Mort aux cravates

Mort aux cravates!Sans vouloir nécessairement faire compétition à mon cher ami Dark Rémi of Doom, j’ai pris la décision de rassembler toute la dérision nécessaire afin d’attaquer un véritable fléau, que dis-je, une authentique calamité qui, depuis des siècles, donne tout son sens à l’expression pollution visuelle. J’ai nommée la cravate!

D’abord, sachez que la cravate n’a pas été inventée hier. Des textes anciens révèlent la présence de cravate dans les premiers temps du règne de Clovis (de l’an 481 à 511, et je me permets d’omettre la référence à Jésus Christ), sur le territoire que l’on connait maintenant comme l’Allemagne.

Ainsi donc, cette conspiration méphitique dont le but inavoué est de combattre tout ce qui est beau et agréable à la vue date de très longtemps.

Car il serait hypocrite de se le cacher. La cravate est le symbole et porte-étendard de tout ce qui est abject, répugnant et ignoble pour la rétine. Avouez que c’est quand même très fort pour un vulgaire bout de tissus aux couleurs généralement ingrates et aux formes vulgaires. Sans parler des motifs. Pour ces derniers, je n’ai pas d’adjectif assez dévalorisant.

Je n’arrive pas à croire qu’en 1500 ans, personne n’ait réussi à trouver un autre moyen de serrer le colet d’une chemise, sac à papier! Certains diront que c’est pour faire beau. Pardon? J’ai vu Patrice Roy, en complet bleu foncé, et arborant une cravate rose. Personne ne réussira à me faire croire que sans cravate, il ne serait pas crédible comme lecteur de nouvelles!

La cravate est également un symbole de supériorité. Les gens en cravate que l’on voit, normalement, sont ces gens qui travaillent dans des tours à bureau, qui brassent de l’argent. Ceux qui peuvent s’offrir les cravates les plus chères sont probablement ceux qui réussissent à détourner le plus d’argent. Demandez à Vincent Lacroix, pour voir.

La cravate peut aussi être un symbole d’infériorité, de dérision. C’est la couronne d’épine de ceux qui ont un emploi médiocre. Pour preuve, la première et seule fois où j’ai porté la cravate, c’était alors que j’étais emballeur dans un supermarché, et que mon salaire était comparable à celui d’un ouvre-boite électrique.

Sinon, à un autre niveau, la cravate est également objet de soumission. Enfin, si je me fie aux maitresses de ces messieurs énoncés juste ci-haut. Quand on les tient par la cravate, c’est à peu près comme si on les tenait par les couilles avec une cuiller à crème glacée dont la lame raclerait l’extérieur plutôt que l’intérieur de la dite cuiller.

De plus, si vous votez pour moi, je vous promet de rendre illégale l’idée (et le geste, et même l’intention) de donner une cravate à quelqu’un en guise de cadeau. Ils ce forceront, ces rustres de barbares, pour trouver quelque chose de plus intéressant!

Et qu’on ne s’avise pas de proposer le retour au nœud papillon! Dark Rémi of Doom m’a dit, un jour, « Bring back the noeud papillon« . Je dis non! Le nœud papillon, c’est simplement une cravate dans son chrysalide. On ne peut pas se permettre de prendre cette chance.

Si les cravates sont encore présentes, c’est qu’elles ont une influence considérable. Il y a encore des employés qui ne peuvent aller travailler sans cravate. Des gens dépendent des cravates. Nous devons nous sortir de cette dépendance, et reprendre notre place au haut de la hiérarchie! Brûlez toutes les cravates que vous voyez!

Ahh… si vous saviez le bien que ça fait!

Catégories : Humour

Étiquettes : cravate

11 réponses to “Mort aux cravates”

  1. DarK Rémi oF DooM  on avril 23rd, 2009

    Suivant ces propos, on peut se permettre de présumer que la cravate fut instaurée par les « Illuminatis » et/ou les « Franc-Maçons » avec des buts obscurs dont nous n’avons vraisemblablement conscience. Au-delà du voile esthétique de la chose et de ses nombreuses caractéristiques relatives à la classe sociale, je crois que la cravate a de sombres aspirations. Je crois toutefois qu’il est inapproprié de reléguer le nœud papillon au rang de la cravate. Le nœud papillon exprime une certaine marginalité et un inconfort classique qui sied bien aux adeptes du monocle tandis que la cravate ne semble avoir pour but concret que de masquer les boutons de la chemise. La vérité ne sera probablement connue qu’au Ragnärok (ou Apocalypse, ou Jugement Dernier, ou etc).

