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juil 09 2008


Le Détracteur Constructif

Pourquoi j’essaie désespérément de boycotter Nestlé

Catégorisé sous Divers, Débat de société, Solidarité

Ne pas ingérer

Si je résume, je dirais que Nestlé est un peu responsable de la mort de centaines, voir milliers de bébés. Mais avant tout, laissez-moi vous expliquer.

Je ne suis pas le seul à (essayer de) boycotter Nestlé. Et ce n’est pas non plus un mouvement nouveau. Mais peu de gens sont au courant des pratiques de Nestlé, et c’est pourquoi peu de gens participent au boycott.

Des gens et des organisations ont commencé à boycotter Nestlé dans les années 1970. C’est dans ces années qu’une controverse a été rendue publique, à l’effet que Nestlé faisait la promotion d’un produit substitut au lait maternel dans certains pays d’Afrique.

Les produits substituts au lait maternel sont normalement sans danger, mais lorsqu’ils sont utilisés dans les pays moins développés économiquement, quatre problèmes peuvent subvenir :

  1. La formule devait normalement être mélangée à une certaine quantité d’eau, mais qui est parfois contaminée dans certains pays, ce qui causait de graves maladies aux enfants vulnérables. L’Unicef estime qu’un bébé non nourri au lait maternel et qui est élevé dans des conditions antihygiéniques a entre 6 et 25 fois plus de chances de mourir de la diarrhée qu’un enfant qui y est nourri au lait maternel.
  2. Étant donné la pauvreté des familles, plusieurs mères utilisaient moins de poudre afin d’en faire duré la quantité, ce qui menait à une nutrition inadéquate du bambin, le rendant ainsi plus susceptible de développer ou d’attraper des maladies.
  3. Le lait maternel a beaucoup d’avantages que le substitut n’a pas. Les nutriments et anticorps sont transmis au bébé alors que des hormones sont créées dans le corps de la mère. Les bébés nourris au lait maternel sont protégés, dans une certaine mesure, contre plusieurs maladies, incluant méningite, gastroentérite, infection de l’oreille et infection respiratoire. Le lait maternel contribue également au bon développement neurologique du bébé.
  4. Étant donné le niveau d’analphabétisme de plusieurs pays sous-développés, les mères ne connaissaient pas les méthodes d’aseptisation requises pour la préparation de la formule dans des biberons. Même celles qui connaissaient ces méthodes n’avaient pas toutes les moyens de les appliquer. Un problème qui ne survient pas lorsque le bébé est nourri au sein, évidemment.

Le plus dégueulasse dans tout ça…

Plusieurs organisations ont accusé Nestlé de méthodes de promotion non-éthiques en ventant les bienfaits de leur formule substitut à des mères du tiers-monde. Par exemple, Nestlé aurait fait la distribution gratuite d’échantillons de leur substitut au lait maternel dans des hôpitaux et maisons de maternité. Lorsque les nouvelles mères quittaient ces institutions, évidemment, le substitut n’était plus gratuit. Mais comme son utilisation avait interféré avec la lactation de la mère, celle-ci ne produisait plus suffisamment de lait, et devait donc continuer à utiliser le substitut de Nestlé.

Nestlé a également été accusée d’utiliser l’argument de l’aide humanitaire afin de créer un nouveau marché, alors que les étiquettes et instructions n’étaient même pas adaptées à la langue utilisée dans ces pays. Ils offraient également des cadeaux et des méthodes de sponsorisation afin d’inciter les travailleurs de la santé à promouvoir leurs produits.

Vous vous doutez bien que Nestlé a toujours nié ces allégations…

Aujourd’hui, le boycott est encore en cours et est coordonné par l’International Nestlé Boycott Committee. Plusieurs institutions scolaires d’Europe ont banni les produits Nestlé de leurs machines distributrices et cafétérias. Au Royaume-Uni, des centaines d’entreprises, groupes de support, groupes de santé, regroupements de consommateurs, autorités locales, politiciens et célébrités supportent ce boycott. Cependant, si le boycott est toujours en branle, je n’ai pas trouvé d’informations à savoir si Nestlé a perpétué ces pratiques inhumaines.

Je me fait également un plaisir de vous relater une anecdote. L’actrice Emma Thompson qui incarne Hermione dans la série Harry Potter a, en 2001, appelé au boycott du Perrier Comedy Award, car Perrier est une propriété de Nestlé. L’année suivante, une compétition alternative appelée Tap Water Awards (Le Gala Eau de Robinet) a été créée.

