Archives de l'étiquette Politique

sept 30 2008

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Le Détracteur Constructif

50 artistes unissent leurs voix contre Harper

Je passe très rapidement pour vous suggérer un site fort intéressant.

www.unissonsnosvoix.ca

Il s’agit d’un site ou une cinquantaine d’artistes (et autres, sans doute) unissent leur voix pour dénoncer le gouvernement Harper. Ce mouvement n’a pas été financé par quelconque parti politique.

Ce que j’aime particulièrement de cette initiative, c’est le fait que se prononcer sur la politique, quand on est artiste, ce peut être un couteau à deux tranchants. Si ça peut nous donner de la crédibilité, ça peut aussi couler une carrière en entier. Même si ce n’est pas pour se prononcer en faveur d’un parti en particulier, ces gens ont décidé que le risque de se retrouver à nouveau avec Stephen Harper comme Premier Ministre était assez dangereux pour qu’il vaille la peine de mettre leur impartialité de côté.

Bravo pour le courage. Ceux qui ne veulent vraiment pas Harper auront vraiment fait beaucoup d’efforts.

Désolé d’avanceDésolé

Le 15 octobre, il ne nous restera qu’à faire un site www.desole-tout-le-monde.com (l’équivalent du “Sorry Everybody” des Américains lorsque Bush a été réélu) où la grande part de la population du Québec (sauf plusieurs milliers d’ignares) s’excusera au monde entier de faire parti d’un pays qui a réélu un imbécile.

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mai 01 2008

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Le Détracteur Constructif

La pertinence d’un état indépendant

 

Ce billet sera émotif, mais je n’en ai cure. Il faut que ça sorte.

Hier, un sondage de La Presse indique que les libéraux seraient majoritaires s’il y avait des élections demain matin, et que l’option souverainiste est maintenant à 35%. Puisque le sondage a été commandé par Gesca, j’aurais été fort surpris de voir des chiffres différents.

Peu importe ce que dit La Presse, il est vrai que l’idée de l’indépendance du Québec est dans l’eau bouillante. Les gens ne semblent plus voir la nécessité d’être un pays. Ils ne le sentent pas. Leur partisanerie n’est plus alimentée.

Ceci m’emmène à me poser une question : Qu’est-ce qui influence le sentiment indépendantiste chez ceux qui changent souvent d’idée ?

Peu importe les réponses, elles sont sans doute sincères, mais je suis convaincu qu’elles ne sont pas bonnes.

Après plusieurs discussions avec différentes personnes, et un peu de réflexion personnelle, j’ai pu tirer quelques conclusions qui, selon moi, expliquent la baisse de popularité de la cause.

On ne nous méprise pas assez.

Durant le scandale des commandites, l’appui à la souveraineté a dépassé le 50%. L’option a donc perdu 15 points depuis l’avènement des conservateurs.

À l’époque Trudeau, jamais les Québécois n’ont été aussi méprisés et détestés par le gouvernement fédéral en place. Et ça a continué avec les années où Jean Chrétien était au pouvoir. Les Québécois se sentent solidaire face au mépris et la haine des autres. Et également devant le refus des autres. Le parti Libéral Fédéral avait un point important dans son programme officieux: Refuser toute demande du Québec qui pourrait renforcer les pouvoirs de la province de quelque manière que ce soit.

Maintenant, nous avons Harper. Harper ne nous déteste pas. Harper ne réfute pas toutes nos demandes. Harper ne prend même pas du temps pour parler des effets secondaires de l’indépendance. Harper nous fait quelques cadeaux. Mais en gros, Harper nous ignore. Nous ne faisons même pas parti de son plan. Pour certains, ce sont toutes d’assez bonnes raisons pour rayer de la carte l’idée de l’indépendance nationale.

On ne crève pas assez de faim et nous ne sommes pas assez opprimés.

Il y a le Tibet, il y a tous les pays d’Afrique, il y a l’inde, il y la population de la Chine. Ça va mal ailleurs. Je n’ai pas le choix d’en convenir. Et je n’ai pas le choix non plus de dire que comparé à bien des endroits, nous sommes gras durs.

Mais est-ce qu’un cause est moins bonne qu’une autre? Est-ce qu’on doit uniquement se ranger derrière une seule cause? Et surtout, est-ce que le fait que “ça pourrait être pire ici” est une raison suffisante pour ne pas faire avancer les choses?

Beaucoup de gens me donnent l’impression qu’ils seraient plus sensibles à l’idée de devenir un pays si tout allait mal. D’ailleurs, quand j’y pense… cela ne va pas si bien que ça ici. Les gens s’en plaignent tous les jours…

Pierre Bourgault disait que l’indépendance, ce n’est pas que pour les peuples parfaits. Ce n’est pas non plus que pour les peuples opprimés.

On a peur du changement et de l’acte.

