Archives de l'étiquette loco locass

juin 30 2008


Le Détracteur Constructif

Les frissons les plus forts que j’ai eus depuis longtemps

Catégorisé sous Concerts, Fait Français, Musique

Il y a quelques semaines, au rassemblement du Mouvement Montréal Français, Emmanuel Bilodeau nous a récité un texte d’une chanson de Loco Locass qui n’était pas encore terminé. Ce texte était de toute beauté et je me souviens que ça m’avait vraiment fait vibrer.

J’ai découvert aujourd’hui que la chanson était terminée, et qu’ils l’avaient chantée pour la Saint-Jean Baptiste. C’est un poème qui se transforme en chanson.

En l’écoutant, j’ai eu des frissons vraiment intenses. La fibre indépendantiste est toujours très vivante.

Les paroles suivent le vidéo:


Les géants

Nous sommes issus d’un sol immense
Qui nous a tissé, métissé
Rebuts de brins de laine tressés très serrés
Sans couture au sein d’une ceinture fléchée
Comme quelque queue clinquante de comète effilochée

Et si l’on suit le fil de notre texte
Il mène à la sortie du labyrinthe de pan
Qui nous éreinte depuis qu’ils ont mis nos torts dedans
Ils ont conquis notre territoire
Pillé notre histoire et volé notre mémoire

Avec leurs thèses de fous ils ont dit “taisez-vous”
Vous ne valez pas dix sous, vous n’êtes pas vous
Vous êtes nous, vous êtes dissous
Notre substrat vous subsume
Mais la comparaison vous consume

Faux! Nous venons d’avant
Nous sommes antérieurs, nous sommes des créateurs
Pas des créatures, pas des caricatures

Notre maison n’a pas de cloison mais quatre saisons
Acclimatés au climat et faisant fi du frimas
Nous avons parcouru par ses artères tout un continent titan
Notre espèce aspire à l’espace et son empreinte est partout

Tapie dans la toponymie, gravée dans le granit
Égrainée sur la grêve, arcboutée dans les arches
De nos dingues digues dignes de la muraille de Chine

Dans les champs essouchés sous la lune
Et les racines d’un hêtre qui ne peut plus plier
C’est une histoire riche qui n’est sur aucune affiche
Et qu’on a laissée en friche
Dans nos caboches, ce n’est que roches et fardoches

Cosmogonie à l’agonie
Dans le tome fantôme du grimoire d’une mémoire moisie
Sur nos épaules on porte pourtant le pack-sac d’un passé épatant
Mais allons-nous mourir en nains quand nous sommes nés géants?

Sitôt venus au Nouveau Monde
On a dompté les hivers et fabriqué de la terre
On avait la tête à la fête et le coeur au labeur
Opiniâtres, on n’a jamais laissé mourir le feu dans l’âtre

Car nous avons la tête à Papineau
La longue langue agile de Da Costa
Le coeur-corsaire de d’Iberville
Qui envoie en nos veines
Le pur-sang mêlé-mêlé de Riel et des Premières Nations

Nous avons l’aviron de Radisson, la vigueur de la Vérendrye
Les jarrets de Jolliet et tous les talents de l’intendant Talon
En somme, nous sommes des surhommes uniques
Générés par le génie génétique de l’Europe et de l’Amérique
Inéluctablement, nous voguons vers le néant
Mais allons-nous mourir en nains quand nous sommes nés géants?

Opaque, il faut qu’enfin notre épopée éclate
C’est sans équivoque, cette Histoire est pleine et craque
Loco Locass la provoque de son verbe épique: les eaux sont crevées
Et tombent en trombes et forment une flaque, que dis-je, une flaque

C’est comme un lac à nos pieds
Le col se dilate
Le sol s’écarquille
Pour laisser monter un corps en forme d’ogive

C’est le chaos qui «paaaaaasse» dans le chas d’une aiguille
C’est un cri qu’on pousse, un coeur qui pulse
Celui d’un peuple qu’on accueille ou qui frappe un écueil
Dans l’oeil du cyclone, chaque seconde en vaut quatre
Nous rapproche d’un miracle

C’est un spectacle sans entracte
Mais gare à l’arrêt cardiaque
Entre la mort et la vie
L’arrivée d’un homme comme lors d’un référendum

Un peuple oscille entre le rien et tout ce qui brille
Je pose des mots garrots gare au flot hémorragique
Ô ma rage gicle par tous les pores de mon coeur spongieux
Sur ce son long jeu conjure ma mortelle nature

Et nous disons que la parole est une sage-femme
Qui tire des limbes un monde à naître
Fort de cette maïeutique aux forceps
Le poète nomme enfin celui dont il voit poindre la tête:
QUÉBEC!

