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Les cochons ne sont pas tous dans les porcheries

Il y a quelques semaines, j’ai lu une courte nouvelle comme quoi Pauline Marois dénonçait non seulement la fermeture de l’usine Québécor World de Magog, mais également celle de d’autres usines de la région, dont l’usine Olymel.Il ne s’agissait pas de la première fermeture d’Olymel dans les régions. Je me demande même si Olymel ne se spécialise pas plus en fermeture d’usines qu’en produits de charcuterie. Pour charcuter, cependant, ils n’ont pas d’égal, parlez-en aux syndicats. Bref, depuis un assez bon moment, nous boycottons entièrement les produits Olymel.Tout ça pour vous dire que l’intervention de Pauline m’a rappelé un billet que je m’étais juré d’écrire, donc voilà.

Un jour nous nous rendions sur la rive-sud de Montréal par l’autoroute 20. L’usine Olymel de Vallée-Jonction, en Beauce, menaçait de fermer, c’était l’un des sujets d’actualités importants.

En arrivant à la hauteur de Boucherville, nous passons devant un bâtiment arborant un gros logo d’Olymel, et sous lequel on pouvait lire en grosses lettres «NOUS EMBAUCHONS».

Franchement, c’est très fâchant. Vouloir mettre à la porte des dizaines d’employés qui ont des années d’ancienneté dans les régions, et écrire en gros qu’on veut embaucher des ti-counes dans la région de Montréal (et Boucherville, de surcroît, comme dans boucher tiens).Ça charcute rare, mais ce n’est même pas foutu d’être cohérent. Comme quoi les produits du cochon ne sont pas tous en porcherie ou dans les usines, mais sont très souvent de simples êtres humains pour qui seul le profit n’a de valeur à leurs yeux.

Ceci dit, quelque chose m’a troublé hier en lisant cet article du Gros Bon Sens. En effet, il y est raconté que la compagnie Cadbury avait été boycottée en masse en 1978 parce qu‘au lieu de se soumettre aux nouvelles lois linguistiques du Québec,* elle avait préféré mettre à la porte des centaines d’employés de Montréal et déménager sa production en Ontario.

* Erratum : C’était la Sunlife qui n’avait pas voulu se franciser. Cadbury filait simplement pour déménager sa production en Ontario, sans raison.

Le boycott avait été important, mais la compagnie a décidé de mettre sur le marché des tablettes de chocolat à 25 cents, afin de garder sa clientèle québécoise. Et le plus fâchant, c’est que les gens ont préféré acheter ce chocolat à bon prix plutôt que de continuer le boycott. Je ne connaissais pas cette histoire, et ça me fait franchement réfléchir sur ce que je consomme.

Mais ce qui m’a troublé dans tout cela, c’est que d’abord, si moi j’ai toujours boycotté Olymel, je sais que bien des gens s’en foutent et veulent absolument leurs saucisses à 20 sous moins cher. Ensuite, il va sans dire que j’appuie les employés d’Olymel. Mais imaginez un boycottage très très important de tous les produits d’Olymel : est-ce que cela ne risque pas de nuire à leurs chances de garder de bonnes conditions de travail? Imaginez que leurs ventes diminuent de 30% ou 50%. Les usines vont fermer à tour de bras.

Et si, par souci des employés, on se mettait à acheter plus, tiens? Ils ne verraient jamais la couleur des profits.Bref, les employés des usines sont vachement livrés à eux mêmes, et on peut bien boycotter par principe, je ne suis pas certain que ça aide vraiment la cause. Chose certaine, c’est que je ne pourrais simplement pas me respecter en encourageant cette entreprise.

Je ne peux qu’en encourager les employés.

Maladies mentales propres au Québec, 1ère partie.

PS : Avant que vous n’alliez plus loin, veuillez noter que cette série de deux billets est une métaphore et ne traite pas réellement des maladies mentales au Québec. Je vous recommande également de faire le plein de jugement, car un apport élevé en sarcasme vous attend.

