaines, au rassemblement du Mouvement Montréal Français, Emmanuel Bilodeau nous a récité un texte d’une chanson de Loco Locass qui n’était pas encore terminé. Ce texte était de toute beauté et je me souviens que ça m’avait vraiment fait vibrer.

J’ai découvert aujourd’hui que la chanson était terminée, et qu’ils l’avaient chantée pour la Saint-Jean Baptiste. C’est un poème qui se transforme en chanson.

En l’écoutant, j’ai eu des frissons vraiment intenses. La fibre indépendantiste est toujours très vivante.

Les paroles suivent le vidéo:

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Les géants

Nous sommes issus d’un sol immense
Qui nous a tissé, métissé
Rebuts de brins de laine tressés très serrés
Sans couture au sein d’une ceinture fléchée
Comme quelque queue clinquante de comète effilochée

Et si l’on suit le fil de notre texte
Il mène à la sortie du labyrinthe de pan
Qui nous éreinte depuis qu’ils ont mis nos torts dedans
Ils ont conquis notre territoire
Pillé notre histoire et volé notre mémoire

Avec leurs thèses de fous ils ont dit “taisez-vous”
Vous ne valez pas dix sous, vous n’êtes pas vous
Vous êtes nous, vous êtes dissous
Notre substrat vous subsume
Mais la comparaison vous consume

Faux! Nous venons d’avant
Nous sommes antérieurs, nous sommes des créateurs
Pas des créatures, pas des caricatures

Notre maison n’a pas de cloison mais quatre saisons
Acclimatés au climat et faisant fi du frimas
Nous avons parcouru par ses artères tout un continent titan
Notre espèce aspire à l’espace et son empreinte est partout

Tapie dans la toponymie, gravée dans le granit
Égrainée sur la grêve, arcboutée dans les arches
De nos dingues digues dignes de la muraille de Chine

Dans les champs essouchés sous la lune
Et les racines d’un hêtre qui ne peut plus plier
C’est une histoire riche qui n’est sur aucune affiche
Et qu’on a laissée en friche
Dans nos caboches, ce n’est que roches et fardoches

Cosmogonie à l’agonie
Dans le tome fantôme du grimoire d’une mémoire moisie
Sur nos épaules on porte pourtant le pack-sac d’un passé épatant
Mais allons-nous mourir en nains quand nous sommes nés géants?

Sitôt venus au Nouveau Monde
On a dompté les hivers et fabriqué de la terre
On avait la tête à la fête et le coeur au labeur
Opiniâtres, on n’a jamais laissé mourir le feu dans l’âtre

Car nous avons la tête à Papineau
La longue langue agile de Da Costa
Le cœur-corsaire de d’Iberville
Qui envoie en nos veines
Le pur-sang mêlé-mêlé de Riel et des Premières Nations

Nous avons l’aviron de Radisson, la vigueur de la Vérendrye
Les jarrets de Jolliet et tous les talents de l’intendant Talon
En somme, nous sommes des surhommes uniques
Générés par le génie génétique de l’Europe et de l’Amérique
Inéluctablement, nous voguons vers le néant
Mais allons-nous mourir en nains quand nous sommes nés géants?

Opaque, il faut qu’enfin notre épopée éclate
C’est sans équivoque, cette Histoire est pleine et craque
Loco Locass la provoque de son verbe épique: les eaux sont crevées
Et tombent en trombes et forment une flaque, que dis-je, une flaque

C’est comme un lac à nos pieds
Le col se dilate
Le sol s’écarquille
Pour laisser monter un corps en forme d’ogive

C’est le chaos qui «paaaaaasse» dans le chas d’une aiguille
C’est un cri qu’on pousse, un cœur qui pulse
Celui d’un peuple qu’on accueille ou qui frappe un écueil
Dans l’oeil du cyclone, chaque seconde en vaut quatre
Nous rapproche d’un miracle

C’est un spectacle sans entracte
Mais gare à l’arrêt cardiaque
Entre la mort et la vie
L’arrivée d’un homme comme lors d’un référendum

Un peuple oscille entre le rien et tout ce qui brille
Je pose des mots garrots gare au flot hémorragique
Ô ma rage gicle par tous les pores de mon cœur spongieux
Sur ce son long jeu conjure ma mortelle nature

Et nous disons que la parole est une sage-femme
Qui tire des limbes un monde à naître
Fort de cette maïeutique aux forceps
Le poète nomme enfin celui dont il voit poindre la tête:
QUÉBEC!

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