10 commentaires

juin 10 2008


Le Détracteur Constructif

Loco Locass ont mal à la langue

Dimanche dernier nous sommes allé au Grand Rassemblement du Mouvement Montréal Français, tel que prévu. Je croyais que Loco Locass feraient une prestation un peu plus longue, mais ils ont fait seulement 3 chansons. Qu’à cela ne tienne, c’était quand même très divertissant. Ils ont chanté une chanson qu’ils font souvent en spectacle, mais que je n’avais jamais vraiment remarquée: Malamalangue. Mais en cette journée de la défense du Français à, elle m’a vraiment touchée.

En voici donc un clip en spectacle, suivi des paroles :

Malamalangue

Peuple à la mer
À la merci des courants
Qui n’est pas au courant
Dont la langue à vau-l’eau
Navigue entre deux eaux
Dont la culture dérive au large des rives
D’un incontinent mercantile

Quand il S’agit de s’agiter sache
Que les Loco Locass occupent la place
Jacassent avec audace et cassent la glace
En dénonçant la menace
Qui sévit sur la masse

C’est assez sérieux
Plutôt pernicieux
On croirait au complot tacite de la nation
Car aucun ne s’indigne de la situation
Dans la symphonie multiculturelle de Trudeau son rêve était beau
La voix franco-aphone est noyée sous le son du sax Anglo-saxon

-Tabarnak ’sont 300 millions « Pendant qu’un
Néo-Québécois de souche se tire une bûche
Un autre Anglo Klaxon sac’ son camp »

Notre syntaxe est en voie d’extinction
Minée Contaminée Déterminée
Par Shakespeare et ses sbires
Y’ a pas d’quoi rire
Car j’ai malamalangue

À court de discours
Je me dis cours toujours
Jour et nuit aucune dichotomie
C’est la grande noirceur qui sévit
C’est vite dit Précis Concis
Bref : mon pays est loin de la Laconie

Honnie, bannie, c’est comme chercher Charlie
Où est ma langue ? Où est mon esprit?
Où suis-je? Qui suis-je? Où vais-je? Où vis-je?
L’insidieuse érosion du langage et ses suites me terrifient

Je suis l’homme calcaire en beau calvaire
Devant les assauts séculaires d’une mer qui me sape les pieds
Y’ m’ pogne des fois des envies d’hermétisme à l’extrême
Une néo-nipponnerie
Une genre de juiverie

Mais j’vivrais mal d’être jugé lepéniste
N’empêche qu’au bouche-à-bouche
Ma langue mal embouchée couche
Avec le butcher
J’en embrasse large mais je couche
Mes mots pour 7 millions de cocus sans colonne verbale
Avale mon venin mollusque, suce jusqu’
À ce que t’en tire un antidote
Qui dotera ta glotte
Pour le french universel

J’ai rien contre l’orgie romaine, man
Mais j’ramonne personne en franglais
C’est pas vrai ou faux
Je m’en fous
Mon parti est pris
Tu l’auras compris
Ma rage contre la machine est une mutinerie contre le mutisme
Ce séisme tranquille

Je m’infiltre, effronté
Forcé de fitter dans la foulée de ces fous paroliers
Qui mettent flamberge au vent
À tout moment
Pour défendre leur langue
Avant qu’exagérément exsangue
Elle pende Comme une sorte
De langue morte (Langue d’Oc) OK
Je te l’concède
On est un peu cons et on cède
Nous aussi à la tentation
De parsemer not’ tchatche locass
Du langage des fat ass
Un petit cool par-ci, beat par là
Whatever man, we speak like we …
« Speak white » Wouanh!

