Traduire le français, de plante en usine
Comme vous le savez peut-être, le fait français me touche profondément et je ne tarde pas à dénoncer tout ce qui pourrait l’ébranler un tant soit peu. C’est avec joie que je constate que plusieurs blogueurs (et blogueuses) sont aussi conscientisés que moi sur le sujet. Et parlant de fait français, le dernier billet du blogue de ma compatriote MFL (Regardez la musique) traitant des traductions douteuses en français m’a rappelé une anecdote des plus savoureuses.
Il y a quelques années de cela, mon père avait acheté une simple plante, dans son pot, qu’on pouvait transplanter dans un jardin ou sur un parterre. C’est en regardant le petit carton contenant les instructions que nous avons eu toute une surprise. La plante venait d’Ontario, et la traduction avait été faite sur Babelfish, qui était l’un des seuls outils de traduction internet à l’époque. Je n’ai malheureusement plus ce petit bout de carton, pas plus que le texte. Mais je peux vous assurer que c’était franchement atroce.
En fait, c’était un non sens sur plusieurs lignes. Le mot «plant» en anglais, qui veut évidemment dire plante, mais également usine, avait été mal traduit. Les instructions allaient donc à peu près comme suit :
- Sortir l’usine de pot
- Planter usine dans un trou de la terre dans un endroit de soleil éclairé
- Arroser de l’eau régulièrement en utilisant engrais aussi fourni
- etc…
Je ne vous dis pas l’hilarité totale, mais également le grand désarrois que cette preuve de négligence inacceptable a pu susciter. J’ai donc immédiatement numérisé ce petit bout de carton pour l’envoyer à l’Office Québécois de la Langue Française, qui m’ont malheureusement répondu que l’image numérisée n’était pas de bonne qualité, et qu’ils ne pouvaient donner suite à ma plainte. On pouvait pourtant très bien lire ce qui s’y trouvait. Ayant recyclé le bout de carton, je n’ai pas pu reformuler ma plainte.
Lorsque j’ai tenté de retrouver l’entreprise sur internet, je me suis rendu compte qu’elle n’existait plus, elle avait fait faillite. Sans doute pas à cause des plaintes de clients francophones, mais sait-on jamais…
C’était mon anecdote, savoureuse et très représentative d’un problème beaucoup trop récurrent.
Catégories : Actualité, Débat de société, Fait Français, Tranche de vie
Étiquettes : Fait Français, mauvaises traductions, office québécois de la langue française
11 réponses to “Traduire le français, de plante en usine”
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MFL on avril 3rd, 2008
On laisse vraiment passer n’importe quoi, quand on en est rendu à se dire qu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer c’est que l’heure est grave!
En outre pas fort l’office de la langue française… lors de ma dernière plainte on a commencé par me dire qu’ils n’étaient pas en mesure d’ouvrir un fichier « word » puis finalement, après que je leur ai renvoyé dans un autre format ils m’ont finalement dit que je devait fournir une preuve de chaque emballage visé par la plainte (car en autre cas ils ne pourraient tenir compte de la plainte) BRAVO! Mais comme il s’agissait de presque 90% des items en vente dans la boutique j’en ai conclue qu’ils n’avaient pas lu l’objet de ma plainte! C’est pas facile.
Bon, je vais aller arroser d’eau mes usines!
Le Détracteur Constructif on avril 3rd, 2008
@MLF : En effet, ils ont du t’envoyer une réponse en conserve ou je ne sais quoi, tu sais les textes écrits d’avance… Hé bien, c’est vachement dommage qu’ils y aillent au cas par cas, surtout que ça implique qu’on doive acheter les produits!
Alors si personne n’achète les produits ou se plaignent, c’est correct qu’une boutique soit remplie d’items contenant des étiquettes pas traduites ou traduites dans un français déficient! C’est incroyable…
(Parlant de français déficient, j’ai corrigé ta petite coquille et effacé ton commentaire dans lequel tu corrigeais. Hihih!)
Noisette Sociale on avril 3rd, 2008
Cool!
On peut faire pousser des usines maintenant?
Voilà réglés les problèmes de chômage.
:-P
Le Détracteur Constructif on avril 3rd, 2008
@Noisette Sociale: Ahaha! Oui tout à fait! Elle est bonne!
AntiPollution on avril 3rd, 2008
Je crois que la plupart des entreprises utilisent des traducteurs «en ligne» pour économiser quelques sous. Je viens de m’installer un pompe pour le sous-sol et les instructions en francais faisaient pitié.
Le Détracteur Constructif on avril 3rd, 2008
@AntiPollution: Ça fait dur!
Y-man on avril 4th, 2008
si on peut faire pousser des usines alors on vient de régler un problème économique au Québec.
Ces traductions poches sont souvent le résultat de logiciels de traduction sans qu’il y de revision pas après. La pire que j’avais entendu c’est sur le site officiel du NDP où le logiciel de traduction avait traduit le mot jack par crique alors le chef du NPD s’appelait Crique Clayton
Le Détracteur Constructif on avril 4th, 2008
@Y-Man : AHAHAHAHA!!! Et pourtant, ce monsieur Clayton ne se débrouille pas si mal en français. Faut croire qu’il doit être un peu le seul, avec Mulcair :) Wow, en espérant que ce n’est pas resté là trop longtemps ;)
La Fêlée on avril 5th, 2008
J’ai passé plusieurs minutes à essayer de programmer une télécommande universelle. Ça fait déjà quelques années de ça. Le manuel en français disait de fermer la télé, de faire les codes blah blah blah et … de fermer la télé. Moi, trop conformiste pour m’obstiner avec des instructions, j’ai refais l’opération plusieurs fois, avant d’aller fouiner dans la version anglaise du manuel pour constater qu’une &$?%%$ d’erreur de traduction me faisait perdre mon temps.
Bleuecobalt on avril 6th, 2008
Je crois qu’une des belles traductions qu’il m’est été donné de lire fut celle-ci sur un vêtement :
Made in Turkey – Fait en Dinde.
J’te jure!
Le Détracteur Constructif on avril 6th, 2008
@La Fêlée : Oui mais perdre son temps n’est-il pas un plaisir de la vie irremplaçable? :)
@BleueCobalt : HA! Ça devait piquer ce vêtement, avec les plumes et tout :P