Dans « l’ancien temps », au Québec, plusieurs maladies qui sont aujourd’hui bien connues et documentées étaient souvent vues comme une manifestation du Malin. Lorsqu’une personne souffrait, par exemple, d’épilepsie, ou de schizophrénie, la nouvelle d’une manifestation satanique se répandait en un temps record, et personne n’osait plus approcher le ou la malade, sauf pour l’humilier ou l’accuser d’entretenir des intentions maléfiques.

Vous serez peut-être surpris d’apprendre que de telles maladies, mentales cette fois, font toujours rage, et ceux qui en sont victimes sont souvent encore vues de la sorte par une majorité de gens. Ces deux maladies, étroitement reliées sont : Le Bien Commun, et Montrer l’Exemple.

Première partie : Le bien commun

Bon, fini le sarcasme, pour le moment. Je ne suis pas un vieux de la vieille. Je suis arrivé sur le marché du travail en 2002, alors que les pigistes et travailleurs autonomes pullulaient de partout. Pourtant, en apprenant de la vie, j’ai compris que pour mon bien personnel et celui des autres, certaines de mes actions ou décisions devaient parfois d’abord être orientées en fonction ce qui est bon pour la totalité de mon entourage immédiat. Faisant moi-même parti de ce groupe, je pourrais donc bénéficier moi aussi du résultat de ces actions ou décisions.

Soyons francs, mes amis. Nous sommes tous en faveur de l’équité et de la justice. Du moins, nous aimons dire que nous le sommes. Cependant, plus les années passent, et plus les définitions de l’équité et de la justice prennent une tournure individualiste et nombriliste.

À une certaine époque, nous nous battions pour ce que nous croyions être le bien commun : un salaire acceptable pour tous, des avantages sociaux pour tous, le même traitement pour tous, sans discrimination. Cependant, les temps changent, et il me semble que le bien commun ne soit plus qu’une pâle copie de la politique du laisser-faire.

De nos jours, l’équité dans les salaires et les conditions de travail, c’est démodé. Maintenant, l’équité semble plutôt incarner le droit à tous d’avoir un salaire proportionnel à sa capacité de négocier ses conditions de travail, sans même rêver de pouvoir connaître auparavant le salaire moyen des employés déjà en place. L’équité, c’est laisser le droit à tout employeur d’offrir des conditions de travail à la baisse à chacun des futurs employés potentiels, en espérant qu’il s’en contente. L’équité c’est donner l’opportunité à toute personne de gagner un salaire différent de celui d’un autre employé dont le poste et les tâches sont identiques.

Et il y a aussi la justice, celle qui, normalement, assure tous et chacun de ne pas avoir à payer pour les erreurs des autres. Mais il n’en est plus ainsi. La justice, en 2008, c’est être congédié parce qu’on ne vous aime pas la face. C’est perdre son poste parce que le patron avait un ami qui cherchait un emploi. C’est se faire remercier parce que certains employés se font une joie de rapporter au patron tout ce qu’ils voient et entendent.

De plus, il me semble que vouloir le bien de tous est souvent vu comme un complot terroriste dans le but de porter atteinte aux libertés individuelles de chacun. Si un employé suggère des assurances collectives, une horde de boucliers se lèvent immédiatement : « Nous, on a de bonnes dents, nous on est en santé, vous n’avez aucun droit de manigancer pour nous forcer à payer cela. » Alors que des gens moins fortunés, eux, donneraient beaucoup (de choses qu’ils n’ont pas) pour pouvoir être couverts par une assurance maladie. Vous, qui avez de bonnes dents, sachez que vous ne les aurez pas toujours. Vous, qui avez une bonne santé, comment savez-vous qu’un cancer ne vous guette pas? Peut-on être à ce point voir si peu loin dans l’avenir?

Ce sera tout pour le moment!

La seconde partie de cette montée de lait, Montrer l’exemple, suivra dans un avenir proche.

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