Considérez le dernier point ci-haut, comme quoi l’indépendance n’est pas une récompense pour les peuples parfaits. Plusieurs indécis vont dire “Je voterais OUI si on m’assurait que ça se passera bien, que tout irait mieux et que rien dans mon quotidien ne serait perturbé, etc“. Mais voyons! En tant que province, nous sommes déjà loin d’être parfaits. Tout est loin de bien aller. On ne change pas cela du jour au lendemain lors d’une déclaration d’indépendance! Ça se travaille ça!

Mais pour améliorer les choses, il faut qu’elles changent! Mais ces gens ne veulent pas que rien ne ne change, de peur que ça modifie leur petit confort égoïste. Et ce sont ces mêmes girouettes qui votent pour celui “qui promet le plus de changement”.

Il faudrait se décider là. Le seul changement qu’il peut y avoir dans le câdre canadien, c’est une rotation entre les partis fédéralistes de la province (et j’inclus là dedans le Parti Québécois). À l’exception près d’une des propositions de Pauline Marois, soit des gestes de souveraineté. Bien que je ne sois pas d’accord avec tout ce qu’elle propose, ça je le souhaitait déjà bien avant que ce soit d’actualité.

Pourquoi? Parce que là, on va jouer dans les plates-bandes canadiennes et prendre le pouvoir à des endroits où ce n’était réservé qu’aux ministères fédéraux. Mais la populace parait-il, ne veut pas de ça non plus. On veut que les choses changent, mais on ne veut pas être obligé d’AGIR. Et lorsque quelqu’un propose d’agir, on a peur que trop de choses changent.

En conclusion…

Je voudrais conclure en vous expliquant que JAMAIS nous n’avons été aussi mal représenté par le gouvernement en place à Ottawa. On se plaint que Harper est à l’opposé des valeurs des Québécois, qu’il exagère dans ses gestes dans les affaires étrangères et environnementales. Pourtant, l’appui à l’indépendance chute sans cesse. Nous avons présentement toutes les raisons du monde d’être insatisfait d’un gouvernement qui gère tout ce qu’il veut dans ce pays sans se soucier de ce que nous en pensons.

Ils s’en soucient tellement peu qu’ils ne prennent même pas la peine de nous mépriser et de nous refuser ceci ou cela. Les conservateurs ne font qu’à leur tête, en nous ignorant. Et plutôt que de tenter de vouloir renverser ce système, les gens de certaines régions se rangent de leur côté “parce que lui, au moins, il gouverne”. Oui, bien sur que c’est rare, ça, un premier ministre qui gouverne. Si je voulais être démagogue, je vous demanderait : “Est-ce que vous embarqueriez avec une des rares personnes qui pilote, même si elle pilote tout croche, vous?”

L’indépendance ce n’est pas un bonbon qu’on gagne après un long combat. C’est le début. C’est un tremplin, le seul moyen de pouvoir construire notre société comme nous la voulons, avec les valeurs qui nous représentent, indépendamment de ce que pense un anglophone d’Alberta. Il me semble de plus en plus évident que nous n’avons pas notre place dans ce pays. Mais l’absence de scandales et de mépris semble avoir engourdi mes compatriotes.

J’attends donc un nouvelle étincelle qui mettra le feu aux poudres…

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déc 26 2007

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Le Détracteur Constructif

Vivisection de l’argument du « gros bon sens »

Catégorisé sous Débat de société, Politique

Sens unique à droite : zone de chiens sourds et lentsPour mon premier billet officiel dans la blogosphère sous le nom du Détracteur Constructif, je m’attaque à un gros morceau. « Gros » dans le sens qu’on le retrouve partout, et non pas qu’il soit difficile à attaquer.

Il y a plusieurs mois que mes oreilles vibrent avec violence chaque fois que j’entends une voix grasse et désarticulée prononcer les mots « C’est le gros bon sens ». Cette plaie est partout, dans les bureaux, dans les restaurants, mais plus spécialement dans les lignes ouvertes radiodiffusées et dans les sections des journaux réservées aux opinions des lecteurs.

Honnêtement, je ne sais trop par où commencer. Je vais donc y aller point par point en commençant par le plus évident :

Le « gros bon sens » est l’argument par excellence de ceux qui n’ont pas d’argument défendable.

Vous n’arrivez pas à penser à un argument? Vous ne pouvez appuyez votre opinion par un fait concret ou solide? Qu’à cela ne tienne, dites simplement qu’il s’agit du « gros bon sens ». J’ai toujours soutenu, avec un certain humour, qu’il existait des phrases magiques permettant de laisser un interlocuteur complètement béat instantanément. Par exemple, c’est toujours très drôle de répondre à quelqu’un se plaignant du prix des cigarettes la phrase « Est-ce que j’en achète, des cigarettes, moi? Non? Ben c’est ça! ». Vous avouerez que la teneur en argument de cette réplique est plutôt faible. Il en va de même pour le sujet qui nous intéresse aujourd’hui.

