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La convergence du rien

Chaque fois que j’entrevois la une du Journal de Montréal, j’ai l’impression que Québécor essaie de faire ressembler ça à une émission de télé-réalité. Et chaque fois que j’entrevois une émission de télé-réalité ou un jeu télévisé à TVA, j’ai l’impression que Québécor essaie de faire passer ça pour un article de fait divers.

Comme si on voulait, dans les deux cas, faire une histoire avec rien. Dans les journaux, on met des faits inusités qu’on tourne en histoire, et dans les jeux télévisés, on prend les histoires des concurrents et on tente de les rendre inusités.

Si les Rémillards sont experts en conteneurs à déchets, il faut admettre que Péladeau est très fort en recyclage. Il réussit à faire de la matière avec du vide. La convergence du vide pour créer du tangible, n’est-ce pas là une extraordinaire puissance à détenir?

Le VidePatrick Sénécalavait raison.

Pétition pour que Cynoque participe au banquier

( Pour ceux que ceci offusque ou qui n’ont pas allumé, il s’agit ici d’une blague. Si vous voulez lire ma véritable opinion à ce sujet, je vous renvoie à cet article. )

Maintenant qu’un nouveau pas a été franchi, et que Julie Snyder réussit à briser un à un tous les tabous du Québec grâce au Banquier, une émission progressiste porte-étandard du combat pour la justice sociale, j’ai eu une véritable illumination. Il faut que l’émission aille plus loin et fasse mieux.

C’est décidé, je vais militer, faire des pressions, et faire circuler cette pétition pour que soit invité au Banquier le très gentil Cynoque, du film Les Goonies. Il est attachant et sait divertir son public, et montre un niveau d’intelligence certes supérieur à la moyenne des participants de l’émission.

Si mon plan réussit,  Cynoque versera une partie des gains à la Fondation Québécoise pour le Jugement Critique.

Il faut montrer aux cerveaux derrière le Banquier que LE QUÉBEC CHOISIT CYNOQUE. Signez la pétition!

Cynoque au Banquier!

Pétition

Nous, signataires de cette pétition, proposons que Cynoque, du film Les Goonies, soit invité comme participant à l'émission Le Banquier, dans un souci d'équité, de justice sociale, d'esprit progressiste. Les gens comme Cynoque ont aussi le droit de passer à la télévision.

Nous souhaitons également qu'une partie des gains soit versée à la Fondation Québécoise pour le Jugement Critique.

Nom:

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Le Détracteur,
Go Cynoque!

Rémi Lavertu,
BABY RUTH!

Noisette Sociale,
C'est bien parti!

Félix Touchette,
Cynoque 4 life!

xxxxxxxx,
Ouvre un compte paypal pour donner de l'argent à la Fondation

Manx,
Invite la valise #3 à souper après l'émission, Cynoque! T'es le tombeur de ces dames

Pascal \"Renart\" Léveillé,
Vive l'asymétrie!

Zobo,
La vraie beauté est intérieure.

Safwan,
Cynique for president!

Les huit scaroles,
Si Cynoque ne fait pas l'affaire, proposons donc Christophe Lambert, autre parangon d'intelligence et d'asymétrie.

cynoque,
c moi cynoque :p

Journal Le Devoir – Un nouveau visage

[ Edit : Il semble bien que Le Devoir n'ait pas réussi à mettre sa nouvelle version du site en ligne et soit revenu à l'ancienne formule pour le moment. Fort étrange. ]

Pour les habitués, et aussi pour ceux et celles qui ne l’ont jamais visité, sachez que les gens du journal Le Devoir viennent tout juste de publier la nouvelle version de leur site Web.

D’abord, le site ne semble pas être disponible à 100% du temps, encore des ajustements à faire sans doute. Une mise à niveau majeure, mais qui, à première vue, n’a pas été faite pour rien. Beaucoup plus de contenu sur la page d’accueil. Peut-être un peu trop même, on n’est pas certain où il faut donner de la tête. Mais ça semble quand même un peu plus intuitif. Enfin, on est patient et on sait pardonner. Ils auront tout le temps pour améliorer la formule. J’avais quelques difficultés avec la version précédente aussi.

Sinon, Le Devoir, dont la devise est « Libre de penser » se fait un honneur d’offrir de vraies nouvelles, c’est pourquoi je l’apprécie beaucoup. Vous savez? Les nouvelles importantes. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai vraiment l’impression d’être floué quand je me rends compte que la ligne directrice d’un journal est « le fait divers d’abord ».

Parfois, j’aime bien comparer la une du Devoir à celle du Journal de Montréal (ou du 24 Heures, c’est la même chose mais avec moins de publicité). Les gens de Québécor prennent la populace pour des cons, comme si les déboires des Canadiens de Montréal ou celles d’une dame dont l’appartement est insalubre étaient des enjeux nationaux. Et à la longue, Québécor finit par avoir raison : les gens achètent, et rachètent.

