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avr 09 2008


Le Détracteur Constructif

Les Sept Jours du Talion de Patrick Sénécal

Catégorisé sous Littérature, Médias

Ces derniers temps, je suis dans une rage inexplicable de Patrick Sénécal. Après avoir comparé l’émission Le Banquier au freak-show réalité qu’on retrouve dans le roman Le Vide, je n’ai pas pu m’empêcher de lire ce dernier. Ensuite, nous avons acheté Le Passager, et je suis en ce moment en train de lire Les Sept Jours du Talion. Oniria, qui m’a presque fait cauchemarder, sera sans doute le suivant. J’ai lu tous les autres sauf Sur le Seuil, mais je les avais simplement empruntés : je vais donc les acheter. Ceci étant dit…

Résumé du roman

Les Sept Jours du Talion raconte l’histoire de Bruno Hamel, un chirurgien de Drummondville dont la jeune fille a été violée et tuée. Ça commence rude. Pleurs et désespoir chez Hamel et sa conjointe. Après quelques jours, ils reçoivent un appel : l’assassin a été retrouvé et a avoué sa culpabilité. À ce moment, Hamel devient sombre, et un plan inimaginable se forge un chemin dans son esprit. Après avoir tout planifié, il enlève l’assassin et se cache au fin fond d’un chalet dans un endroit inconnu. Il avertit sa femme et la police : Il torturera son monstre d’assassin pendant 7 jours, pour ensuite l’achever et se rendre aux autorités.

L’enquête, menée par le sergent-détective Mercure, se trouve perturbée par des manifestants partout à travers la province. Des masses de gens appuient le geste de Hamel, l’encourageant à en finir une fois pour toute avec ce meurtrier violeur. Ce chien. Ce monstre.

Critique personnelle

Ce que j’aime le plus dans ce roman c’est qu’il met à l’avant-plan un débat de société certain, soit la légitimité de la loi du talion dans le système judiciaire.

La loi du talion

Définition : «Pénalité qui consiste à infliger au coupable le traitement même qu’il a fait subir ou voulu faire subir à sa victime.»

Source : Wiktionary

Bref, doit-on être aussi sévère avec un parent qui se fait justice soi-même qu’on l’aurait été avec un meurtrier et/ou violeur d’enfant? Il n’y aura pas de réponse à cette question ici. Simplement, je crois que la question mérite d’être débattue. Et j’ose espérer qu’elle le sera. Sinon, le roman est fortement suggestif en ce qui a trait à des images horrifiantes, où le sang et la chair sont rois. Moi, j’y suis habitué, et je considère ces moments comme les meilleurs dans les livres de Sénécal. À vous de vous assurer que vous vous connaissez assez pour lire ce roman jusqu’au bout!

Les Sept Jours du Talion au cinéma

D’après un récent article, il semble que les négociations soient en cours pour transporter l’histoire du roman au grand écran. Cependant, étant donné le sujet délicat, l’auteur a du présenter pas moins de 5 scénarios qui se faisaient refuser l’un après l’autre. Si le projet est finalement accepté, des acteurs ont déjà été pressentis pour deux des rôles principaux, soit Claude Legault dans le rôle de Bruno Hamel, et Rémy Girard dans le rôle du sergent-détective Hervé Mercure. Le rôle du prisonnier n’a toujours pas été distribué, mais personnellement, je me plais à l’imaginer avec la gueule de Réal Bossé, en espérant que celui-ci ne le prenne pas personnel! Je crois qu’il serait excellent dans ce rôle.

Sénécal indique également que si le dernier scénario n’est pas accepté, il est fort possible que le projet tombe à l’eau, car le film n’est quand même pas pour devenir une comédie musicale. En effet, les scènes d’horreur et de mutilation sont très présentes dans le roman, et j’ose à peine imaginer comment on pourrait représenter cela au cinéma. L’avantage d’écrire, c’est qu’on fait constamment appel à l’imagination du lecteur… c’est plus difficile dans un film.

En espérant que vous aimerez..

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mar 17 2008


Le Détracteur Constructif

Le Banquier, précurseur du Vide de Patrick Sénécal

Catégorisé sous Actualité, Littérature, Médias

L’année dernière, j’ai dévoré le roman Le Vide de Patrick Sénécal. L’une des lignes directrices de ce roman raconte l’histoire d’un riche producteur, Maxime Lavoie, qui crée l’émission de télé réalité la plus exagérée qui soit appelée Vivre au Max, afin d’amasser le nombre le plus important de téléspectateurs.

