Voilà, j'ai craqué

Voilà, j’ai craqué

24 février 2009

Divers

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C’est ce matin que c’est arrivé.

Hier, je revenais chez moi, finalement avec une voiture qui fonctionne. Rafistolage de fortune… mais au moins je pourrais me déplacer en paix par mes moyens.

Panne Fatale!Ce matin, en allant travailler, je monte dans ma voiture, tourne la clé. Rien. Nada. Je fais le compte… trois. Ça fait 3 fois en moins d’un mois que cette ordure de tas de tôle me lâche. Je suis rentré à la maison, et j’ai craqué. J’ai explosé. J’ai succombé à ma première vraie crise de nerfs.

J’ai pleuré, j’ai tapé dans le mur, je me suis affaissé sur le fauteuil et j’ai regardé dans le vide pendant de longues minutes. Quelque chose venait de se briser dans ma tête, dans mon moral. Comme un bruit de corde qui cède enfin après avoir été trop étirée. En bon québécois, “quelque chose a snappé“. Et ça a snappé fort, je l’ai presque entendu. J’ai me suis senti passer le point de non retour. Je n’ai pas eu vraiment le choix… j’ai dû appeler au travail pour dire que je me présenterais pas aujourd’hui.

Tout ça pour une vulgaire voiture” me direz-vous?

Le problème, en fait, ce n’est pas voiture elle-même. Le problème, c’est le ravage que tout cela fait à mon système nerveux. Je suis très sensible aux malchances et aux mauvaises nouvelles. En fait, je suis très sensible à tout ce qui contrecarre mes plans ou interrompt le flot normal d’une journée. Moi, je suis bien dans la stabilité. Pas nécessairement dans la routine, mais dans ce qui se passe normalement. Une journée peut changer bout pour bout tout en restant normale. Mais cette normalité, il ne faut pas l’interrompre. Mais quand ça arrive souvent, ça s’accumule. Et là, ça a débordé.

Me ramasser 3 fois en très peu de temps avec une voiture inutilisable, à appeler la CAA à tout bout de champ, à sacrer en ne sachant pas ce que c’est et en essayant de connaitre la cause du problème, à me sentir mal vis-à-vis mon père qui se démène à essayer de la réparer (et en plus je ne peux même pas en profiter, car ça brise à nouveau). Tout ça, c’est trop pour moi. Pas moyen d’avoir une tranquillité d’esprit digne de ce nom.

Mes parents appellent ça un irritant naturel. Cette fameuse chose à laquelle vous pensez avant de vous endormir, et qui fait que vous passez également des nuits de merde. J’en ai connus de toutes les sortes. Mais pour la première fois, je me suis rendu compte que le seul moyen de s’en débarrasser, c’est… de s’en débarrasser! Plus d’irritant naturel, plus d’angoisse, plus de sommeil défectueux, plus de stress.

Spécimen de tas de ferrailleJ’ai donc appelé la CAA pour une troisième fois en un mois. C’est mon dernier service gratuit, mais il fallait que je le fasse. J’ai appelé mon père, et je lui ai dit “Là là, je fais livrer ma ferraille chez vous, tu me sacres ça dans le fond de la cours, et je ne veux plus en entendre parler.

Je finirai la semaine en transport en commun. Même si je l’emmerde, la STM. Sauf qu’au moins, même si les bus arrivent parfois en retard, ils finissent toujours par passer. Quand je prend le bus, j’ai le temps de lire je ne me stresse pas. J’arrive au boulot et je suis complètement reposé… même si j’arrive 30min plus tard que la normale.

D’ici à ce que j’aie une nouvelle voiture, je vais voir mes options. Ou bien le transport en commun, ou bien peut-être Communauto. Faudra que je vois comment ça fonctionne, ça a l’air vraiment génial, en et plus, il y a un point de service à 10 rues d’ici.

Mais au moins, pour la première fois depuis un mois, je pourrai dormir tranquille et en paix.

Mon futur tas de ferrailleC’est officiel, maintenant, je hais les voitures. C’est pour ça que je vais m’en acheter une autre… mon père, qui s’apprête à acheter une voiture neuve, va probablement me vendre son véhicule actuel. Il a sérieusement intérêt à “marcher droit”, ce moyen de transport-là! Ça va toujours bien me donner un petit répit…

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7 commentaires sur “Voilà, j’ai craqué”

  • Louis-Philippe Lafontaine, février 24, 2009 à 11:09

    Je te comprends tellement! J’ai eu quantité de problèmes avec ma vieille Volks depuis deux ans, et à chaque fois ça m’empêchait de dormir. Je suis peut-être simplement un gars ordinaire: tant que j’ai ma blonde, ma job et mon char qui fonctionne, je suis heureux, mais enlevez-moi pas quoi que ce soit dans ce trio gagnant!