Mais finalement, la grande différence, je crois, est que les articles du Devoir sont écrits par de vrais journalistes, ce qui n’est pas le cas au J de M en ce moment. Et même lorsqu’il n’y a pas de lock-out, il nous est permis de se le demander également.

J’aime qu’on considère mon intelligence. Et je me dis que la devise du Devoir pourrait également être « Pas d’écrapout. » Et ça c’est drôle.

Je vous souhaite une bonne lecture!

Le journal 24 heures et la rigueur journalistique, deux univers qui ne se croiseront jamais

Feuille de chouCertains collègues de travail qui prennent le métro et qui, pour une raison inexplicable, semblent apprécier lire la feuille de chou de Québécor Le 24 Heures, me rapportent parfois d’excellentes histoires.

Comme par exemple cette fois, il y a environ un an, où un article du 24 Heures annonçait le déménagement des bureaux de Radio-Canada quelque part sur la rue Maisonneuve, au coin Papineau.

Avouez que c’est plein de bon sens, une tour de 20 étages avec des studios sous-terrains qui déménage dans une petite tour à bureau deux rues plus loin.

Et finalement, deux jours plus tard, un article erratum pour dire qu’ils s’étaient trompés. Que s’est-il passé? À quoi ont-ils pensé? Et surtout, quelle information a pu leur faire croire que Radio-Canada déménageait dans une autre tour à bureaux alors que la société d’état a du raser un quartier entier de Montréal afin d’y construire sa propre tour? Que ce soit une information sur papier ou une simple rumeur, il va de soit de l’auteur de cette bourde ne s’est pas du tout informé.

Étrangement, cet article a disparu des archives de Canoë et du site du 24 Heures.

Critique de l’absence

Vendredi soir, des collègues de travail allaient au gala Juste pour Rire de Mike Ward. Samedi soir, c’est moi-même qui y allait, grâce à une paire de billets qui m’a été offerte. C’était drôle, évidemment.

Mais presqu’aussi drôle que le gala, c’était l’article qu’un autre collègue de travail m’a rapporté hier, dans le journal 24 Heures toujours. Il s’agit d’une critique du gala de Mike Ward, intitulée «Toujours aussi provocant», et écrite par une certaine Marie-Ève Proulx.

L’un des paragraphes de cette critique va comme suit :

Bien appuyé par des humoristes de renom, tels que Martin Matte, Jean-Marc Parent, Martin Petit, Peter McLeod, Charly Pop et Sylvain Laroque, il a su déclencher une foule de situations farfelues et carrément déboussolantes au grand bonheur de son auditoire.

La seule petite chose, pour ceux qui n’étaient pas au courant, c’est que Martin Matte, Jean-Marc Parent, Martin Petit et Peter McLeod N’ÉTAIENT PAS PRÉSENT AU GALA de vendredi. Pour ce qui est de samedi, si Martin Matte et Peter McLeod y étaient, JMP et Martin Petit N’Y ÉTAIENT PAS.

Que doit-on alors déduire de cette bourde critique?

L’hypothèse la plus simple est que la madame Proulx n’a pas mis les pied au Festival Juste pour Rire. Car avouez que l’extrait que j’ai retranscrit pourrait s’appliquer à n’importe quel gala. Mais je crains qu’on doive mettre cette hypothèse de côté : l’article comprend des photos du gala, et elle explique plus loin des faits qu’on ne pourrait connaître que si on était parmi la foule. D’autant plus que le gala est commandité par Vidéotron et donc Québécor… ça aurait été juste étrange.

Second hypothèse, la plus probable, est qu’elle a rédigé l’article avant d’y aller, et a tenté de le peaufiner par la suite, mais en oubliant de modifier certains détails. Je n’y connait rien en journalisme, mais ce doit sans doute être une des manières de procéder.

Ce que je sais, par contre, c’est que pour n’importe quel journal, ça ne fait pas sérieux. Et pour un journal gratuit, distribué dans le métro de Montréal, et que je ne prenais déjà pas au sérieux, je ne vois vraiment pas comment on pourrait un jour me convaincre d’aller voir au delà de la page couverture.

Parlant de page couverture, le numéro auquel appartenait l’article susmentionné, avait en première page cette grande nouvelle d’intérêt public : «Chauffeur de taxi depuis 30 ans, Richer Francoeur rêve de devenir sénateur». Merci de couvrir les enjeux sociaux importants, Québécor! Y’a un Péladeau qui doit faire des pirouettes dans sa tombe…

PS : Étrangement, la critique du gala de Mike Ward a disparu des archives de Canoë et du site de 24 heures.

