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Une atmosphère de pré-coup d’État

Il y a peut-être un semaine ou deux, j’ai entendu Denise Bombardier dire, à la radio, qu’il régnait depuis quelques temps au Québec une atmosphère de pré-coup d’État.

Et je dois vous avouer qu’elle a raison. Je le sais, parce que je vis ces moments avec une sorte d’excitation un peu malsaine. Mais je ne saurais m’en empêcher!

Pourquoi? Simplement parce que dans cette triste époque où le cynisme est roi et où l’adage « Plus ça change, plus c’est pareil » est vérifiable tous les jours, les problèmes et scandales politiques qui sévissent actuellement représentent quand même un peu de changement. Oui, tout cela est scandaleux, navrant et décourageant. Mais c’est toujours mieux que le statu quo.

Je me rappelle ce souper entre amis que nous avions organisé lorsque les partis fédéraux d’opposition songeaient à former une coalition contre le gouvernement conservateur. Ce n’était pas seulement un souper d’intérêt, c’en était un de fête!

Normalement, ces atmosphères pré-coup d’État ne se sentent qu’à des intervalles espacés. Meech, Référendum 1995, etc. À quelques années de distance. Mais cette année, tout arrive. Bastarache et Bellemare, Turcot, refus d’une commission d’enquête publique, aveux honteux de dirigeants, pétition en ligne qui claque des records…

J’ai faim. J’en veux plus. Pour ceux qui se plaignent que le Québec stagne, le Québec est maintenant en mouvement. Pour le meilleur et pour le pire. Mais ça bouge.

Fêtons!

De la pertinence (ou non) d’envoyer ses enfants à l’école anglaise

Hier, je suis tombé sur un article d’un citoyen qui, sous forme de lettre, racontait que le Québec vieillissait mal. À travers ses arguments, il a expliqué ne pas comprendre pourquoi il ne pourrait pas envoyer ses enfants à l’école anglaise afin de mieux les préparer à « affronter le monde ». « Il me semble que ce serait le temps d’éliminer ce maudit sentiment d’infériorité, cette peur d’avoir peur« , dit-il.

Personnellement, je ne considère pas qu’une éducation faite dans une environnement francophone comme le résultat d’une peur d’avoir peur, ou d’un sentiment d’infériorité. Bien au contraire, il me semble qu’une éducation dans la langue qui est la nôtre est une réelle preuve que nous pouvons, dans notre pays, former des gens aussi bien éduqués que dans les autres contrées du monde, qui elles aussi donnent une éducation dans leur langue officielle. C’est la preuve que non seulement nous pouvons « être », mais nous pouvons « être » avec notre langue et nos distinctions.

« L’anglais, c’est la langue des affaires, plusieurs pays ont compris« , affirme l’auteur. C’est d’ailleurs le gros problème qui persiste ici : notre système d’éducation s’entête encore et toujours à former des travailleurs, des techniciens, plutôt que des citoyens responsables. Car c’est bien dans le milieu de travail qu’on utilise l’anglais langue seconde, et rarement lorsque nous vivons en société.

Mais au delà de ça, je ne vois absolument pas ce qui est tant recherché dans ces études anglophones.

J’ai moi-même été élevé dans le système public francophone. Chez nous, les seuls mots anglais qui ont été prononcés de toute ma jeunesse étaient toaster, hot-dog, Ninja Turtle et Star Wars. Comment donc est-il possible qu’aujourd’hui, je puisse me décrire comme bilingue à 90%, et que j’entame un certificat en traduction? N’est-ce pas impensable?

Pas du tout. J’ai eu des cours d’anglais dans ma jeunesse. Ensuite, à l’arivée des DVD, j’ai commencé à regarder mes films en anglais, avec des sous-titres anglais pour être certain de comprendre. Ensuite, avec l’arrivée d’Internet, mon anglais s’est aiguisé. J’ai aussi parfois lu des romans et des BD en anglais.

Jamais mes parents ne m’ont mis de la pression, ne sont intervenus dans la manière dont on m’apprenait l’anglais. Mes parents (et mes professeurs) ont simplement fait un excellent travail afin que j’aie envie de découvrir, d’apprendre, de me dépasser, et d’être le meilleur dans ce que je fais.

Avec les pressions de certains parents qui s’entêtent à vouloir une éducation en anglais pour leurs enfants, j’ai l’impression qu’une partie de la société cherche à refiler au système d’éducation l’un de ses devoirs les plus importants : donner à nos jeunes la motivation et le goût de se dépasser. La connaissance d’une langue seconde n’est pas le fondement de l’éducation, mais plutôt l’aboutissement d’une éducation adéquate.

Donnons le goût à nos jeunes d’apprendre et de se dépasser, et une fois qu’ils auront trouvé ce qu’ils veulent faire dans la vie, si ça demande d’être bilingue, ils apprendront anglais, vous pouvez en être certains. Et surtout, ils l’apprendront de leur propre gré.

(Après relecture de ce billet, je me rends un peu compte qu’on pourrait le résumer par « Est-ce que je suis allé à l’école anglaise, moi? Non? Pis chuis bilingue quand même. Ben c’est ça! », mais avec pas mal plus d’arguments! Héhé.)

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