    Bonne chance pour le reste… Mon expérience me dit qu’il faut parfois faire un choix: mettre le paquet pour réparer la voiture ou la laisser tomber. Tu sembles rendu à cette étape. C’est difficile de se séparer de sa voiture si tu es comme moi… Je ne compte même plus l’argent dépensé dessus! :)

  • Laurent, février 24, 2009 à 11:48

    « Mais pour la première fois, je me suis rendu compte que le seul moyen de s’en débarrasser, c’est… de s’en débarrasser! »
    « Quand je prend le bus, j’ai le temps de lire je ne me stresse pas. J’arrive au boulot et je suis complètement reposé… »

    Bon, je ne m’embarquerai pas dans le super débat transport en commun ou auto (ou pas trop ;) ), mais tu sembles en avoir déjà tiré les conclusions toi-même…

    Pourquoi pas essayer de toujours faire le voyagement en transport en commun ? (ou peut-être le vélo, mais je crois que c’est trop loin pour toi…)
    Ben oui, c’est pas parfait la STM, ben oui, c’est chiant parfois, mais visiblement l’auto aussi a ses désavantages… Et en plus c’est moins cher (de beaucoup). Et avec les économies, tu peux te permettre un voyage en taxi ou avec communauto de temps en temps, pour les occasions plus rares où c’est vraiment nécessaire d’avoir une auto…

    Ce que tu sembles envisager avec STM+communauto, Équiterre appelle ça le « cocktail transport ». Si ça te tente, fouille dans le site, c’est plein d’infos intéressantes…
    http://www.equiterre.org/transport/index2.php
    http://www.equiterre.org/transport/informer.php

    Bon, j’arrête mon discours de persuasion ici…

    Bonne journée!

  • Le Détracteur Constructif, février 25, 2009 à 8:10

    @Louis : C’est tellement difficile pour moi d’endurer un événement qui détruit mon futur proche, et qui fait que je dois modifier ou contourner ce problème en changeant toutes mes habitudes. Ça a poussé mon stress à bout.

    Mais en y repensant, aussi bien que ce soit une connerie du genre qui m’ait fait piquer une crise de nerfs, et non pas quelque chose au bureau par exemple. Ça aurait pu être moins beau :)

    @Laurent : Le problème c’est simplement que je trouve qu’en voiture, je n’ai déjà pas assez de temps pour mon couple. Je pars à 6h30 le matin, j’arrive à la maison à 17h30. Et je suis fatigué en plus. En transport en commun, je pars à 6h15 et je reviens il est passé 18h. C’est trop pour moi.

    Je suis très sensible à la question environnementale. J’aimerais bien avoir une voiture moins polluante que la ferraille dont je viens de me débarrasser. Et ce sera le cas, ma nouvelle voiture sera moins polluante et consommera moins. Mais de là à faire le grand saut… je ne crois pas. J’aime bien l’indépendance que me procure la voiture. C’est encore une question à trancher…

  • DarK Rémi oF DooM, février 25, 2009 à 8:24

    C’est toujours un choc de constater à quel point on peut dépendre de ces biens technologiques! Il est évident qu’une voiture qui brise, surtout lorsque tu l’utilises pour travailler, ça brutalise le moral. Ça me fait un peu penser lorsque le disque dur de mon ordinateur a pratiquement implosé et que j’ai perdu l’intégralité de son contenu; quand mon ordinateur brise, je panique et je me sens pris au dépourvu comme si ma vie ne pouvait pas continuer sans ça. Même si je ne me sers de mon ordinateur que 5 minutes dans une journée, le simple fait de savoir que je n’ai pas accès à mes “trucs de base”, ça me perturbe.

    En bref, je compatis grandement pour ce qui est de la perte de ta voiture. Bien que je n’utilise pas la mienne pour aller travailler, je sens que je deviendrais extrêmement irrité si elle perdait la vie. Comme le disait un vieux sage guatémaltèque: “Lâche pas la patate.”

  • Le Détracteur Constructif, février 25, 2009 à 8:29

    @Rémi: Même si le but du billet n’était pas vraiment de mettre l’emphase sur le bien matériel technologique, mais plutôt sur ma fragilité envers le changement brutal de mon mode de vie, je dois avouer que j’aurais l’air aussi fou que toi si mon ordi explosait.

    Il faut croire que cette fragilité dont je fais preuve est, quelque part, liée à la stabilité que procure ces biens. Mais je pense vraiment avoir trouvé le terme qui convient, ce matin, en expliquant que ce qui me fait sauter le bouchon de presto, c’est l’accumulation de toutes ces petites défectuosité de la vie qui font s’effondrer mon futur proche.

    Longue vie aux guatémaltèques!

  • Patricia Huot, mars 3, 2009 à 7:02

    Chère Varda Etienne, je suis bipolaire comme toi. Je suis déclarée invalide depuis 2004. Et depuis que j’ai cessé de travailler je n’ai pas eu d’autres hospitalisations dans un centre psychiatrique. Mais je reste fragile, comme tu l’as mentionné lors d’une de tes entrevues, au stress. Je suis bien entourée de ma famille, de mon mari et de ma fille de 25 ans. Je prends bien ma médication. J’ai voulu commencer à écrire un livre moi aussi, il y a quelques années. Peut-être le ferais -je un jour? Je considère notre maladie un peu comme une bombe qui peut nous éclater au visage n’importe quand! Nous vivons de grandes soufrrances intérieures et devons apprendre à gérer nos peurs. Je te félicite et te remercie d’en avoir parlé ouvertement de notre maladie mentale. Je t’embrasse et te souhaite de beaux futurs projets… Encore une fois merci au nom de tous les bipolaires du Québec.

    Bonjour à toi et ta famille

    Patricia, 53 ans, diagnostiquée depuis 1998­. XXX

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