  2. Alex  on avril 23rd, 2009

    Ah, Dark Rémi et Détracteur vous touchez un point. Dark Rémi encore plus avec la franc-maçonnerie. C’est bien que tu en parles Dark Rémi car d’ailleurs, dans le prochain livre de Dan Brown (auteur du Da Vinci Code), la cravate « franc-maçonne » révèlera un autre scandale qui nous choquera tous… En effet, il paraît que certaines cravates, si on les analyse couche par couche, on trouve dans les coutures un message écrit par Nostradhumus, un célèbre franc-maçon du 17ème siècle: « Carbo du CH il ne faudra point renvoyer car misère pour 100 ans il risque d’arriver. » :P

    Sans farces, j’ai porté une cravate une fois dans ma vie et je me sentais tellement inconfortable. Pour moi, une chemise propre et un pantalon propre suffise pour montrer que tu as de l’allure. La cravate, c’est juste un moyen de démontrer une certaine « supériorité ».

  3. Noisette Sociale » Blog Archive » Ah, hilarité, quand tu nous tiens!  on avril 23rd, 2009

    [...] Cette fois-ci, il expose son courroux contre la cravate. [...]

  4. Noisette Sociale  on avril 23rd, 2009

    Le passage suivant est aussi hilarant que pertinent :

    « La cravate peut aussi être un symbole d’infériorité, de dérision. C’est la couronne d’épine de ceux qui ont un emploi médiocre. Pour preuve, la première et seule fois où j’ai porté la cravate, c’était alors que j’étais emballeur dans un supermarché, et que mon salaire était comparable à celui d’un ouvre-boite électrique. »

    C’est un peu comme quand je vois un gérant de McDo avec une fucking cravate. Comme si ça lui donnait plus de crédibilité!

    Quel retour en force! :D

  5. David Gendron  on avril 23rd, 2009

    Superbe et hilarant texte!

    Mais tu devrais écrire une suite concernant la cravate comme instrument de séduction masculine envers les dames.

  6. sylvaind  on avril 23rd, 2009

    Considérant que faire shaker mon petit change dans mes poches de Jeans est brasser de l’argent, je devrais donc, selon ta théorie, courir aux habits st-eustache et m’acheter une cravate?

  7. Le Détracteur Constructif  on avril 24th, 2009

    @Dark Rémi of Doom: Ahahah! Le noeud papillon c’est le malin!

    @Alex : Ah vraiment! Plus jamais! Surtout pas pour un emploi!

    @Noisette : La couronne d’épine vous dis-je!! Ah oui vraiment je la trouvais bonne celle-là aha ;) J’me trouve drôle!

    @David Gendron : Si des femmes se laissent séduire par une cravate, je ne veux pas les connaître moi :P

    @sylvaind : Ahaha non non pas toi! Fais pas ça! Toute façon, cette boutique devrait changer de nom pour « Les Wannabes St-Eustache » :P

  8. jid  on avril 24th, 2009

    La cravate est à la base un instrument phallique, elle est une fleche pointée sur la braguette.

  9. Mr Cravate  on avril 24th, 2009

    Je comprend le titre du commentaire… Avec la photo des cravates que je vois… C’est normal ;-)

  10. Minerve  on avril 25th, 2009

    J’ai adoré l’allusion au noeud papillon, comme quoi  »c’est simplement une cravate dans son chrysalide. On ne peut pas se permettre de prendre cette chance ». Mdr! C’est presque poétique.

    Tu dis que tu n’arrives pas à croire qu’en 1500 ans, personne n’ait réussi à trouver un autre moyen de serrer le colet d’une chemise… Bon, euh, comme tu dis, il y a le noeud papillon, mais je ne sais pas si tu trouverais beau de retourner aux fraises du 16e siècle mouahaha : http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/4/4a/Guise.jpg/507px-Guise.jpg

    Bah, moi, je dirais pas non si on retournait aux beaux cols du temps de la Régence (en Angleterre, environ début 19e siècle). Un exemple :
    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/5/55/Kochubey.jpg

    Bon, faut dire que je capoterais un peu si par un curieux problème technique les hommes ne se retrouvaient qu’avec ce type de vêtements… Mais bon, c’est juste moi qui adore en apprendre et observer la mode et l’histoire des vêtements lol. Mais bon, pour ce qui est confort, la mode masculine (et féminine) d’aujourd’hui est bien mieux, et je suis d’accord qu’une cravate ne devrait pas être nécessaire.

  11. Manx  on avril 27th, 2009

    Les seules cravates qui allaient bien à des gens que je connaissais étaient portées par des femmes. C’est un peu ironique, faut-il l’avouer.

    J’ai porté une cravate quelques fois au secondaire, à cause de l’uniforme obligatoire. Il faut que j’avoue que je ne sais pas encore en faire des noeuds :D. C’est pas si mal, parce que ça rendra impossible l’idée de me pendre, si je venais un jour à reporter ce genre de trucs-là.

    Mais imaginez l’uniforme d’écolier de 13 ans avec une cravate. Est-ce qu’il y a quelque chose de moins naturel et plus dégueulasse qu’un kid avec une cravate bleue marin et des p’tits aigles rouges deçu? Qu’on n’essaie pas de me faire croire qu’on avait l’air d’être de la « graine de gagnant ». On avait l’air de… (lire le premier mot de l’expression précédente), et c’est tout.


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