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La vesse du loup – Les clés de mon pays

Une chanson découverte sur un CD de compilation Désunifoliez-vous découvert dans la pile de disques de MFL.

Une chanson qui fait vibrer la fibre en nous, qui donne la chair de poule et des frissons.

Une chanson qui accélère le pouls, nous fait espérer, désespérer, et humecte nos globes occulaires.

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La vesse du loup – Les clés de mon pays

Les beaux parleurs se sont tus
Endormis sur leurs lauriers
À peine chialé une couple d’années
Le temps d’emplir leur grenier de blé

Mais où sont donc ces beaux chanteurs
Qui réclâmaient la liberté?
Dans l’temps j’pouvais juste chanter
J’avais pas l’âge d’aller voter

Me v’la devenu universitaire
J’ai un logis rue Saint-Denis
Pour ça j’ai quitté la terre
Où mon grand-père avait grandit

J’y ai vu ses fils, en quatre-vingt
Scander bien haut qu’on pouvait bien
Dire oui, devenir indépendants
Se tenir debout, faire face au vent

Ils se sont essouflé pour rien
C’est pas tout le monde qui semblait prêt
À se cracher dans les mains
Laver l’injure qui les souillait

Y va falloir se prendre en main
Se lever de bonne heure demain matin
Ah! C’est ben beau de gagner son pain
Mais arrive un temps où faut aller un peu plus loin

On a assez mis d’eau dans notre vin
Que c’est que t’en penses, toi qui ne dit jamais rien?

Et puis j’ai vu porter en terre
Deux de ceux qu’on nomme grands
Des laboureurs d’notre pays vert
Des grands 6 pieds dans l’coeur des gens

Paisiblement s’en ont allés
J’imagine qu’y s’sont pas retournés
Ils avaient bien assez semé
Pour le peu qu’ils ont récolté

On a un pays à se donner
Me semble qu’on l’a ben mérité
Ah! C’est ben beau l’grand Canada
Mais c’est icitte que mes ancêtres ont débarqué

Ç’fait assez longtemps que chuis à loyer, hey hey
J’m'en va chercher les clés de mon pays

De l’autre côté de l’Outaouais
Y’a de braves gens, de bons Anglais
Qui se sentent un peu dépassés
Qui continuent d’nous rabrouer

Incessement y vont comprendre
Que c’est l’histoire qui commande
Une feuille rouge pour les adieux
Une fleur bleue pour vivre mieux

Quand l’angelus va resonner
Peuple à genoux va s’redresser
Et pour les siècles à venir
Mon beau Québec libre va fleurir

On a un pays à se voter
Me semble qu’on l’a ben mérité
Ah! C’est ben beau l’grand Canada
Mais c’est icitte que mes ancêtres ont débarqué

Ç’fait assez longtemps que chuis à loyer, hey hey
J’m'en va chercher les clés de mon pays

L’inutilité de traduire en québécois

On parle la même langue, mais on ne doit pas parler le même langage.Ce billet est le résultat d’une réflexion qui a eu lieu suite à l’accumulation événements qui ont eu lieu à quelques mois d’intervalle :

  • D’abord, il y a la fois où j’ai acheté Mario Galaxy pour la Wii et que je me suis rendu compte que certains personnages, dans la version française distribuée ici, parlaient en joual. J’avais d’ailleurs écrit un billet à cet effet.
  • Ensuite, l’article publié par Le Devoir en novembre dernier, annonçant que quelques albums de Tintin seraient traduit en « québécois ».
  • Et finalement, j’ai récemment appris que Facebook allait subir le même sort, alors que plusieurs centaines d’utilisateurs ont mis la main à la pâte afin d’en venir à une version « québécoise ».

Je ne sais pas trop comment présenter mon point. Je le ferai donc de façon très banale : À mon humble avis, traduire quelque chose en québécois ou en « joual », alors qu’il en existe déjà une version en « français international » est l’expression la plus évidente de la perte de temps et des efforts inutiles.

Je vais tenter de m’expliquer.

J’ai appris à lire avec Tintin. Tintin est écrit dans un excellent français. Tintin utilise les mots justes, les expression exactes. Tintin est très fort sur le verbe et l’adjectif. Tintin a une syntaxe exemplaire. La langue originale dans laquelle les albums de Tintin ont été écrits, c’est le français.

Au Québec, nous parlons français. Nous sommes très habitués au français correct, au français international. Radio-Canada utilise le français international depuis toujours dans ses journaux télévisés et dans ses émissions d’affaires publiques. Et il y a beaucoup de français qui immigrent ici, et nous n’avons aucune difficulté à les comprendre (même si l’inverse n’est pas vrai), car nous sommes habitués.

Pourquoi diable traduire Tintin en québécois? Pourquoi traduire des termes que nous comprenons bien. Ais-je envie moi, d’entendre le Capitaine Haddock vociférer des énormités telles que « Mille millions de maudits sabords à marde » ?

Et pour Facebook. Ce sera quoi? « Tu veux tu accepter Chose Binne comme ami?« .

Et c’est là que je me dis qu’il faut sans doute distinguer « québécois » et « joual ». Le joual, c’est un ramassis d’erreurs syntaxiques, grammaticales et de prononciation. Je ne vois pas pourquoi l’on voudrait incorporer volontairement nos déficiences linguistiques dans des documents, des jeux, des livres ou des sites internet.

Le cas de Facebook, cependant, me pousse à me demander ce qu’est le « québécois ». Car, selon plusieurs sources, des termes comme « lycée » et « collège » seraient modifiés pour « école secondaire » et « cégep« . Pour moi, ce sont des exemples sensés. Les systèmes scolaires diffèrent d’un pays à l’autre et certains termes officiels existent ici, alors qu’ils n’existent pas dans d’autres pays francophones. Un point pour nous. Ça me va.

Super Mario JoualJ’en déduis donc qu’il est fort inutile de traduire en québécois lorsque les termes du texte original peut être compris de tous. Cependant, cela peut-être pratique pour deux choses : lorsqu’un mot ou une expression nous est propre, comme « cégep« , et lorsqu’on décide d’innover. Car il ne faut pas se le cacher, le Québec est un leader dans la création de termes terminologiques, spécialement dans le domaine de l’informatique.

Les termes « navigateur Web« , « clavardage« , « gratuiciel« , « blogue« , « pourriel« , sont tous des termes qui furent recommandés par l’Office Québécois de la langue française. C’est là qu’est notre force. Je ne comprends pas que l’on veuille dépenser de l’énergie à traduire des termes qui existent déjà dans un français correct et accessible.

Aussi, je me dis que l’exercice de notre quête d’identité, au Québec, c’est de faire partie de quelque chose de plus grand. D’avoir une place plus grande dans cette francophonie mondiale. De s’ouvrir au monde. Pour cela, il faut innover. Mais traduire des mots dans un langage local, voir folklorique, c’est à peu près exactement la même chose que ce que l’on reproche aux nouveaux arrivants : c’est la ghettoïsation du Québec dans un recoin d’Amérique. Ce n’est pas de l’ouverture sur le monde…

Je terminerai en citant l’être aimé : « Au Québec, ce n’est pas le québécois qu’il faut sauver… c’est le français. »

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