Le Banquier, précurseur du Vide de Patrick Sénécal

Un billet plus récent a été publié à ce sujet » Le Banquier : Freakshow ou émission suintant de justice sociale?

L’année dernière, j’ai dévoré le roman Le Vide de Patrick Sénécal. L’une des lignes directrices de ce roman raconte l’histoire d’un riche producteur, Maxime Lavoie, qui crée l’émission de télé réalité la plus exagérée qui soit appelée Vivre au Max, afin d’amasser le nombre le plus important de téléspectateurs.

L’idée derrière l’émission était de réaliser les rêves et fantasmes de quelques invités, des gens bien ordinaires.

Certaines voulaient casser la gueule de leur patron en direct à la télé, d’autres sauter dans une piscine remplie de cafards, ou encore se battre à main nues avec une femme, ou pouvoir chanter avec son groupe préféré. Tout cela devant une foule en délire, le cerveau complètement lavé, qui en redemande sans cesse.

Le but ultime de la chose : Après plusieurs saisons de Vivre au Max, organiser un ménage de société en massacrant éliminant le plus de téléspectateurs possible en direct au studio, et dans leurs maisons (grâce à des fidèles suicidaires précédemment recrutés et dispersés dans la province).

Voici où je veux en venir. Il n’est pas rare de regarder TVA et de tomber sur une publicité du Banquier. Moi qui aimait bien la version originale anglaise, qui est, disons-le, un peu plus sobre, j’anticipais un peu la version québécoise. Il m’est arrivé de regarder l’une des toutes premières émissions, mais sans plus.

Cependant, je me rappelle très bien, aux nouvelles TVA qui suivaient la première émission, d’avoir vu un topo en PRIMEUR qui montrait que « la madame Noire au Banquier s’était fait remarqué parce qu’elle criait comme une hystérique ». Je ne parlerai pas de convergence ici, mais avouez que c’est un peu prendre le monde pour des imbéciles.

Pas plus tard qu’hier, rien de bon à la télé. « Et Dieu Créa Laflaque » s’enligne pour me faire bailler d’ennui… je zap d’une chaine à l’autre… Une fois à TVA, je vois Julie Snyder qui présente un hurluberlu habillé en Elvis qui saute partout. Allons donc… c’est une blague? Je n’ai pu endurer ça que 20 minutes… 20 minutes de ma vie pendant lesquelles je n’ai pas réussi à me respecter…

Le « freak show réalité » que présentait l’auteur Patrick Sénécal devient de plus en plus réel, avec le Banquier. Contrairement à l’émission américaine (on son penchant anglo-canadien), ils n’y a qu’un participant par émission, alors que dans l’originale, si un participant perd (ou gagne) avant la fin de l’émission, le suivant arrive immédiatement, quitte à continuer l’émission suivante.

Souriez, Pierre-Karl Péladeau vous bénit!Mais surtout, il y a eu une ascension fulgurante au niveau de l’absurde dans Le Banquier, à un point tel que je suis convaincu qu’une personne normale, sans excès, n’a aucune chance de participer au Banquier version Québécor. Et je n’ai pas besoin de regarder l’émission, rien que les publicités! Un clown par ci, un nudiste par là, un schizo qui se prend pour Elvis… un ou deux transsexuels aussi?

Aussi, la seule émission que j’ai regardée était celle de la femme d’un pauvre gars qui voulait s’acheter une « pipine » (un excavateur, pour les francisés) depuis tellement longtemps, et la femme a finalement gagné 20$. À la fin de l’émission, Julie Snyder leur dit « Vous ne partirez pas les mains vides. Les gens de la compagnie [insérez le nom d'un vendeur d'excavateurs ici] ont regardé l’émission et vous offrent cette pipine gratuitement! ». L’émission étant pré-enregistrée et diffusée en différé, on aurait pu comprendre si elle avait dit « Regardez, on a léché les bottes d’un commanditaire… ». Mais non, elle devait dire « Un commanditaire a regardé l’émission ». Mais bon, rien de nouveau ici…

Enfin bref, comme disent les Zapartistes, si la richesse n’est pas bien distribuée, la connerie, elle, l’est à merveille. Est-ce un hasard si, en lisant Le Vide, j’ai toujours imaginé que l’antenne qui diffusait cette émission Vivre au Max était TVA? Ai-je aussi imaginé les zombies dans le studio du Banquier, qui criaient, sautaient et applaudissaient aux simagrées de ce guignole qui n’aurais jamais pu faire l’émission s’il n’avais pas eu cette légère déficience mentale qui le faisait se prendre pour Elvis?

Qu’attends-tu, Max?

Max agira sur les grands écrans du Québec, on ne sait quand… la date reste toujours à déterminer.