Pas facile à boycotter

Si je dis que je tente désespérément de boycotter Nestlé, c’est parce que je doute que ce soit vraiment faisable. Nous consommons tous des produits Nestlé sans le savoir. Des dizaines de marques appartiennent à Nestlé en tout ou en partie, et ce sont souvent des produits que nous consommons au quotidien. Si je me fie au site web de Nestlé (je ne mets pas de lien, je ne voudrais quand même pas leur offrir de la visibilité, même avec mon petit PR4), voici une liste des produits qui sont reliés à cette compagnie, de près ou de loin :

  • Repas congelés Stouffer’s
  • Eau en bouteille Montclair
  • Crème glacée Häagen Dazs
  • Nestea
  • Chocolat Turtles
  • Nourriture pour animaux Purina
  • Eau gazéifiée Perrier
  • Nescafé
  • Chocolat Crunch
  • Nesquik
  • Chocolat Aero
  • Chocolat After Eight
  • Chocolat Butterfinger
  • Lait Carnation
  • Friandises glacées Drumstick
  • Friandises glacées Polar
  • Café Taster’s Choice
  • Crème Glacée Parlour
  • Chocolat Coffee Crisp
  • Chocolat Kit Kat
  • Chocolat Smarties
  • Coffee-Mate

J’imagine qu’une bonne solution serait de ne jamais manger de chocolat… pas trop difficile dans mon cas, mais quand même!

Étiez-vous au courant de cette histoire? Boycottez-vous? Boycotterez-vous?

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avr 12 2008


Le Détracteur Constructif

Les cochons ne sont pas tous dans les porcheries

Il y a quelques semaines, j’ai lu une courte nouvelle comme quoi Pauline Marois dénonçait non seulement la fermeture de l’usine Québécor World de Magog, mais également celle de d’autres usines de la région, dont l’usine Olymel.Il ne s’agissait pas de la première fermeture d’Olymel dans les régions. Je me demande même si Olymel ne se spécialise pas plus en fermeture d’usines qu’en produits de charcuterie. Pour charcuter, cependant, ils n’ont pas d’égal, parlez-en aux syndicats. Bref, depuis un assez bon moment, nous boycottons entièrement les produits Olymel.Tout ça pour vous dire que l’intervention de Pauline m’a rappelé un billet que je m’étais juré d’écrire, donc voilà.

Un jour nous nous rendions sur la rive-sud de Montréal par l’autoroute 20. L’usine Olymel de Vallée-Jonction, en Beauce, menaçait de fermer, c’était l’un des sujets d’actualités importants.

En arrivant à la hauteur de Boucherville, nous passons devant un bâtiment arborant un gros logo d’Olymel, et sous lequel on pouvait lire en grosses lettres «NOUS EMBAUCHONS».

Franchement, c’est très fâchant. Vouloir mettre à la porte des dizaines d’employés qui ont des années d’ancienneté dans les régions, et écrire en gros qu’on veut embaucher des ti-counes dans la région de Montréal (et Boucherville, de surcroît, comme dans boucher tiens).Ça charcute rare, mais ce n’est même pas foutu d’être cohérent. Comme quoi les produits du cochon ne sont pas tous en porcherie ou dans les usines, mais sont très souvent de simples êtres humains pour qui seul le profit n’a de valeur à leurs yeux.

Ceci dit, quelque chose m’a troublé hier en lisant cet article du Gros Bon Sens. En effet, il y est raconté que la compagnie Cadbury avait été boycottée en masse en 1978 parce qu‘au lieu de se soumettre aux nouvelles lois linguistiques du Québec,* elle avait préféré mettre à la porte des centaines d’employés de Montréal et déménager sa production en Ontario.

* Erratum : C’était la Sunlife qui n’avait pas voulu se franciser. Cadbury filait simplement pour déménager sa production en Ontario, sans raison.

Le boycott avait été important, mais la compagnie a décidé de mettre sur le marché des tablettes de chocolat à 25 cents, afin de garder sa clientèle québécoise. Et le plus fâchant, c’est que les gens ont préféré acheter ce chocolat à bon prix plutôt que de continuer le boycott. Je ne connaissais pas cette histoire, et ça me fait franchement réfléchir sur ce que je consomme.

Mais ce qui m’a troublé dans tout cela, c’est que d’abord, si moi j’ai toujours boycotté Olymel, je sais que bien des gens s’en foutent et veulent absolument leurs saucisses à 20 sous moins cher. Ensuite, il va sans dire que j’appuie les employés d’Olymel. Mais imaginez un boycottage très très important de tous les produits d’Olymel : est-ce que cela ne risque pas de nuire à leurs chances de garder de bonnes conditions de travail? Imaginez que leurs ventes diminuent de 30% ou 50%. Les usines vont fermer à tour de bras.

Et si, par souci des employés, on se mettait à acheter plus, tiens? Ils ne verraient jamais la couleur des profits.Bref, les employés des usines sont vachement livrés à eux mêmes, et on peut bien boycotter par principe, je ne suis pas certain que ça aide vraiment la cause. Chose certaine, c’est que je ne pourrais simplement pas me respecter en encourageant cette entreprise.

Je ne peux qu’en encourager les employés.

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