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mar 18 2008


Le Détracteur Constructif

Quelques fleurs fanées pour Yolande James

Aujourd’hui, il ne sera pas dit que le Détracteur Constructif ne représente qu’un apport quotidien de cynisme et/ou de mauvaise foi! Bon? Hein? D’accord? Je sais reconnaitre la bonne volonté quand je la vois, même si c’est selon mes propres critères personnels, et même si les résultats ne s’annoncent pas nécessairement concrets.

Ce matin, alors que je roulais vers le bureau et que j’écoutais l’émission de Paul Arcand (le démagogue qui m’énerve le moins… c’est un peu comme notre mode de scrutin, t’écoutes le moins pire…), il y a eu une entrevue avec la ministre libérale de l’immigration Yolande James. Le sujet était l’immigration, mais le spectre du fait français planait fortement au dessus de nos têtes lors de cet interview.

Si presque tout le monde a récemment pu se plaindre du stoïcisme du parti libéral dans le dossier du français au Québec, je pense que quelques uns croiront pouvoir souffler un peu suite à ce que madame James propose. Bien que je sois fondamentalement et radicalement (les racines sont profondes) contre les libéraux provinciaux et fédéraux, ils ne peuvent quand même pas tout faire mal, hein? Ils essaient… quand même…

Le gouvernement du Québec accueillera 10 000 immigrants de plus d’ici 2010, si les Libéraux restent en place. Ça c’est le fait établi à partir duquel découle tout le reste, et ce n’est pas le sujet de mon billet. C’est que la ministre de l’immigration, pour assurer une bonne intégration de ces immigrants, propose 3 initiatives. Je vais donc vous répéter tout cela selon le point de vue de Mme James et expliquer pourquoi c’est une bonne idée, et d’en extraire les côtés plus faibles qui feront que ces mesures seront probablement inefficaces.

1. Un crédit d’impôt allant jusqu’à 30% du salaire (pour une année fiscale, j’imagine) du nouvel arrivant si son employeur lui paie un cours de français.

Le côté de la médaille de Mme James : Une pierre, deux coups! Non seulement l’immigrant pourra apprendre le français tout en travaillant (ce qui causait un problème avec les cours offerts par le gouvernement, les gens préféraient travailler plutôt qu’aller suivre ses cours), mais en plus, si cette méthode s’avère efficace, ça assurera une continuité du français dans le milieu de travail.

L’autre côté de la médaille : Je trouve ça assez excellent, vraiment, puisqu’il m’est personnellement tout à fait impossible d’être contre une plus grande place du français dans les entreprises… Mais on se fie ici sur l’idée que les entreprises vont baver en entendant «crédit d’impôt», mais absolument rien n’oblige une entreprise à les offrir, ces cours de français. Les entreprises qui se soucient du français au travail ont déjà des mesures afin de s’assurer qu’elle reste la langue utilisée. Les entreprises récalcitrantes qui, volontairement, ne se soucient pas du français comme langue de travail, ne seront pas nécessairement tentés de suivre cette avenue.

2. La possibilité d’apprendre le français avant même d’arriver au Québec

Le côté de la médaille de Mme James : Un cours par internet avec tuteur sera disponible pour tous ceux qui voudront commencer à apprendre le français avant venir vivre ici. Pour ceux qui n’ont pas accès à internet ou qui préfèrent un cours plus conventionnel, des contrats seront signés avec l’Alliance Française dans un multitude de pays pour des cours de français sur place.

L’autre côté de la médaille : C’est une bonne idée. Mais encore ici, on doit se fier sur la bonne volonté des futurs nouveaux arrivants. Et encore une fois, puisque c’est une simple suggestion, plusieurs en concluront que puisque ce n’est en rien obligatoire, c’est nécessairement une perte de temps et qu’ils ont mieux à faire. Sincèrement, je souhaite très fort que tous ces gens fassent preuve de cette bonne volonté et sautent sur cette belle occasion…

3. Éliminer la limite de 5 années pour prendre le cours de français du gouvernement

Le côté de la médaille de Mme James : En ce moment, les immigrants ont 5 ans pour se décider à prendre le cours de français offert gratuitement par le gouvernement. Après ça, trop tard, ils doivent payer. En éliminant cette limite de 5 ans, les personnes qui, pour une raison ou une autre, ne pouvaient pas apprendre le français dans les 5 premières années, pourront le faire n’importe quand.

L’autre côté de la médaille : J’imagine que vous me voyez venir… Oui, bon, mieux vaut tard que jamais. Mais encore, ceux qui n’auraient pas pris le cours dans les 5 premières années, je ne vois vraiment pas ce qui les presserait d’y aller par la suite. Déjà, la limite de 5 ans mettait une certaine pression, si on l’abolit, plus de pression du tout.

Ça fait que… c’est ça!

Je donne donc un 8/10 à madame Yolande James pour l’effort et la bonne volonté, mais l’autre 2/10 va à l’efficacité et au réalisme. Toutes ces idées auraient pu être tout à fait efficaces dans l’optique où il s’agirait d’obligations. L’obligation pour les entreprises de payer des cours en échange de 30% du salaire, par exemple, ne me semble pas du tout exagérée. Reste à voir si ce sont des projets qui resteront sur papier, ou s’ils seront vraiment mis en place. Et si c’est le cas, hé bien espérons pour le mieux… Sans blague, j’espère un peu naïvement pour le mieux. Mais je me prépare quand même au pire.

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