Exploiter l’argument du « gros bon sens » ne pourra avoir de poids tant qu’il sera utilisé tel quel, sans compléments. Peu importe le contexte, si le protagoniste ne peut expliquer POURQUOI son point est l’incarnation du gros bon sens, on peut considérer qu’il crie haut et fort qu’il n’a aucun argument digne de ce nom. Car s’il avait pu soutenir son affirmation par des arguments (solides ou mêmes fragiles)… hé bien il en aurait, au moins, des arguments!

Bref, personnellement, je considère « le gros bon sens » comme l’équivalent d’une étiquette [ insérez un argument ici ] qu’on aurait omis de remplir…

« Mon opinion c’est le gros bon sens, car pratiquement tout le monde est du même avis que moi. »

Voilà toujours un argument, bravo. Je dois même admettre que plusieurs s’y laisseront prendre. Seulement, quelques petites comparaisons enfantines suffiront à le réduire en poussière… mais d’abord, développons un peu.

Premièrement, il faut savoir que les québécois sont friands de statistiques et de sondages, c’est bien connu. Ils n’est d’ailleurs pas rare de voir une tendance générale virer cap pour cap en quelques semaines après la publication de multiples sondages sur un débat donné (rappelez-vous les élections provinciales de mars 2007…). Pour une multitude de sujets, la majorité de la population peut très rapidement passer d’un extrême à l’autre. Le cas échéant, est-ce que dire « Une majorité de gens pensent la même chose que moi » est un argument de poids? Il est fort probable que les gens pensaient différemment quelques mois avant, et penseront également différemment dans un avenir proche.

Une personne obstinée pourrait alors rétorquer que dans ce cas-ci, la majorité pense la même chose que lui depuis toujours. Bien que l’opinion d’une majorité de gens puisse paraitre un argument inébranlable, il est TRÈS important de ne pas omettre de faire la distinction entre le nombre et le principe débattu. J’entends par là qu’une majorité, même si elle est reconnue démocratiquement et par tous et chacun, ne garantie ni le monopole de la vérité, ni l’assurance que le point défendu est souhaitable.

Prenons en exemple quelques événements d’actualité.

Ce premier cas est si flagrant qu’il me donne raison non seulement sur mon dernier point, mais également sur le précédent. En avril 2003, un sondage effectué par ABC-Washington Post affirme qu’à la question « En tout et partout, en considérant la comparaison entre les coûts et les bénéfices qu’assument les États-Unis, croyez-vous que la guerre en Irak vaille la peine d’être menée? », 70% des sondés (tous américains) ont répondu par l’affirmative.

Sachant cela, est-ce qu’on peut automatiquement dire que les Américains avaient raison d’initier cette guerre? Était-ce le « gros bon sens »? Pourtant, une grande majorité semblaient croire que oui. Et, comble de malheur, le pourcentage tombait sous la barre des 50% à peine quelques mois plus tard.

À partir d’ici, il est facile de lancer d’autres cas au hasard… Par exemple, si une majorité croît qu’on devrait privatiser le système de santé au Québec, ça n’assure pas du tout qu’il s’agisse là d’une solution souhaitable, réfléchie ou même recommandable.

Le « gros bon sens », pointe de l’iceberg de la démagogie.

De toutes les définitions du mot démagogie, celle qui me plait le plus est la suivante : « Abus de la démocratie qui consiste à flatter les passions populaires. »

Comme tant de gens sont des adeptes avoués du « gros bon sens », il n’est pas surprenant de voir quelques profiteurs se l’accaparer afin de manipuler les foules. Quoi de plus rassurant et motivant que de voir qu’une personne déterminée parle haut et fort en notre nom. Depuis un bon moment déjà, la Ligue des Enthousiastes du Gros Bon Sens (© Moi) a infiltré les médias écrits, radiodiffusés, télévisés et même les partis politiques. Plusieurs porte-paroles se sont toujours fait un plaisir de militer pour cette cause. Quelques noms nous viennent immédiatement en tête, comme Mario Dumont dans la sphère politique, ou encore Stéphane Gendron et Jeff Fillion dans les médias.

D’ailleurs un observateur attentif pourra facilement observer le caractère multitâche du « gros bon sens », alors que certains, non contents de s’en servir comme argument, l’utilisent aussi comme catalyseur de critique puérile ou de complainte populiste.

Pour en finir avec le « gros bon sens ».

En conclusion, je dirais qu’il est tout à fait possible de qualifier de « gros bon sens » une idée dont personne n’a pu réfuter les arguments, ou prouver que le contraire était préférable. Mais dans ce cas, au lieu de dire « Parce que c’est le gros bon sens », il convient beaucoup mieux d’énumérer et expliquer nos arguments indétrônables. Non seulement notre vis-à-vis ne pourra-t-il pas les contrer, mais il devra admettre que le « gros bon sens », ce n’est pas l’affirmation d’un point ou d’une opinion.

Ce sont les arguments irréfutables qui font le bon sens, et non le contraire…

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