L’idée derrière l’émission était de réaliser les rêves et fantasmes de quelques invités, des gens bien ordinaires.

Certaines voulaient casser la gueule de leur patron en direct à la télé, d’autres sauter dans une piscine remplie de cafards, ou encore se battre à main nues avec une femme, ou pouvoir chanter avec son groupe préféré. Tout cela devant une foule en délire, le cerveau complètement lavé, qui en redemande sans cesse.

Le but ultime de la chose : Après plusieurs saisons de Vivre au Max, organiser un ménage de société en massacrant éliminant le plus de téléspectateurs possible en direct au studio, et dans leurs maisons (grâce à des fidèles suicidaires précédemment recrutés et dispersés dans la province).

Voici où je veux en venir. Il n’est pas rare de regarder TVA et de tomber sur une publicité du Banquier. Moi qui aimait bien la version originale anglaise, qui est, disons-le, un peu plus sobre, j’anticipais un peu la version québécoise. Il m’est arrivé de regarder l’une des toutes premières émissions, mais sans plus.

Cependant, je me rappelle très bien, aux nouvelles TVA qui suivaient la première émission, d’avoir vu un topo en PRIMEUR qui montrait que « la madame Noire au Banquier s’était fait remarqué parce qu’elle criait comme une hystérique ». Je ne parlerai pas de convergence ici, mais avouez que c’est un peu prendre le monde pour des imbéciles.

Pas plus tard qu’hier, rien de bon à la télé. « Et Dieu Créa Laflaque » s’enligne pour me faire bailler d’ennui… je zap d’une chaine à l’autre… Une fois à TVA, je vois Julie Snyder qui présente un hurluberlu habillé en Elvis qui saute partout. Allons donc… c’est une blague? Je n’ai pu endurer ça que 20 minutes… 20 minutes de ma vie pendant lesquelles je n’ai pas réussi à me respecter…

Le « freak show réalité » que présentait l’auteur Patrick Sénécal devient de plus en plus réel, avec le Banquier. Contrairement à l’émission américaine (on son penchant anglo-canadien), ils n’y a qu’un participant par émission, alors que dans l’originale, si un participant perd (ou gagne) avant la fin de l’émission, le suivant arrive immédiatement, quitte à continuer l’émission suivante.

Mais surtout, il y a eu une ascension fulgurante au niveau de l’absurde dans Le Banquier, à un point tel que je suis convaincu qu’une personne normale, sans excès, n’a aucune chance de participer au Banquier version Québécor. Et je n’ai pas besoin de regarder l’émission, rien que les publicités! Un clown par ci, un nudiste par là, un schizo qui se prend pour Elvis… un ou deux transsexuels aussi?

Aussi, la seule émission que j’ai regardée était celle de la femme d’un pauvre gars qui voulait s’acheter une « pipine » (un excavateur, pour les francisés) depuis tellement longtemps, et la femme a finalement gagné 20$. À la fin de l’émission, Julie Snyder leur dit « Vous ne partirez pas les mains vides. Les gens de la compagnie [insérez le nom d’un vendeur d’excavateurs ici] ont regardé l’émission et vous offrent cette pipine gratuitement! ». L’émission étant pré-enregistrée et diffusée en différé, on aurait pu comprendre si elle avait dit « Regardez, on a léché les bottes d’un commanditaire… ». Mais non, elle devait dire « Un commanditaire a regardé l’émission ». Mais bon, rien de nouveau ici…

Enfin bref, comme disent les Zapartistes, si la richesse n’est pas bien distribuée, la connerie, elle, l’est à merveille. Est-ce un hasard si, en lisant Le Vide, j’ai toujours imaginé que l’antenne qui diffusait cette émission Vivre au Max était TVA? Ai-je aussi imaginé les zombies dans le studio du Banquier, qui criaient, sautaient et applaudissaient aux simagrées de ce guignole qui n’aurais jamais pu faire l’émission s’il n’avais pas eu cette légère déficience mentale qui le faisait se prendre pour Elvis?

Qu’attends-tu, Max?

Max agira sur les grands écrans du Québec, on ne sait quand… la date reste toujours à déterminer.

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