J’ai la voix blanche à trop m’être tu
au silence Blanches négresses et nègres blancs
Nos mots sont des balles à blanc Pan!
Beaucoup de bruit pour rien car le lendemain
JE ME SOUVIENS de rien

Aphasie, avachi Chie dans son froc de french frog
Vagissant piternellement
Le Québec de lièvre n’en finit pas de naître… pas
Ceux qui tracèrent la trachée d’une voix
Qui n’a pas la portée d’un crachat
J’ mâche pas mes mots
C’est pas d’ la mash potato
Sache que les Loco Locass
Sont des koubraüss qui causent et qui haranguent
Ce qui leur cause des mots sur le bout de la langue

Tous et toutes, professeurs, citoyens
Animateurs de Musique Plus et politiciens
Je nous accuse au tribunal de la conscience
D’avoir immolé le français sur l’autel de l’indifférence
Malgré que le combat soit perdu d’avance
Même en France Nous défendons notre patrie contre l’anglosphyxie
Tel que le firent les Phrygiens face à l’Empire Romain
Nous avons pris le maquis linguistique
Et opposons à l’Amérique une résistance lyrique
Notre tactique est unique et consiste en la verbalistique
Nous faisons flèche de tout mot
Nos arbalettres envoient des carreaux lexicaux
Au macrophone, les Loco détonnent
Et proposent, entre autres choses
Une prose qui ose et qui désankylose

2X
Si texturé soit-il
Ton texte doit expliquer le contexte de ton cortex car
Sans sens le son n’est que sensation
Mais sans son le sens est sans action

2 commentaires

juin 05 2008


Le Détracteur Constructif

Grand Rassemblement du Mouvement Montréal Français

Le dimanche 8 juin prochain aura lieu un grand rassemblement du Mouvement Montréal Français, pour crier un grand OUI au Français comme langue commune.

C’est à 13h30 au parc Jeanne-Mance, à Montréal évidemment. Seront présents les artistes et personnalités suivants:

  • LOCO LOCASS
  • Emmanuel Bilodeau
  • Luc Picard
  • Yves Lambert et le Bébert Orchestra
  • Syncop

Ça va être très amusant, alors c’est un rendez-vous!

8 commentaires

mai 19 2008


Le Détracteur Constructif

Vous essaierez d’expliquer ça veut dire quoi “Tamdidlam” en anglais, vous!

Catégorisé sous Divers, Metal, Politique

Il arrive que j’aie des envies inexplicables d’écouter certaines chansons à caractère très social ou politique, voir même linguistique. De “En Berne” et “La Saint Paix” des Cowboys Fringants jusqu’au fameux “Libérez-Nous des Libéraux” en passant par “La Langue de Chez Nous”.

Il arrive aussi que je sente le besoin de partager ça. Un amie suédoise avec qui je parle de temps en temps sur MSN s’intéresse pas mal à ce qui se passe partout dans le monde, et elle aime bien voir le reflet de tout cela dans la musique. Le problème… c’est qu’elle a une base très limitée en français, elle n’arrive pas à tout comprendre.

Alors je me suis mis dans l’idée de lui traduire “Libérez-Nous des Libéraux”. Déjà que c’est difficile à suivre en français, imaginez si on essaie de traduire.

Je ne vous mettrai pas le résultat ici, c’est un peu honteux. Malgré mon cours de traduction au Cégep, je n’ai pu qu’essayer de rendre compréhensible des dizaines de jeux de mots et d’expressions d’ici. J’ai été obligé d’expliquer la chanson, plutôt que de la traduire.

Mais à la toute fin de la chanson, on retrouve les lignes suivantes :

Tamtid’lidé délibérez du libellé
Tamtid’lido libérez-nous des libéraux

Elle me demande ça veut dire quoi, “Tamtid’lidé”.

Heu…

Ben t’sais là… “quelqu’un qui murmure l’air d’une chanson là… comme tam tadam ti dum”…

Heu…

Et finalement, j’ai un éclair de génie. Je me suis rappelé cet art ancestral provenant principalement de Finlande, le Yoik. Le Yoik est une façon gutturale de chanter dont les paroles ressemblent assez souvent à “Yoyooeyeyoeoyeyoeoey”.

Je lui ai donc dit “Ma chère, le Tamdidlam est la version québécoise du Yoik scandinave”.

Tout était maintenant clair.

Comme vous pouvez le lire sur Wikipedia, un artiste de la scène Metal, du nom de Jonne Järvelä, est particulièrement doué pour le Yoik. On peut l’entendre yoiker tout au long de la chanson Jaktens Tid du groupe Finntroll. Visionnez le faux vidéoclips ci-dessous pour en avoir une bonne idée.

6 commentaires